L’Atlas Marocain: Le 1er sommet à gravir pour les Guépards Handballeurs

 L’Atlas Marocain: Le 1er sommet à gravir pour les Guépards Handballeurs

La plus longue attente du handball béninois touche à sa fin. Trente ans après avoir respiré l’air rare de la compétition continentale, les Guépards handballeurs sont de retour. Ce mercredi 21 janvier 2026, au Petit Stade d’Amahoro de Kigali, un chronomètre s’arrêtera : celui d’une génération entière d’absence. Un autre démarrera alors, celui de l’ambition renaissante d’un handball oublié. Et pour cette renaissance, la providence du tirage au sort a dressé sur leur chemin un géant, le Maroc. Loin d’être un simple match de poule, cette rencontre à 13h30, heure de Cotonou, est bien plus. C’est un baptême du feu absolu, un challenge colossal qui servira de pierre de touche à la véritable valeur de ce retour tant espéré.

Les Lions de l’Atlas de handball arrivent au Rwanda avec l’aura intimidante de figurer dans le carré d’as que la carrure d’une équipe rodée, habituée aux sommets et à la pression des grandes arènes. Pour les Guépards, qui sortent tout juste d’une longue période silencieuse, la confrontation est d’une brutalité mathématique. C’est la plongée immédiate dans le grand bain, sans filet, face à un adversaire qui maîtrise chaque rythme, chaque tempo des tournois majeurs. Leur jeu, à la fois physique et tactiquement affûté, représente un jeu intéressant  contre lequel toute équipe africaine se mesure. Affronter le Maroc dès l’entrée en matière, c’est accepter de se jeter dans la gueule du lion pour prouver que l’on a soi-même des crocs. Le challenge est technique, évidemment, mais il est d’abord mental : résister au choc, ne pas être submergé par l’événement et l’adversaire.

Pourtant, c’est précisément dans cette épreuve redoutable que réside l’opportunité la plus belle pour le Bénin. Un match contre le Maroc n’est pas un piège, c’est une rampe de lancement illuminée. C’est la scène parfaite, sous les projecteurs de tout un continent, pour annoncer un retour qui se veut tonitruant. Les Guépards ne sont pas venus au Rwanda en touristes. Ils sont venus pour exister, pour graver leur nom dans le marbre d’une nouvelle ère. Quel meilleur moyen de le faire qu’en défiant un des géants ? Une performance honorable, voire une surprise historique, contre les Marocains aurait une résonance bien plus forte qu’une victoire attendue. Elle enverrait un message électrisant : le Bénin n’est pas là pour faire de la figuration, mais pour perturber l’ordre établi. Ce premier match est donc le révélateur ultime. Il testera la solidité défensive des Guépards, la maturité de leur jeu collectif face à la pression, et leur capacité à transformer l’adrénaline du grand retour en carburant positif.

Au-delà du résultat, qui sera scruté à la loupe, ce choc contre le Maroc est l’acte fondateur d’un nouveau récit. Il marque la fin de trois décennies d’obscurité et le premier chapitre concret d’une reconstruction ambitieuse. Chaque interception, chaque arrêt, chaque but marqué face à une telle équipe sera une victoire symbolique, une preuve de vitalité adressée à toute la famille du handball béninois. Ce match est pour les joueurs l’occasion d’écrire une page d’histoire immédiate, mais c’est aussi un formidable levier pour redonner de la visibilité à leur sport au pays, inspirer une nouvelle génération et attirer l’attention des institutions. Le vrai challenge, finalement, est double : tenir tête sur le parquet à un titan du continent, et réussir à transformer cette épreuve en étincelle pour un avenir durable. Quand le coup de sifflet initial retentira à Kigali, ce ne sera pas seulement un match de handball qui commencera. Ce sera l’examen de passage d’une renaissance, le moment où les Guépards, après trente ans d’attente, devront prouver qu’ils ont toujours l’âme de prédateurs.

Damien TOLOMISSI

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