Opposition béninoise : Unité ou dispersion en 2026 ?
Alors que le camp Talon, élargi à plusieurs formations politiques, affiche son optimisme pour une continuité après 2026, la question de la stratégie de l’opposition se pose. Le président Patrice Talon a lui-même annoncé qu’il jouerait un rôle actif dans le choix de son successeur. Dans ce contexte, ne serait-il pas plus judicieux pour l’opposition de former un duo candidat plutôt que de se présenter divisée ? Interrogé par Africaho, Nourou-Dine Saka Saley, membre du parti, Les Démocrates, apporte une réponse nuancée.
« En 2016, l’opposition, avec plus d’une vingtaine de candidats, a remporté l’élection face à la mouvance unie derrière Lionel Zinsou, soutenu par le président en exercice et une coalition puissante », rappelle-t-il. « Cela prouve que le rassemblement n’est pas toujours gage de succès, surtout si les alliances manquent de sincérité. »
Pour Nourou-Dine Saka Saley, la donne a changé avec l’instauration du parrainage, une mesure qu’il juge « inadaptée culturellement et politiquement ». « En 2021, 16 maires et députés ont parrainé un duo qui n’a même pas atteint 3 % des voix, dans un contexte de faible participation et de crise », souligne-t-il. Selon lui, Les Démocrates, en tant que parti déjà représenté à l’Assemblée nationale, seraient « institutionnellement mieux placés » pour porter un candidat, évitant ainsi les pièges du parrainage.
La question reste ouverte : l’union fait-elle vraiment la force ? Ou une candidature unique, même minoritaire, peut-elle créer la surprise comme en 2016 ? En tout cas, le débat stratégique est lancé, et l’opposition devra trancher avant 2026.
Patrice ADJAHO