CAN Maroc 2025/ Bénin – RD Congo : Les Guépards sereins à l’aube du combat

Ce mardi 27 décembre au stade El Barid, Rabat, les Guépards du Bénin feront leurs premiers pas dans la Coupe d’Afrique des Nations 2025. Pour ce match d’ouverture du groupe D, Gernot Rohr et ses poulains affronteront les Léopards de la République Démocratique du Congo. À quelques heures de ce choc inaugural, l’état d’esprit au sein du camp béninois apparaît remarquablement serein et déterminé. L’objectif est d’entamer la compétition par une victoire et s’emparer des trois précieux points en jeu. Plusieurs joueurs clés ont exprimé leur confiance et leur préparation mentale, dépeignant les contours d’un groupe uni et conscient de son ambition.

Jodel Dossou, l’attaquant évoluant à l’US Le Pays du Valois, a dressé un tableau positif de l’ambiance collective. « Déjà, le moral est très bien. On se prépare super bien », affirme-t-il, soulignant une préparation de plusieurs jours déjà au Maroc. Conscient de l’enjeu, le groupe aborde la rencontre avec sérieux et ambition. Le joueur reconnaît les difficultés liées aux absences de joueurs suspendus, mais y voit une raison de plus de resserrer les rangs. « On s’est dit un mot d’ordre, c’est la solidarité. Nous sommes prêts à tout donner », insiste-t-il. Cette solidarité sera cruciale pour intégrer les nouveaux et les jeunes joueurs de la sélection. Après l’exploit des quarts de finale en Égypte en 2019, la barre est placée haute. « Il faut être zen, il faut être très concentré », prévient Jodel Dossou, rappelant l’intensité particulière des matchs de CAN.

Dans les buts, Saturnin Allagbé incarne cette préparation mentale exigeante. Le gardien de but analyse l’adversaire avec respect mais sans complexe. « C’est une belle équipe, une belle génération », concède-t-il à propos de la RD Congo, tout en rappelant que les Guépards ont aussi leurs atouts à faire valoir. « On est conscients, on est bien préparés et prêts pour le combat. »

Sa philosophie personnelle reflète une professionnalité sans faille : il se prépare toujours comme s’il devait jouer, éliminant ainsi toute notion de surprise. Son message principal s’adresse au public béninois. « Le seul mot que j’ai à dire, c’est de demander au peuple de nous soutenir », lance-t-il, appelant à une union sacrée autour de l’équipe pour traverser les moments difficiles inhérents à toute compétition.

En défense, Olivier Verdon abonde dans le sens d’une confiance collective bien fondée. « Le groupe se sent bien », confie-t-il. Face à la RD Congo, reconnue pour la qualité de ses individus, les Guépards ne comptent pas improviser. Une stratégie précise a été mise en place par le staff technique. « Si on la suit et si tout le monde se donne à 100%, je suis sûr qu’elle marchera », assure le défenseur. Comme ses coéquipiers, il ne ressent pas de pression négative, mais plutôt une impatience positive de débuter la compétition. Il met en avant les qualités du groupe : de l’expérience, de l’intelligence de jeu et une bonne capacité défensive. Il évoque aussi un facteur extérieur potentiellement favorable : le climat tempéré du Maroc en décembre, bien moins éprouvant que les chaleurs souvent étouffantes d’autres CAN, pourrait permettre aux équipes de produire un football plus technique et moins physiquement écrasant.

De son côté, le sélectionneur a reconnu la solidité de l’équipe congolaise, évoquant une formation expérimentée et habituée aux grands rendez-vous. Loin de tout découragement, il a présenté un groupe béninois déterminé et doté d’une ligne de conduite claire. Il a ainsi fixé un cap précis pour débuter la compétition : « L’ambition est simple : obtenir une première victoire pour le Bénin, qui n’en a jamais remporté en Coupe d’Afrique des Nations depuis ses quatre participations. Gagner ce premier match peut déjà ouvrir la porte des huitièmes de finale. » L’objectif est donc de briser un plafond historique dès cette entrée en lice.

Ces déclarations concordantes dessinent le portrait d’une sélection béninoise mature et ambitieuse. Les Guépards ne sous-estiment pas l’adversaire congolais, une formation solide qui s’est notamment illustrée lors des éliminatoires de la Coupe du Monde. Cependant, ils abordent le match avec la ferme conviction de pouvoir le remporter. Cette assurance ne relève pas de l’arrogance, mais semble le fruit d’une cohésion d’équipe patiemment construise.

L’enjeu dépasse le simple résultat de ce premier match. Il s’agit de poser immédiatement des bases solides pour toute la compétition. Un bon départ est essentiel pour installer la confiance et envisager sereinement la suite du parcours, avec peut-être en ligne de mire l’objectif d’égaler ou de dépasser le stade des quarts de finale atteint en 2019. L’appel au soutien inconditionnel du peuple béninois, relayé par les joueurs, est significatif. Il souligne le lien fort qui unit cette équipe à sa nation et la volonté de porter haut ses couleurs.

Ainsi, à l’heure d’affronter les Léopards, les Guépards semblent avoir trouvé le juste équilibre entre la sérénité nécessaire pour éviter la pression paralysante et la concentration indispensable à la performance. Ils sont conscients de la difficulté de la tâche mais confiants dans leurs moyens et leur préparation. Le match contre la RD Congo constituera un premier test de vérité, non seulement pour leur ambition sportive, mais aussi pour la solidité mentale qu’ils affirment tous posséder. Le coup d’envoi donné, il leur appartiendra de transformer cette confiance affichée en réalités sur le terrain de Rabat.

Damien TOLOMISSI

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