Consolidation et pérennisation du Programme Azoli : Un enjeu majeur pour l’ANpE
Lancé en décembre 2021, le programme Azoli, une initiative du gouvernement du Bénin soutenue par la Banque mondiale, est destiné aux jeunes peu ou pas instruits âgés entre 18 et 30 ans. Quatre ans après, près de 40 000 jeunes ont bénéficié d’une formation pratique en entreprise et d’une allocation financière en emploi indépendant.
Ce parcours vertueux, qui a su tracer un sillon durable dans le paysage de l’insertion professionnelle, mérite plus que jamais d’être consolidé et pérennisé pour inscrire ses bénéfices dans la durée. Au départ, les objectifs du programme Azoli ont été bien définis : former et insérer les jeunes peu ou pas instruits et pas qualifiés sur le marché du travail, contribuer au développement économique du Bénin en formant une main-d’œuvre qualifiée et surtout en favorisant leur emploi dans des secteurs porteurs comme l’agroalimentaire et le textile, tout en mettant l’accent sur la promotion de l’égalité des genres et l’inclusion sociale.
Quatre ans après, le bilan est éloquent. Le programme a permis à des milliers de jeunes, filles comme garçons, de bénéficier d’une formation pratique. Ils sont intégrés dans des emplois salariés ou indépendants avec des perspectives d’emploi à la clé. Soutenu par des partenaires, Azoli permet aux jeunes de développer des compétences professionnelles pratiques et de renforcer leur employabilité. Le programme donne priorité aux femmes et aux filles mères avec un objectif de 50 % de bénéficiaires féminins, une approche inclusive qui corrige les déséquilibres et offre des opportunités concrètes à celles qui en ont le plus besoin. Cette formation, ancrée dans les réalités du terrain, dépasse la simple théorie pour offrir une expérience professionnelle authentique, un sésame vers l’autonomie financière et la reconnaissance sociale.
Pour plus de visibilité et une bonne mise en œuvre, le programme Azoli a établi des partenariats stratégiques avec des radios locales pour diffuser des informations sur ses avantages. Ainsi, les journalistes points focaux de près de 60 radios se retrouvent chaque trimestre dans le cadre d’ateliers de formation et de production de magazines, de tables rondes et de microprogrammes sur le programme Azoli afin que les jeunes cibles soient informés de ses prouesses. C’est aussi l’occasion pour l’Agence Nationale pour l’Emploi de renforcer chaque trimestre les capacités de ces points focaux afin qu’ils sensibilisent davantage les populations cibles du programme. Cette stratégie de communication de proximité, s’appuyant sur des relais de confiance, est essentielle pour toucher des publics parfois éloignés des circuits d’information traditionnels. Elle crée un écosystème d’information où la réussite des uns nourrit l’ambition des autres, générant un effet d’entraînement salvateur.
Azoli, le chemin de l’emploi, sonne désormais fort, très fort, dans l’esprit des peu ou pas instruits âgés entre 18 et 30 ans. Même les personnes qui ne sont pas concernées sont jalouses des jeunes cibles, signe que le programme a réussi à créer une dynamique positive et une réelle valeur perçue autour de l’insertion professionnelle. Cette notoriété et cet engouement sont les fruits d’une mise en œuvre rigoureuse et d’un impact tangible sur le quotidien des bénéficiaires. Le programme a su démontrer qu’avec un accompagnement adapté, une formation pratique et un soutien financier temporaire, des milliers de jeunes pouvaient sortir de l’ombre et de la précarité pour devenir des acteurs économiques à part entière, contribuant activement à la richesse nationale. La transformation est profonde : d’un statut de fardeau potentiel pour la société, ces jeunes deviennent des piliers de l’économie locale, animés par une fierté retrouvée et une compétence reconnue.
Face à un tel succès, la question de la pérennisation se pose avec acuité. L’engouement qu’il génère et les résultats probants qu’il affiche plaident en faveur d’une institutionnalisation de ce dispositif. Il ne s’agit plus seulement d’une expérience pilote, mais d’un pilier essentiel de la politique nationale de l’emploi. Pour assurer sa continuité au-delà des cycles de financement initiaux, une intégration budgétaire progressive dans les finances publiques nationales est une piste à explorer. Parallèlement, renforcer les partenariats public-privé pourrait garantir que les formations dispensées restent constamment alignées sur les besoins réels et évolutifs du marché du travail. Les entreprises, en trouvant dans Azoli une source fiable de main-d’œuvre qualifiée, ont tout intérêt à s’impliquer davantage, que ce soit par des co-financements, l’accueil de plus de stagiaires ou l’absorption des bénéficiaires en CDI. Le programme a planté une graine fertile, il faut maintenant l’arroser, la protéger et lui permettre de grandir pour qu’elle devienne un arbre solide, à l’ombre duquel des générations futures de jeunes Béninois pourront continuer à bâtir leur avenir. Le chemin de l’emploi est désormais tracé, l’urgence est de le rendre définitif.
F. AKODODJA