Fin de la 4e édition du FIFF Cotonou 2026 : Une consécration historique des femmes du 7ème art

 Fin de la 4e édition du FIFF Cotonou 2026 : Une consécration historique des femmes du 7ème art

La 4e édition du Festival International des Films de Femmes (FIFF) de Cotonou s’est achevée samedi 7 février 2026 sur la mythique place de l’Amazone, laissant derrière elle l’image d’un événement ayant profondément marqué le paysage culturel béninois et africain. Portée par la vision déterminée de sa promotrice, Cornelia Glèlè, cette édition placée sous le thème « Femmes, libérez votre créativité » a tenu toutes ses promesses, et bien plus encore. Elle s’est imposée non seulement comme un rendez-vous cinématographique, mais comme un puissant levier d’émancipation et de professionnalisation pour les femmes des arts visuels. Cette quatrième édition ne fut pas simplement une réussite, mais un véritable jalon, un point de bascule qui consacre le FIFF Cotonou comme l’événement incontournable du cinéma féminin sur le continent.

Dès son ouverture, tout prouvait déjà que cette édition visait l’excellence. Or, l’ambition affichée par Cornelia Glèlè et son équipe ne s’est pas limitée aux discours. Elle s’est concrétisée par une programmation d’une richesse exceptionnelle, réunissant 18 films en provenance de 16 pays. Cette diversité géographique et narrative a offert au public un panorama unique des regards et des sensibilités portés par les cinéastes femmes, confirmant que la créativité féminine est un univers vaste, complexe et essentiel. Cette sélection, exigeante et éclectique, a montré la maturité du festival dans son rôle de curateur de talents mondiaux. En outre, la projection d’ouverture, « Douwé », réalisé par dix jeunes filles formées spécifiquement pour le projet, a immédiatement ancré le festival dans sa mission de transmission et de découverte de nouveaux talents. Ce film poignant, racontant le combat d’une jeune fille pour son éducation, a incarné avec force le thème de l’émancipation par la créativité. Il a aussi démontré l’engagement concret du FIFF en faveur de la formation, créant un pont tangible entre l’aspiration et la réalisation.

Par ailleurs, le FIFF 2026 a brillamment démontré qu’un festival de qualité repose sur des contenus solides et des rencontres inspirantes. Au-delà des projections, l’événement a organisé des conversations de haut niveau, comme celle avec la marraine Aïssa Maïga, et des panels stratégiques sur le financement des projets portés par des femmes. Ces espaces de réflexion ont apporté des réponses concrètes aux défis du secteur, transformant le festival en une véritable plateforme d’action et de réseau. La présence et les témoignages de personnalités comme Aïssa Maïga ont offert des modèles inspirants et des perspectives réalistes sur la construction d’une carrière durable. Mais l’innovation ne s’est pas arrêtée là. L’initiative « Dating Pro », un espace de rencontres professionnelles structurées, a permis des échanges directs entre créatrices et décideurs de l’industrie, favorisant des collaborations futures et une dynamique économique essentielle à la pérennité des carrières. Cette initiative pragmatique répondait à un besoin crucial : créer des opportunités concrètes de financement et de production, au-delà du simple espace de visibilité. C’est cette approche holistique qui a fait du FIFF bien plus qu’une vitrine : un véritable incubateur d’opportunités professionnelles.

La cérémonie de clôture, grandiose, est venue couronner cette semaine d’exception. La « moisson » des prix, comme l’a nommée l’organisation, reflète la qualité et la diversité des œuvres en compétition. Des films venus du Nigeria, d’Afrique du Sud, du Kenya, du Burkina Faso et du Bénin lui-même ont été distingués, prouvant que l’excellence n’a pas de frontières. Le palmarès, avec des films comme « The Incredible Sensational Fiancée of Seyi Ajayi » (Nigeria) primé de l’Amazone d’Or, ou « Why The Cattle Wait » (Afrique du Sud) récompensé par le Prix du Jury, a illustré la vivacité et l’audace des nouvelles générations de cinéastes. Le fait que le seul film béninois en lice, « Les Chaînes du Deuil » de Dorcas Ganmagba, ait remporté le Prix Amazone du Documentaire, est une immense fierté locale et la preuve que le terreau créatif béninois est fertile. Ces distinctions ne sont pas seulement que des trophées mais également une reconnaissance visibilisant des talents et ouvrant des portes pour la suite de leur parcours. Elles envoient également un message fort sur la diversité des récits que le festival entend valoriser : de la fiction pure au documentaire intime, en passant par l’innovation scénaristique.

Enfin, cette édition doit son succès retentissant à un écosystème de soutien convaincu et à une reconnaissance institutionnelle affirmée. Le partenariat stratégique avec Canal+ Bénin, représenté par sa directrice Yacine Alao, a apporté un soutien médiatique et structurel précieux, validant la pertinence professionnelle de l’événement. Les propos de Yacine Alao, saluant la progression et la structuration constante du festival, reflètent la confiance du secteur privé en cette initiative. De même, l’implication de l’Institut Français de Cotonou pour des conversations de fond a ancré le festival dans un réseau culturel international. Ces alliances ne sont pas anodines ; elles signent l’entrée du FIFF dans une nouvelle dimension, celle d’un partenaire culturel crédible et durable. Or, le plus grand hommage est peut-être venu des participantes elles-mêmes, des réalisatrices, actrices et techniciennes, dont l’énergie et le talent ont été la véritable colonne vertébrale de l’événement. Leur présence massive et la qualité de leurs interactions ont créé une atmosphère unique de sororité et d’émulation collective.

Que de merveilles

Sous l’impulsion visionnaire de Cornelia Glèlè, la quatrième édition du FIFF Cotonou a mis la barre très haut. Elle a dépassé le simple cadre d’un festival pour devenir un phare du cinéma féminin africain, une agora où se mêlent création, réflexion et action économique. En associant avec succès découverte artistique, renforcement de capacités, networking stratégique et célébration des talents, elle a posé des bases solides pour l’avenir. Le pari de l’audace et de la professionnalisation est pleinement réussi. Cette édition laisse un héritage fort : une communauté de créatrices plus unie, plus visible et plus confiante dans sa capacité à conter le monde. Le FIFF Cotonou 2026 n’est pas une fin, mais un point de départ ambitieux pour les années à venir. Il a prouvé que libérer la créativité des femmes n’est pas seulement un acte culturel, mais un puissant levier de transformation sociale et économique. Le chemin tracé par Cornelia Glèlè et son équipe est encore plus lisible, faire de Cotonou la capitale incontestée où, tous les deux ans, l’avenir du cinéma africain se réinvente au féminin.

Damien TOLOMISSI

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