Législatives 2026 au Bénin : Six partis en lice en attendant…

 Législatives 2026 au Bénin : Six partis en lice en attendant…

La scène politique béninoise s’est clarifiée à l’approche d’une échéance électorale majeure. La Commission Electorale Nationale Autonome (CENA) a officiellement clos, mercredi 19 novembre 2025  à minuit, la période de dépôt des dossiers de candidature pour les élections législatives du 11 janvier 2026. A l’issue de cette étape cruciale, six formations politiques ont réussi à soumettre leur candidature et ont reçu un agrément initial. Il s’agit du parti  Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), du Mouvement des Elites Engagées pour l’Emancipation du Bénin (MOELE- BENIN), de l’Union progressiste pour le renouveau (UPR), de Les  Démocrates (LD), du Bloc républicain (BR) et Grande Solidarité Républicaine (GSR). Ce chiffre, réduit, dessine les contours d’une compétition parlementaire qui s’annonce aussi intense que structurée.

L’agrément délivré par la CENA à ces six partis marque une première validation administrative. Elle signifie que les partis ont respecté le calendrier et déposé un dossier de candidature. Cependant, la véritable sélection commence maintenant. La CENA doit entreprendre un examen méticuleux de chaque dossier pour vérifier sa conformité avec les dispositions strictes du Code électoral béninois. Ce n’est qu’après cette analyse détaillée que la liste définitive des partis autorisés à concourir sera connue. La question centrale est désormais : « Les dossiers déposés ont-ils respecté toutes les dispositions de la loi ? » Cette vérification est la pierre angulaire du processus, garantissant l’équité et la légalité du scrutin.

Le cahier des charges, une exigence de parité et de représentation nationale

En effet, la loi électorale béninoise impose des conditions précises et exigeantes pour la constitution des listes de candidats. Il ne s’agit pas simplement de présenter des noms, mais de construire une candidature qui reflète à la fois une assise nationale et un principe de parité. Chaque parti politique est tenu de présenter un total de 218 dossiers individuels. Ce chiffre se décompose en deux groupes distincts : 109 dossiers pour les candidats titulaires (ceux qui siégeront à l’Assemblée nationale en cas d’élection) et 109 dossiers pour les candidats suppléants (qui remplacent les titulaires si nécessaire).

Cette exigence s’articule autour de deux listes obligatoires, définies par les articles 38 à 43 du Code électoral :

La Liste Ordinaire concerne l’attribution classique des sièges parlementaires. Chaque parti doit présenter une liste de 85 candidats, comprenant à la fois des titulaires et leurs suppléants. Cette liste vise à assurer une représentation des différentes circonscriptions électorales du pays. Et la Liste Exclusive aux Femmes. Il s’agit ici de renforcer la participation des femmes en politique, la loi a instauré un quota de sièges qui leur est réservé. Ainsi, chaque formation doit présenter une liste spécifique de 24 candidates, incluant également des titulaires et des suppléantes. Cette mesure vise à corriger les déséquilibres de représentation et à garantir une voix plus forte aux femmes dans l’hémicycle. Cette architecture complexe fait de la constitution d’une liste un exercice logistique et stratégique de haut niveau pour les partis politiques.

Le dépôt des candidatures pour les législatives béninoises de 2026 a donc livré sa première leçon : la compétition pourrait se jouer entre six partis (FCBE, MOELE-BENIN, UPR, LD, BR et Grande Solidarité Républicaine), à condition que leurs dossiers soient validés. La phase cruciale de l’examen des candidatures par la CENA s’ouvre désormais. Elle déterminera la liste finale des protagonistes de cette bataille électorale. Au-delà des considérations techniques sur la conformité des dossiers, l’enjeu démocratique est immense. Ces élections dessineront le visage de la future Assemblée nationale, une institution essentielle au débat démocratique et au contrôle de l’action gouvernementale. La campagne qui s’engage dans les prochains mois sera un test décisif pour la vitalité de la démocratie béninoise, observée avec attention bien au-delà des frontières du pays. Le chemin vers le 11 janvier 2026 s’annonce exigeant, mais il est celui de l’expression souveraine de la volonté populaire.

Etienne YEMADJE

Articles similaires