Coup de filet à Bassila : La police démantèle une bande polyvalente
À Bassila, le crime avait fini par devenir une véritable entreprise. Vol de cabris, cambriolages de maisons, recel de motos et même de voitures, tout semblait bon pour ces hommes qui avaient fait de l’illégalité leur gagne-pain quotidien. Mais comme le dit l’adage, on ne fait pas longtemps son beurre dans l’ombre sans finir par attirer la lumière. Et c’est exactement ce qui vient de se produire.
Tout commence en août dernier, dans le quartier Camp pionnier. Des habitants alertent les forces de l’ordre. Ici, des cabris disparaissent. Là, une maison a été visitée. Les plaintes se ressemblent et convergent vers les mêmes individus. Les policiers du commissariat de l’arrondissement central de Bassila ne perdent pas de temps. Ils ouvrent une enquête préliminaire et passent rapidement à l’action. Quatre hommes tombent dans leurs filets, tous impliqués dans la filière caprine. Présentés au procureur de la République, ils prennent aussitôt le chemin de la maison d’arrêt.
Mais dans ce genre d’affaire, rien n’est jamais simple. Le principal suspect du cambriolage manque à l’appel. Il a préféré prendre ses jambes à son cou et disparaitre dans la nature. La police aurait pu s’en contenter. Elle a choisi de ne pas lâcher. Les enquêteurs reprennent le dossier, creusent, recoupent les informations et remontent patiemment les pistes. Leurs efforts finissent par payer.
Quatre nouveaux suspects sont localisés et placés en garde à vue. Parmi eux, le fugitif. Sa cavale s’arrête enfin, et il tombe en même temps que son complice. La police met aussi la main sur un troisième homme poursuivi pour complicité, ainsi que sur un quatrième individu, surnommé SAS, visiblement plus familier des coins sombres du recel que des salons bien fréquentés. Les auditions révèlent alors que le réseau dépasse largement les frontières de Bassila. Les enquêteurs identifient la tête pensante de l’organisation. Il s’agit d’un homme installé à Sèmèrè, dans la commune voisine de Ouaké. Ce cinquantenaire se présente comme revendeur de motos, mais son commerce cache une tout autre réalité. Il serait le grand fournisseur, le grossiste en vélomoteurs volés.
Le vendredi 9 octobre 2026, aux premières lueurs du jour, les forces de l’ordre, appuyées par les autorités locales, se déploient. Le cerveau présumé est interpellé en flagrant délit de recel. La perquisition de sa maison ressemble alors à l’inventaire d’un concessionnaire. Outre la moto issue du cambriolage initial, les agents découvrent cinq autres deux roues de marques diverses, un tricycle et une voiture dont la provenance reste plus que trouble. Aucun de ces engins ne dispose de la moindre pièce justificative. Mais la visite ne s’arrête pas là. Dans la maison, les policiers tombent aussi sur un téléviseur volé, accompagné de sa télécommande. À cela s’ajoutent une rallonge, un ventilateur, un meuble TV, un guéridon et trois fauteuils dont l’origine légale reste fortement à démontrer. C’est peu dire que la demeure ressemblait à un véritable bazar du recel.
L’autorité judiciaire, tenue informée de chaque avancée, suit le dossier avec attention. Les mis en cause poursuivent leur séjour en cellule de garde à vue. Ils seront présentés au parquet ce mardi 13 octobre 2026.
Damien TOLOMISSI



