Présidentielle 2026 : Le casse-tête de Yayi Boni
Si du côté de la majorité le choix d’un candidat à l’élection présidentielle de 2026 se révèle périlleux, il l’est encore plus dans le camp de l’opposition. L’ancien président Yayi Boni doit s’exercer à marcher sur des œufs tant il est difficile de désigner un porte-drapeau sans risquer de disperser la troupe.
L’enjeu est de taille : trouver un candidat unique, capable de fédérer, sans diviser une formation politique encore fragile. Le parti Les Démocrates, né d’une scission des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), rassemble plusieurs courants, chacun nourrissant ses propres ambitions. Toute désignation risque donc de susciter frustrations et rivalités internes, avec à la clé un éclatement de la base militante.
Dans ce contexte, le nom d’Éric Houndété, actuel vice-président du parti, revient avec insistance. Député, il dispose d’une solide expérience parlementaire et a longtemps exercé un rôle central dans le contrôle de l’action gouvernementale. Ses proches estiment que cette connaissance des grands dossiers nationaux fait de lui un candidat crédible. Mais ses adversaires pointent son manque d’expérience dans la gestion directe des affaires publiques, un handicap dans une course présidentielle où le pragmatisme et la capacité à gouverner rapidement comptent.
Un autre prétendant sérieux est Nouréni Atchadé, également député et figure influente du parti. Comme Houndété, il bénéficie d’une bonne connaissance des rouages de l’Assemblée nationale. Ses soutiens soulignent sa capacité à mobiliser les bases populaires. Cependant, ses limites sont identiques : absence de responsabilités gouvernementales et profil jugé trop discret pour incarner une alternative nationale.
Ces candidatures, bien qu’influentes, ne suffisent pas à calmer les ardeurs des autres cadres issus de la mouvance Démocrate. Beaucoup se considèrent légitimes à briguer la magistrature suprême, forts d’un passé au pouvoir durant les deux mandats de Boni Yayi. Cette pluralité d’ambitions rend le consensus difficile.
À cette équation interne s’ajoute une contrainte institutionnelle majeure : la question des parrainages. Depuis la réforme du code électoral, tout candidat à la présidentielle doit obtenir un minimum de parrainages d’élus pour voir sa candidature validée. Or, la majorité des députés et maires appartiennent aujourd’hui au camp présidentiel. Sans unité autour d’un seul porte-étendard, Les Démocrates risquent de ne pas atteindre le seuil requis, ce qui les exclurait purement et simplement de la compétition.
Pour l’ancien président Boni Yayi, l’heure du choix approche. S’il parvient à imposer un candidat consensuel, il donnerait à son camp une chance réelle de peser dans la présidentielle. Mais s’il échoue, le risque est grand de voir l’opposition dispersée, affaiblie, voire absente du scrutin. Entre équilibres internes, ambitions personnelles et contraintes institutionnelles, le pari s’annonce des plus risqués. L’avenir dira si le leader des Démocrates parviendra à transformer cette équation complexe en opportunité politique.
LA REDACTION