Route clandestine et caution perdue : Marouf Salami demande un poste de contrôle

 Route clandestine et caution perdue : Marouf Salami demande un poste de contrôle

Le président de l’Association des Jeunes Déclarants et Mandataires en Douane du Bénin était sur les ondes de Radio CAPP FM. Une fois encore, Marouf Salami a passé au peigne fin la situation socio professionnelle et économique des acteurs de la chaîne Portuaire. Des difficultés qu’ils éprouvent depuis la fermeture des frontières en passant par les réformes initiées au Port, il a fait part de ses propositions pour une sortie de crise aisée aussi bien pour les clients que pour l’économie béninoise, en général.

D’entrée Marouf Salami a salué la gouvernance du Président Patrice Talon, qui en moins de dix ans a remis le Bénin sur de bons rails. Pour lui « Patrice Talon a du goût. Si tous ses prédécesseurs avaient fait pareils à leur époque, le pays aurait changé de dimension depuis » s’est réjoui le président de l’Association des Jeunes Déclarants et Mandataires en Douane du Bénin. Il finit en disant que le Chantre de la rupture est « un grand visionnaire ».

De mal en pis

Au port de Cotonou, la situation n’est plus du tout reluisante pour ceux qui vivent des services connexes liés à l’importation de marchandises. L’avocat des transporteurs et clients de véhicules d’occasion en transit vers les pays enclavés a peint un sombre tableau avec de la situation. Si la fermeture de la frontière Niger-Bénin est devenue un os dans la gorge des autorités béninoise, le problème est exacerbé par des choix internes jugés ‘’hasardeux’’ par l’invité de la Radio du succès. Il faut comprendre que certaines marchandises quittent le Bénin pour le Niger en passant par le Nigeria. Le client qui part d’ici doit payer des droits de douane pour le transit via le Nigeria. Notre objectif est d’appliquer un taux inférieur à 9, 13 %, mais le processus prend du temps. Si les marchandises vont directement au Niger, elles devraient bénéficier d’un traitement particulier, mais comme elles transitent par le Nigeria, le taux plein est appliqué. C’est un coup dur pour les importateurs.

« Nous avons proposé un système de déclaration avec les autorités douanières pour certifier que la marchandise est destinée au Niger. Ainsi, les risques seront réduits. Voilà ! Nous avons fait cette proposition à plusieurs reprises à la douane. Ils le savent très bien. Aujourd’hui, si chacun fait correctement son travail, personne ne perdrait. Le chef de l’État n’est pas là pour vous mettre la pression, mais pour vous inciter à travailler et à faire sortir le pays de l’impasse », confie Marouf Salami

Selon les explications du président de l’Association des Jeunes Déclarants et Mandataires en Douane du Bénin, les transporteurs doivent emprunter des voies détournées, passant par le Togo et le Burkina Faso avant d’aller au Niger depuis la rupture des relations entre le Niger et le Bénin. « Un parcours non seulement plus long, mais aussi beaucoup plus cher. La douane togolaise, située près de Sonahourou, a drastiquement augmenté les frais de transit des véhicules d’occasion : de 45 000 FCFA, le coût est passé à 300 000 FCFA » décrit-il.

Cette hausse vertigineuse a poussé les convoyeurs à délaisser cet axe officiel pour emprunter une route alternative non reconnue, évitant ainsi le poste de contrôle togolais. Le hic est que « ce contournement les prive aussi du flashage de Bénin Contrôle, indispensable pour récupérer leur caution de 110 500 FCFA. » confie le déclarant en douane.

Un appel à l’installation d’un poste de contrôle

Face à cette situation, Marouf Salami exhorte les autorités douanières béninoises et Bénin Contrôle à installer un poste de contrôle sur cette nouvelle voie empruntée par les véhicules. Cela permettrait : d’assurer un suivi officiel des véhicules en transit ;  de  garantir aux transporteurs la récupération de leur caution et enfin d’éviter les pertes Une réforme portuaire en cours, mais des défis persistants. « Malgré les réformes en cours au PAC, les difficultés des transporteurs demeurent. Si le port continue d’attirer les clients, le secteur des véhicules d’occasion en transit peine à retrouver sa stabilité ». La fermeture de la frontière nigérienne et les contournements coûteux via le Togo et le Burkina Faso plombent l’activité. En attendant une éventuelle réouverture de la frontière, la proposition de Marouf Salami pourrait offrir une solution transitoire, permettant aux transporteurs de travailler dans des conditions plus sécurisées et moins onéreuses.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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