Benoît Dato : L’Homme des terrains silencieux
Il existe des métiers où le bruit n’est pas un indicateur de succès. À la tête du Ministère des Sports du Bénin, Benoît Dato incarne cette vérité. Loin des projecteurs éphémères et des déclarations tonitruantes, son action s’enracine dans le silence fertile du travail bien fait.
Ecouter, diagnostiquer, planifier, puis agir. C’est cette méthode, patiente et résolument humaine, qui redonne aujourd’hui au sport béninois son souffle et sa fierté. En effet, en prenant les rênes du Ministère des Sports, Benoît Dato a hérité d’un paysage marqué par de fortes attentes aussi bien des acteurs que du public, mais aussi par une certaine dispersion des énergies. Sa première bataille ne fut pas médiatique ; elle fut administrative et structurelle. Avant de rêver de podiums, il a fallu assainir les bases en posant les jalons avec rigueur. Une réorganisation en profondeur a été entreprise, redéfinissant les priorités nationales et traçant une feuille de route claire : le Plan National de Développement Sportif 2023-2027.
Plus qu’un document, ce plan s’impose comme une boussole. Il offre au sport béninois un cadre d’action lisible, une vision qui dépasse le mandat d’un homme et s’inscrit dans la durée. La philosophie de l’homme, mettre les fondations, pour que d’autres, après lui, puissent continuer de bâtir, dans la continuité sans avoir à reprendre à zéro.
Une main tendue et exigeante
Sous sa gouvernance, des lignes ont commencé par bouger. Le changement le plus palpable se situe dans la relation entre le ministère et les fédérations. Benoît Dato a rationalisé ce partenariat, y instillant une culture de la transparence et de l’efficacité. Son crédo, que chaque franc investi serve réellement l’athlète, le jeune espoir, les clubs… La preuve, en 2025, le gouvernement a reconduit une enveloppe substantielle de plus de 4,6 milliards de francs CFA en subventions aux clubs et fédérations. Mais là où la démarche de Benoît Dato devient véritablement novatrice, c’est dans la manière de distribuer ces fonds. Finie la logique d’une répartition égalitaire qui, souvent, récompensait l’immobilisme. Place au mérite et à la performance. Désormais, les subventions sont attribuées sur la base de critères objectifs : les résultats sportifs, la qualité de la gouvernance, la transparence financière et les efforts investis dans la formation des encadreurs. Cette politique crée une saine émulation. Elle dit aux acteurs du terrain : « Montrez-nous votre sérieux, votre passion et vos résultats, et nous vous soutiendrons. » C’est une main tendue, mais exigeante, qui élève le niveau général et responsabilise chacun.
Les premiers fruits d’un arbre bien planté
Un ministre des Sports est souvent jugé à l’aune des médailles de ses athlètes. Si c’est le cas, alors Benoît Dato peut regarder l’avenir avec sérénité. Les premiers fruits de la politique gouvernementale qu’il met en pratique à la lettre, commencent à tomber, et ils ont la douce saveur du succès. Le palmarès s’étoffe, compétition après compétition. Sur la scène continentale et sous-régionale, les athlètes béninois montent sur les podiums avec une régularité non accidentel, mais la conséquence d’un environnement sportif assaini et stimulant. Chaque médaille est un sourire qui jaillit, une fierté nationale qui se ravive, un drapeau qui flotte un peu plus haut.
Et puis, il y a cette image, plus forte que bien des discours : celle des Guépards du Bénin, qui s’apprêtent à disputer leur cinquième Coupe d’Afrique des Nations. Chaque qualification est un roman, un combat collectif. Et derrière ces héros en tenue, il y a un écosystème qui fonctionne, un ministère qui, sans faire de bruit, a su créer les conditions de cette performance répétée en collaboration avec la Fédération Béninoise de Football. Nul n’est point besoin de rappeler l’historique parcours des Guépards à une phase finale à la Coupe du Monde 2026. A une victoire près, le Bénin entrait dans le cercle très fermé des nations qualifiées pour la CDM.

La sensibilité d’une vision humaine
Ce qui rend le travail de Benoît Dato aussi remarquable, au-delà des stratégies et des budgets, c’est la sensibilité qui l’anime. On sent que pour lui, le sport n’est pas une simple ligne budgétaire ou un outil de communication. C’est une affaire de cœur, un vecteur d’éducation, de cohésion sociale et d’épanouissement individuel. Son approche est respectueuse des personnes, des athlètes qui sacrifient leur jeunesse à l’effort, des entraîneurs qui croient en leurs poulains, des dirigeants bénévoles qui donnent de leur temps. En misant sur la formation et la transparence, il honore leur engagement. Il replace l’humain au centre du jeu.
Benoît Dato démontre qu’il travaille dans la pénombre des bureaux et la chaleur des stades, à construire patiemment l’édifice du sport béninois. Il le fait avec la conviction que les plus belles cathédrales se bâtissent pierre après pierre, dans un mélange de rigueur et de passion. Grâce à lui, le sport au Bénin n’est plus un rêve épars. C’est un projet national, vivant, et résolument humain, dont les plus belles pages restent à écrire. Preuve que le Chef de l’État, Patrice Talon ne s’est pas trompé.
Damien TOLOMISSI