Kurash : Un art martial millénaire bientôt promu au Bénin
C’est une page nouvelle qui s’apprête à s’écrire pour le sport béninois. Hassane Fousseni, passionné et ambassadeur de cette discipline, nous parle du Kurash, un art martial ancestral dont la fédération nationale sera officiellement lancée dans un avenir proche. Mais de quoi s’agit-il exactement ?
Le Kurash (parfois orthographié Kurach) est bien plus qu’un simple sport de combat. Né il y a près de 3 500 ans sur le territoire de l’actuel Ouzbékistan, il incarne une tradition vivace chez les peuples turcs. Son nom, traduit par « atteindre un but par des moyens équitables », en résume l’esprit. Les preuves de son ancienneté sont nombreuses : il est cité dans la légende épique d’Alpomysh et l’historien grec Hérodote en dépeignait déjà les contours dans son ouvrage « Histoire ». Reconnu par l’UNESCO pour sa valeur culturelle et officiellement intégré au réseau mondial des sports non olympiques, le Kurash allie donc la richesse du passé à une dynamique resolutely moderne.
Déroulement et philosophie d’un combat
L’esthétique et le cérémonial du Kurash sont immédiatement reconnaissables. Les combattants revêtent un pantalon large et une chemise ample de couleur blanche. L’élément central reste la ceinture de tissu, longue de 1,80 à 2,20 mètres, qui sert à saisir l’adversaire. Les règles, d’une grande clarté, privilégient la sécurité et la pureté technique. Le combat se déroule exclusivement debout. L’objectif unique est de projeter son adversaire sur le dos, une action considérée comme une victoire parfaite (« victoire par la chute »). Pour y parvenir, seules les prises de ceinture et les techniques de balayage sont autorisées. Toutes les prises douloureuses, les étranglements ou les saisies sous la ceinture sont strictement interdites. Cette simplicité apparente génère pourtant des affrontements d’une grande intensité tactique et d’une beauté dynamique, où la stratégie et l’explosivité priment sur la force brute. Au-delà de la performance physique, le Kurash véhicule une philosophie profonde. Il inculque des valeurs essentielles telles que le respect inconditionnel de l’adversaire, l’honnêteté, la persévérance et l’humanisme. Chaque combat est un exercice de maîtrise de soi et de fair-play.

Une expansion internationale soutenue
Bien qu’enraciné dans une tradition multimillénaire, le Kurash est l’un des plus jeunes sports à l’échelle internationale. Structurée par une Association Internationale fondée en 1998 et regroupant des représentants de 28 pays, la discipline organise régulièrement des championnats du monde, d’Europe et d’Asie, gagnant en popularité sur tous les continents. C’est dans cet élan que s’inscrit le Bénin, grâce à l’engagement Du très passionné Hassane Fousseni. La création imminente de la Fédération Béninoise de Kurash ouvre des perspectives enthousiasmantes. Elle offrira aux athlètes béninois l’opportunité de s’illustrer sur la scène internationale dans une discipline exigeante et respectueuse, tout en promouvant des valeurs sociales fortes auprès de la jeunesse. Le Kurash n’est pas seulement l’arrivée d’un nouveau sport ; c’est l’adoption d’une philosophie de vie qui trouve un écho particulier dans le terreau culturel béninois.
O. SETONDJI