4ème  opus de la collection « Nid d’artistes » : Bénin, éclat d’art et de mémoire

 4ème  opus de la collection « Nid d’artistes » : Bénin, éclat d’art et de mémoire

Le mardi 16 décembre 2025, Novotel a accueilli un événement culturel majeur : le lancement du quatrième opus de la collection « Nid d’artistes ». Devant un parterre d’invités, de passionnés de littérature et d’acteurs du monde de l’art, cet ouvrage consacré au Bénin a été présenté dans une atmosphère à la fois solennelle et chaleureuse. Cet instant marquait l’aboutissement d’un projet ambitieux porté par Malika Éditions avec le soutien de BANK OF AFRICA, célébrant Cotonou comme le cœur battant d’une nation à la créativité foisonnante.

Après avoir exploré Casablanca, Dakar et Abidjan, la collection « Nid d’artistes » pose ainsi ses valises sur les rives du Golfe de Guinée. Ce beau livre invite à un voyage sensible au Bénin, là où les éléments, l’histoire et l’innovation contemporaine dialoguent sans cesse. Il capture l’esprit d’un pays où l’eau, la terre et le ciel semblent se répondre, et où les gestes des artistes, nourris d’une mémoire profonde et d’une liberté audacieuse, s’unissent à la rumeur du monde.

L’ouvrage rassemble les voix et les regards d’une centaine de créateurs béninois. Plasticiens, photographes, musiciens, danseurs, slameurs, tous ont contribué à cette mosaïque narrative. Leur univers est restitué sous la plume lumineuse de l’écrivain Florent Couao Zotti et l’œil éclairé du photographe Ricky Lavern Martin. Ensemble, ils tissent une image vivante et multiforme, dépassant la seule ville de Cotonou pour embrasser aussi Ouidah, Porto Novo ou Abomey, ces lieux de mémoire et de métamorphose. Le livre se présente comme une archive précieuse et une offrande. Il est décrit par son éditeur comme une « mémoire sensible d’un pays où l’art demeure un acte de transmission, de beauté et de résistance ». Il est dédié à tous ceux qui font vibrer la culture béninoise, aux artistes porteurs de flamme, ainsi qu’aux passeurs de mémoire et aux disparus dont les œuvres continuent d’éclairer le chemin des vivants.

Un engagement partagé pour la culture

Lors de la cérémonie, la parole de l’éditeur a trouvé un écho dans le discours de Othman Benjelloun, Président de BANK OF AFRICA. Il a exprimé sa joie de mettre en lumière cet ouvrage consacré à Cotonou, « cité flamboyante au souffle marin, carrefour des âmes, des rythmes et des lumières ». Il a salué le talent avec lequel est dépeinte « la créativité exceptionnelle, l’effervescence culturelle et le bouillonnement artistique béninois », des forces nourries de traditions séculaires et tournées résolument vers l’avenir.

Benjelloun a réaffirmé la fierté du Groupe BANK OF AFRICA à être implanté dans cette métropole, « centre névralgique du commerce à l’énergie vibrante où la culture se vit et se partage ». Il s’est réjoui de présenter cette « ode à une constellation créative » qui fait de Cotonou l’une des capitales culturelles les plus inspirantes d’Afrique de l’Ouest. Son intervention a souligné la vision de l’art béninois comme un langage universel, une mémoire vivante et une force d’avenir.

La parole aux artistes : extraits d’une cartographie intime

La force de l’ouvrage réside dans la pluralité des témoignages qu’il recueille. Comme le souligne un extrait, chaque portrait est bien plus qu’une trajectoire individuelle ; c’est le reflet d’un mouvement collectif. Les villes de Cotonou, Porto Novo, Abomey Calavi et Ouidah y composent une cartographie inédite de la création contemporaine. Les artistes y livrent une relation intime et viscérale à leur territoire. Angélique Kidjo évoque la joie de vivre à travers les odeurs et la lumière. Julien Sinzogan parle de Porto Novo comme d’un lieu qui « le garde et le nourrit », un dialogue permanent avec les anciens. Pour Raphaël Sheyi, Cotonou est une plateforme d’enrichissement musical, tandis que Charlemagne Djikou la voit comme une matrice, une école.

L’écrivaine Esther Doko traduit cette connexion en vers, parlant d’un « murmure d’émoi » et d’un « fracas intérieur » en écho à la ville. Daniel Amoussou qualifie son lien avec Cotonou de « viscéral », affirmant qu’elle est dans chaque image qu’il esquisse. Sébastien Boko, Didier Viodé et Gaston Zossou, chacun à leur manière, esquissent les contrastes et les complémentarités entre la frénésie de Cotonou et la sérénité lettrée de Porto Novo, entre l’ancrage mémoriel et l’ouverture au monde.

Les architectes de l’ouvrage

Ce projet n’aurait pu voir le jour sans la maîtrise d’œuvre de l’auteur et de l’éditeur. Florent Couao Zotti, écrivain, journaliste et critique d’art béninois, y apporte sa prose sensible et son regard acéré. Conseiller au Ministère de la Culture, il excelle à ce croisement où la pensée devient regard et le regard, langage. Son œuvre littéraire, riche d’une vingtaine de publications, trouve ici un prolongement naturel dans l’essai et la monographie, interrogeant la matière même de l’art avec la rigueur du critique et la ferveur du poète.

La maison Malika Éditions, fondée en 1998, apporte quant à elle son expertise dans la réalisation de beaux livres. Spécialisée à l’origine dans le patrimoine marocain, elle a ouvert sa collection aux villes créatives africaines, privilégiant toujours le dialogue fécond entre l’image et le texte. Son partenariat avec des institutions comme BANK OF AFRICA et son réseau de coéditions internationales garantissent à l’ouvrage une diffusion et une qualité dignes de son ambition.

Le lancement de ce quatrième « Nid d’artistes » a donc bien plus été qu’une simple présentation éditoriale. Il a constitué un moment de célébration et de reconnaissance pour la scène artistique béninoise tout entière. À travers ses pages somptueuses et ses récits incarnés, le livre offre bien plus qu’un guide ; il est un miroir tendu à une nation en création, un témoignage durable de son énergie et de sa beauté, et une invitation à découvrir l’âme vibrante du Bénin contemporain.

Damien TOLOMISSI

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