Les cantines scolaires : Un autre visage du social

 Les cantines scolaires : Un autre visage du social

L’accès à la santé et à l’éducation pour les enfants et les couches les plus défavorisées est une priorité absolue du gouvernement de la République du Bénin, sous l’impulsion du Président Patrice Talon. Au même titre que les chantiers ambitieux des infrastructures routières, l’accès à l’eau potable ou à l’énergie électrique, l’État consacre une part non négligeable de ses efforts à un levier fondamental, l’éducation de base. Et au cœur de cette stratégie, un maillon indispensable a été identifié et dynamisé. Il s’agit des cantines scolaires.

Il serait inexact de dire que les cantines scolaires sont une invention de ce gouvernement. Elles existaient avant 2016. Cependant, leur portée était limitée, leur fonctionnement souvent irrégulier, et leur impact, par conséquent, amoindri. Dès son avènement, l’exécutif actuel, conscient de leur potentiel, a entrepris une profonde restructuration de ce programme, avec l’appui crucial de partenaires techniques et financiers de premier plan comme la Banque Mondiale et le Programme Alimentaire Mondial (PAM).

Les résultats de cette mobilisation sont sans appel et parlent d’eux-mêmes. Le taux de couverture, qui plafonnait à 31% en 2016, a connu une croissance exponentielle pour atteindre aujourd’hui plus de 77%. Cette progression spectaculaire n’est pas une fin en soi. Le gouvernement s’est fixé un cap ambitieux et clair : la généralisation totale des cantines scolaires sur l’ensemble du territoire national d’ici 2026. Atteindre 100% de couverture, c’est s’engager à ce qu’aucun écolier béninois, où qu’il se trouve, ne soit laissé de côté.

Les multiples visages d’une success story

Il est essentiel de rappeler les avantages concrets de ces cantines, que certains pourraient être tentés de banaliser, car leur impact va bien au-delà du simple fait de nourrir un enfant. En premier lieu, pour l’écolier dont le cerveau ne fonctionne pas à vide, particulièrement dans les zones rurales et reculées où la pauvreté est plus prononcée, la cantine scolaire se révèle bien plus qu’un simple service : elle devient une véritable bouée de sauvetage. En effet, elle agit comme un puissant motivateur pour le maintien des enfants à l’école, sachant qu’un enfant qui a faim ne peut se concentrer. Ainsi, un repas chaud et nutritif quotidien permet de stimuler l’assiduité, offrant aux enfants une raison tangible de venir en classe et d’y rester. Parallèlement, il améliore la concentration, un estomac repu étant le premier allié de l’apprentissage. Cette meilleure concentration, combinée à une assiduité renforcée, se traduit mécaniquement par une augmentation des taux de réussite scolaire. Enfin, et non des moindres, ce dispositif lutte activement contre la malnutrition, étant donné que pour de nombreux enfants, le repas de la cantine constitue le plus complet et le plus équilibré de leur journée.

Par ailleurs, l’impact des cantines ne s’arrête pas aux portes de l’école puisqu’elles sont conçues comme un véritable moteur de développement local. Plus précisément, une part significative des denrées alimentaires étant achetée auprès des producteurs agricoles locaux, cette politique soutient directement l’agriculture familiale en lui offrant un débouché stable et sûr. Dans la foulée, elle dynamise les économies villageoises en injectant des ressources directement au cœur des communautés, tout en renforçant la résilience des producteurs et en encourageant les circuits courts. Aujourd’hui, avec près de 2 millions d’écoliers bénéficiaires de ce programme, l’ampleur de l’impact apparaît dans toute sa dimension.  

Les défis à relever et l’ambition d’une inclusion totale

Malgré ces succès indéniables, le chemin vers l’excellence est jalonné de défis qu’il faut reconnaître pour mieux les surmonter. La sécurisation des vivres (stockage, protection contre les vols ou les détériorations) est un enjeu permanent qui nécessite une vigilance de tous les instants. Mais la plus grande innovation, celle qui témoigne d’une vision inclusive et équitable, est intervenue en avril 2023. Le gouvernement a adopté un projet de loi révolutionnaire visant à étendre le bénéfice des cantines scolaires à tous les établissements, sans distinction. Qu’ils soient publics ou privés, confessionnels, communautaires ou laïcs, tous les écoliers du Bénin auront, à terme, le droit à un repas chaud chaque jour. Cette mesure historique brise les barrières et affirme que la nutrition à l’école est un droit universel pour tous les enfants du pays, quel que soit le choix scolaire de leurs parents. Les cantines scolaires sont bien plus qu’une politique sociale. « C’est une stratégie gagnante à multiple facettes. C’est un investissement sur le capital humain du Bénin » confie Christelle H., institutrice. Un enfant bien nourri  renchérit Jacques B, est « un enfant en meilleure santé, plus apte à apprendre et à construire son avenir ». Avec cette belle réforme souligne-t-il « le Bénin ne fait pas seulement un acte de charité, il pose les bases solides d’une génération future plus éduquée, plus saine et plus productive. C’est peut-être là le visage le plus prometteur du développement en marche, celui où la prospérité nationale commence par un repas chaud dans l’assiette de chaque enfant. »

F. AKODODJA

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