Michel Sodjinou vs Les Démocrates : La Cour constitutionnelle tranche ce lundi

 Michel Sodjinou vs Les Démocrates : La Cour constitutionnelle tranche ce lundi

Le Bénin politique retient son souffle. Ce lundi 20 octobre 2025, la Cour constitutionnelle ouvre une audience plénière spéciale qui pourrait redessiner complètement le paysage électoral de la présidentielle 2026. Tous les regards se tournent vers les neuf sages qui devront trancher une crise interne au parti Les Démocrates, devenue un véritable feuilleton juridico-politique.

Pour comprendre l’importance de cette audience, il faut remonter aux dissensions qui ont secoué le principal parti d’opposition. Michel Sodjinou, député élu sous la bannière des Démocrates, a vivement contesté le choix du duo candidat proposé par sa propre formation politique pour l’élection présidentielle de 2026. Le conflit pourrait sembler anodin au premier abord, mais il touche en réalité au cœur du processus démocratique : la procédure de parrainage. Ces fiches de soutien, indispensables pour toute candidature, sont devenues l’arme juridique d’un différend politique profond. Le député Michel Sodjinou dit ne pas reconnaître le processus de désignation du duo présidentiel et se refuse à en être « complice ».

Ainsi, la bataille a commencé devant le tribunal de Cotonou, où Michel Sodjinou a porté l’affaire. Contre toute attente pour certains observateurs, la justice lui a donné raison. Le président du tribunal a non seulement annulé sa fiche de parrainage litigieuse, mais il a également ordonné à la CENA (Commission Électorale Nationale Autonome) de délivrer un nouveau formulaire au député. Cette décision  confirmée quelques jours plus tard par la Cour d’Appel a fait l’effet d’un séisme dans la classe politique. Elle signifiait concrètement que le parrainage initial enregistré par Les Démocrates pour leur duo candidat était entaché d’irrégularités, remettant potentiellement en cause toute la candidature du parti car sans cette fiche de parrainage, le nombre total exigé par le code électoral ne va pas être au complet. Plus précis, le duo des Démocrates a besoin de 28 parrainages alors qu’avec le retrait de Michel Sodjinou, il se retrouve à 27.

Bien au-delà d’une simple formalité

Derrière ce conflit technique se cachent des enjeux politiques considérables. Si la Cour constitutionnelle confirme la décision du tribunal de Cotonou, cette décision pourrait non seulement priver le duo des Démocrates d’un parrainage essentiel, et compromettre sa qualification pour la présidentielle, mais également donner un signal fort sur l’importance du consentement libre et éclairé des parrains. En outre, elle établirait une jurisprudence cruciale pour tous les futurs processus de parrainage, tout en fragilisant durablement la cohésion du principal parti d’opposition. A l’inverse, si la Cour infirme la décision du tribunal, elle validerait la procédure de parrainage suivie par Les Démocrates, et permettrait ainsi à leur duo candidat de poursuivre sa course présidentielle.

C’est donc un véritable couteau sous la gorge que les Démocrates attendent le verdict des sages. La Cour constitutionnelle, garante suprême de la régularité des élections, a la lourde tâche de départager les parties tout en préservant l’intégrité du processus démocratique. Son jugement ne se contentera pas de régler un différend interne à un parti politique. Il définira également les limites du droit de contestation des parrains et renforcera ou affaiblira la confiance des citoyens dans le système électoral. Le peuple béninois, qui suit ce feuilleton avec attention, comprend que cette décision dépasse le simple cadre d’une querelle partisane. Elle touche à la crédibilité même de l’opposition face à la prochaine échéance présidentielle, et pourrait potentiellement modifier l’équilibre des forces en présence.

Damien TOLOMISSI

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