2ème  session de formation du projet « Colibri Littéraire » : 60 acteurs africains analysent les modalités d’application de l’IA au secteur du livre

 2ème  session de formation du projet « Colibri Littéraire » : 60 acteurs africains analysent les modalités d’application de l’IA au secteur du livre

(Le projet est soutenu par l’Oif dans le cadre du dispositif Force)

Du 21 au 23 janvier 2026, la Bibliothèque Bénin Excellence de Godomey a vécu au rythme des débats, échanges et apprentissages autour des métiers du livre. En présentiel comme en ligne, près de soixante professionnels ouest-africains francophones ont pris part à la deuxième session de formation hybride du projet Colibri Littéraire, une initiative portée par l’Ong Ecrivains Humanistes du Bénin, avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), à travers le dispositif Force-Formation et renforcement de compétences en édition.

Dans une salle attentive et connectée au reste de la sous-région, éditeurs, auteurs, diffuseurs et acteurs de la chaîne du livre ont poursuivi un parcours entamé en octobre 2025. L’ambition affichée est d’outiller les professionnels face aux mutations rapides qui redéfinissent leurs métiers. « Lors de la première session, nous avions revisité l’ensemble des métiers du livre dans un contexte en pleine transformation. Cette fois-ci, nous avons plongé au cœur des enjeux liés au droit d’auteur, à l’intelligence artificielle et aux stratégies commerciales adaptées à notre environnement », explique Dr Catira Dodo, chargé de formation du projet. Autour de ces thématiques sensibles et actuelles, un collège de spécialistes a animé les travaux. Dr Eugène Aballo, directeur du Bureau béninois du droit d’auteur (Bubedra), a rappelé les fondamentaux juridiques et les défis de la protection des œuvres à l’ère numérique. Dr Koubouratou Idjaton, docteure en intelligence artificielle, a levé le voile sur l’impact croissant de l’IA dans les métiers du livre, suscitant autant de curiosité que de questionnements. Enfin, Adèle Kiema, diffuseure et promotrice littéraire nigérienne, a partagé son expérience du terrain, mettant en lumière des stratégies commerciales fondées sur des partenariats équilibrés et durables.

Durant trois jours, les échanges ont été nourris, parfois introspectifs. Certains participants ont admis mesurer, pour la première fois, l’ampleur des transformations en cours. « Nous avons parfois l’impression que le métier a évolué sans nous », confie Epiphane Dossa, participant. « Je ne connaissais presque rien de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, je comprends mieux son influence sur nos pratiques, tout comme les enjeux du droit d’auteur. Cela donne envie d’aller plus loin. » Un sentiment partagé par l’ensemble du groupe, qui plaide déjà pour la poursuite de ces formations. A cette attente, les organisateurs se montrent attentifs. « Nous avons déjà commencé à réfléchir aux modalités de nouvelles sessions », a rassuré Dr Eugène Aballo, au nom des formateurs. Au terme de cette deuxième étape, Colibri Littéraire s’affirme comme un espace de réflexion et de renforcement des compétences, contribuant à structurer une chaîne du livre ouest-africaine plus consciente, mieux armée et résolument tournée vers l’avenir.

Patrice ADJAHO

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