La dîme : Prescription biblique ou recommandation des leaders de l’Eglise

 La dîme : Prescription biblique ou recommandation des leaders de l’Eglise

La dîme, pratique consistant à donner un dixième de ses revenus à l’Église ou à des œuvres religieuses, suscite depuis longtemps des débats parmi les croyants. Est-elle une obligation divine inscrite dans les textes sacrés, ou simplement une recommandation des leaders religieux pour soutenir les institutions ecclésiastiques ? Pour répondre à cette question, le Père Achille Hounnouvi, SMA invite les uns et les autres d’examiner les origines bibliques de la dîme et son évolution dans l’histoire de l’Église.

La dîme est un devoir que chaque chrétien doit fait face à la fin de chaque mois selon sa convenance. A l’instar du peuple d’Israël les chrétiens ont mis dans leur vécu les pratiques de la dîme. Selon le Dictionnaire de la Bible de ANDRE-MARIE GERARD (éd. ROBERT LAFFONT, S.A., Paris, 1989) « la dîme est un prélèvement légal que chacun doit opérer sur ses troupeaux et ses récoltes, pour l’offrir de quelque manière au seul vrai propriétaire des terres et des richesses qui en proviennent, c’est-à-dire à Dieu. Cet ‘’impôt de Dieu’’, comme celui que lèvera le roi si l’on s’en réfère à Samuel, représentait théoriquement ‘’le dixième’’ des biens visés ; d’où son nom, tiré pour nous du latin decima. De cette définition, nous touchons du doigt que le contenu de la dîme varie en fonction de l’activité que mène le chrétien.

 Plusieurs textes dans la Bible abordent la pratique de la dîme en argent ou en nature : dans les textes du Pentateuque (les cinq premiers livres de la Bible) aborde la question de la dîme de long en large. On ne saurait dater exactement les diverses obligations qu’ils évoquent, mais beaucoup conviennent mieux à un peuple d’agriculteurs sédentaire qu’aux nomades du désert. Ainsi le Lévitique prévoit- il la dîme « sur les semences du sol et les fruits des arbres », qu’on peut partiellement racheter mais à un prix supérieur d’un cinquième à la valeur estimée en même temps que « sur le petit et le gros détail »  dont on ne peut racheter ni choisir soi-même les pièces à offrir.

Et les Nombres, qui attribuent le produit de la dîme aux lévites en échange du service divin pour lequel fut choisie leur tribu, ne parle guère que du froment de l’aire et du contenu de la cuve (huile ou vin) ; le passage précise que « la dîme de cette dîme » doit être remise par les lévites «  à Aaron », c’est-à-dire aux prêtres qui officient effectivement dans le sanctuaire.

Le Deutéronome apporte sur le sujet des précisions sans doute de différentes époques. Ici, il insiste sur la nécessité de porter les dîmes, comme les autres offrandes au lieu du sanctuaire unique que s’est choisi Yahvé, et rappelle que  « le lévite » y doit vivre des dons des fidèles là assimilant à la dîme du froment du vin et de l’huile, l’oblation des premiers nés du bétail, il admet que l’éloignement du lieu de résidence par rapport au Temple de Jérusalem justifie la vente des dîmes en nature : l’argent ainsi obtenu sera dépensé dans la ville sainte pour l’acquisition d’autres produits destinés aux repas rituels dont « le lévite » aura naturellement sa part.

Quelques versets bibliques parlants de la dîme dans l’Ancien Testament et dans le Nouveau Testament : Gn14,20 ; 28,22 /      Lv27,30-32 / Nb18,21.23-24.26-29 / Dt12,6-7.11-17 ;14,22-29 / 2Cr31,6 / Ne13,10-13 / Tb1,6-8 / Am4,4 / Mt23,23 / Lc18,12 / He7,2.8-9 .

Père Achille Hounnouvi SMA

Articles similaires