Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Il y a deux clefs pour une vie »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Il y a deux clefs pour une vie »

Je vous salue, vous qui cherchez à marcher sur le chemin avec un cœur et un esprit légers. On me demande souvent : «Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, quelle est la chose la plus importante à comprendre pour traverser l’existence sans trop de heurts ? » Ma réponse est toujours la même, forgée par les années et calmée par le temps : « Savoir lire la vie, c’est l’essentiel. Et savoir lire tout en sachant déplacer les pions, c’est très, très important. »

Cette phrase peut sembler mystérieuse, mais elle est d’une simplicité profonde. Permettez-moi de vous l’expliquer. « Lire la vie », qu’est-ce que cela signifie ? Ce n’est pas simplement voir ce qui se passe devant vous. C’est comprendre. C’est observer le monde comme on lit un livre précieux, en cherchant le sens caché derrière les mots et les événements. La vie est un texte écrit dans une langue que l’on n’apprend pas à l’école. Les émotions des autres sont des chapitres, les conflits sont des passages difficiles à interpréter, les moments de joie sont des poèmes, et les épreuves sont des leçons de grammaire qui nous apprennent la structure de notre propre âme. Quand vous croisez un visage fermé, savez-vous lire la tristesse ou la colère qui l’habite ? Quand un projet échoue, savez-vous lire la leçon qu’il contient, au-delà de la déception ?

Lire la vie, c’est arrêter de subir les événements et commencer à les comprendre. C’est passer de la position de celui qui est perdu dans la forêt à celle de celui qui étudie la carte. Celui qui ne sait pas lire la vie reste à la surface des choses. Il voit la pluie et maudit le ciel, sans voir qu’elle nourrit la terre pour les récoltes à venir. Il voit un échec et se croit maudit, sans lire en lui l’invitation à changer de direction. Apprendre à lire, c’est acquérir la plus grande des clairvoyances. C’est l’essentiel, car sans cette compréhension, nous ne sommes que des feuilles mortes emportées par le vent, sans comprendre la danse du vent lui-même.

L’art de déplacer les pions avec sagesse

Mais la lecture seule ne suffit pas. Vous pouvez être le meilleur lecteur du monde, comprendre parfaitement la situation, et rester paralysé. C’est ici qu’intervient la seconde partie de la sagesse : « savoir déplacer les pions ». Imaginons la vie comme un vaste jeu d’échecs. L’échiquier, c’est le monde qui vous entoure : notre famille, notre travail, notre communauté. Les pions, ce sont les ressources dont nous disposons : nos paroles, nos actions, notre temps, notre énergie, nos compétences, et même notre silence. Savoir déplacer les pions, ce n’est pas être manipulateur ou cruel. C’est être stratégique et responsable. C’est comprendre que chaque action que vous posez, chaque mot que vous prononcez, à une conséquence sur l’échiquier. Une parole sincère et joyeuse au bon moment est un pion déplacé qui peut ouvrir une porte fermée. Une décision courageuse face à une difficulté est un coup qui peut changer tout l’équilibre du jeu. Parfois, déplacer un pion, c’est savoir se taire quand la colère monte. C’est choisir de reculer pour mieux sauter plus tard. C’est investir son énergie dans un projet plutôt que dans un autre. Celui qui ne sait déplacer les pions reste spectateur de sa propre vie. Il lit le livre, comprend l’intrigue, mais ne tourne jamais les pages. Il voit les problèmes arriver, les comprend parfaitement, mais ne fait rien pour les éviter. Il est comme un nageur qui connaîtrait parfaitement la théorie de la natation, mais qui refuserait de bouger les bras dans l’eau.

Le lecteur-acteur, la sagesse en mouvement

La vraie maîtrise, la sagesse ultime, réside dans l’union de ces deux compétences. « Savoir lire tout en sachant déplacer les pions. » C’est la fluidité parfaite. Vous lisez sur le visage de votre ami qu’il traverse un moment difficile (vous lisez la vie), et vous choisissez de lui offrir une oreille attentive plutôt qu’un conseil non sollicité (vous déplacez le pion). Vous lisez dans l’atmosphère de votre lieu de travail qu’un changement est nécessaire (vous lisez la vie), et vous proposez une idée nouvelle au moment le plus opportun (vous déplacez le pion). Cette capacité vous transforme d’un objet passif en un acteur conscient de votre destin. Vous n’êtes plus ballotté. Vous naviguez. Vous ne subissez plus le paysage ; vous l’arpentez en connaisseur, sachant quand gravir une colline, quand vous reposer à l’ombre, et quand traverser une rivière. La vie cesse d’être une série d’accidents pour devenir une conversation. Vous l’écoutez (vous la lisez), et vous lui répondez (vous déplacez les pions). Cette danse entre la compréhension et l’action est le cœur d’une existence épanouie. C’est ce qui transforme la simple survie en un art de vivre. Alors, je vous le redis, mes enfants : ouvrez les yeux et lisez. Lisez le grand livre qui s’offre à vous chaque matin. Et une fois la page lue, n’ayez pas peur. Prenez votre courage, prenez votre intelligence, et déplacez vos pions avec confiance et grâce. C’est comme cela que l’on construit une vie non seulement bonne, mais aussi belle et forte. C’est très, très important.

DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

Articles similaires