Tournée du Parti FCBE dans le septentrion : L’unité, leur arme absolue
Ils l’attendaient. Ils en avaient soif. Comme une terre asséchée attend la première goutte de pluie. Et quand Paul Hounkpè, le pilier, le S.E.N., a enfin foulé le sol de Nikki, ce samedi 27 septembre, ce fut une libération. L’honorable Kingnaré Yarou Sina Toko n’a pas caché son émotion : « Chers militantes et militants, votre chef est là, notre chef est là. » Une simple phrase, lourde de sens, qui a mis fin à des mois de questions et de doutes.Cette tournée dans le septentrion, Nikki, Parakou, Kandi, Gogounou n’était pas qu’une simple formalité. C’était la reconquête. La reprise de possession des territoires cœurs de la FCBE. Une démonstration de force, oui, mais une force douce, soudée, et résolument tournée vers l’avenir.
Face à une foule compacte et attentive, Paul Hounkpè n’a pas esquivé. Il a parlé vrai. Il a rappelé les heures sombres, les souffrances, les exclusions. « Nous avons refusé la mort de la FCBE », a-t-il lancé, comme un serment. Et le public a acquiescé. Il a justifié chaque décision, des législatives de 2018 aux accords récents, avec une pédagogie de père de famille.
« Nous refusons de voir nos compatriotes tomber sous des balles », a-t-il asséné, définissant ainsi le credo de la FCBE : une opposition responsable, intelligente, qui privilégie la stratégie à la violence. « Lorsque vous n’incitez pas à la violence, on dit que vous n’êtes pas une vraie opposition. Nous sommes bel et bien une vraie opposition. Mais pas une opposition qui va casser le pays. »

Ce message de paix et de lucidité a fait l’effet d’un électrochoc positif. Un militant résume l’état d’esprit général : « Franchement, tout ce qui était flou à nos yeux est très clair aujourd’hui. Désormais, nous avons des réponses à servir à nos détracteurs. Nous n’aurons plus peur de parler. »
Parakou, le fief inébranlable
Le même soir, direction Parakou. L’accueil est tout aussi chaleureux, en présence de poids lourds comme le ministre d’État Aboubacar Yaya. Ici, le ton est à la confiance et à la préparation minutieuse. « Nous avons préparé avec minutie 2026 », confie Hounkpè, scrutant l’assemblée. « Si vous êtes aussi nombreux, je peux déduire que le travail a été bien fait. »

Il rappelle l’engagement du parti pour la tolérance et le dialogue, évoquant avec une pieuse pensée les « événements malheureux de 2019 ». Un passé douloureux qui sert de leçon pour construire un avenir plus apaisé. « Nous avons décidé que plus jamais l’ascension politique ne se fera dans le sang de nos compatriotes. »
Kandi, la jeunesse en première ligne
Dimanche matin, à Kandi, l’ambiance est électrique. La délégation s’est agrandie, signe tangible de l’unité qui se forge à chaque étape. Après la prière de l’imam central pour la bénédiction du parti, les responsables locaux montent au créneau. Le coordonnateur communal, Moutawaguibou N’Dah Moussa, a une métaphore choc : « La FCBE, c’est plus que l’intelligence artificielle. C’est la meilleure équipe de football qui ne fait pas de bruit mais prend toujours sa revanche. »

Puis, c’est au tour de la jeunesse de prendre la parole. Issa Adamou Osseni, au nom de la jeunesse de la 1ère circonscription, assène un message court et percutant, rejetant « les beaux discours » au profit du « pragmatisme et de l’efficacité ». Il rassure le SEN : « La FCBE s’est rajeunie de nouveau… elle est prête à remporter les élections de 2026. » Un engagement sans faille qui témoigne d’un renouvellement générationnel réussi.
La métaphore du chat, symbole de résilience
Face à cette énergie, Paul Hounkpè conclut en maître. Et il sort une image qui restera dans les mémoires : « La FCBE, je la compare à un chat. Vous avez quelque soit d’où vous lâchez le chat, il ne tombe jamais sur le dos. En effet, la FCBE ne tombera jamais. »
Cette résilience, c’est celle d’un parti qui a appris de ses erreurs. « Il fut un moment, nous avons confondu le militantisme à la foule… Aujourd’hui, nous sommes un parti école. » Un parti qui mise sur la qualité de ses militants et sur une ligne directrice claire : « Ce qui constitue un trait d’union entre nous tous, c’est le Bénin. »

L’unité fait la force
De Nikki à Kandi, un seul message, porté par une seule voix, a résonné. Celui de l’unité retrouvée autour de Paul Hounkpè. Les doutes se sont dissipés, les intoxications se sont évaporées. Les responsables, des ministres aux simples coordonnateurs, marchent main dans la main. Cette tournée n’était pas une fin, mais un formidable point de départ. Elle a montré que la FCBE n’est pas un parti du passé, mais une force vivante, rajeunie, et déterminée. Une force qui a choisi la paix, la stratégie et l’unité pour ses batailles à venir. Le septentrion est plus que jamais cauris. Et en 2026, ils sont prêts à donner une leçon. Pacifiquement, mais fermement.
F. AKODODJA