Cap sur la CAN 2025 : Marrakech s’offre un écrin de lumière

 Cap sur la CAN 2025 : Marrakech s’offre un écrin de lumière

Le vent chaud du nord de la ville soulève des volutes de poussière ocre. Face à nous, émergeant de l’orée de la Palmeraie, la silhouette n’est pas tout à fait un rempart ancien, pas tout à fait un vaisseau spatial. C’est le Grand Stade de Marrakech, et il attend. Dans quelques mois, les tambours de la CAN 2025 résonneront entre ses murs, et nous sommes entrés pour sentir son pouls nouveau.

On ne visite pas ce stade, on le découvre par strates. La première impression, c’est ce dialogue architectural stupéfiant. La façade, une dentelle de pierre percée de mille motifs, est un clin d’œil géant aux moucharabiehs de la médina. Le soleil joue avec elle, dessinant des ombres mouvantes qui brouillent les limites entre le passé et le futur. Ici, l’héritage n’est pas une vitrine, c’est une âme.

La raison de notre visite se cache dans les détails de cette métamorphose récente, un chantier pharaonique de 400 millions de dirhams. On le devine d’abord de l’extérieur : les tribunes ont revêtu un habillage neuf, plus lisse, plus contemporain. Mais c’est à l’intérieur que la mutation est palpable.

L’expérience spectateur, reine du jeu

Fini l’époque des gradins étroits. On s’assoit, presque instinctivement, pour tester la nouvelle assise. L’espace est plus généreux, la perspective sur la pelouse, parfaite. Le confort du public était au cœur du projet, et cela se sent. Dans les couloirs, on croise des techniciens qui procèdent aux derniers tests. Leur mission : déployer un maillage Wi-Fi si performant qu’il permettra à 45 000 personnes de poster le but victorieux en direct, transformant l’enceinte en une immense agora numérique vibrante.

Car c’est bien de vibration dont il sera question. Le programme est déjà connu : six chocs de la phase de groupes, dont un duel titanesque entre le Cameroun et la Côte d’Ivoire, puis les fracas des 8ème et quart de finale. On imagine presque la clameur qui va s’engouffrer dans le ciel, portée par les chants et les hymnes de tout un continent.

Les murs déjà tournés vers 2030

Pourtant, dans les esprits, l’horizon est déjà plus lointain. On parle ici, à voix basse mais avec une conviction de fer, du Graal : la Coupe du Monde 2030. Les plans sont dans les tiroirs. Une seconde phase de travaux est déjà envisagée pour porter la capacité à près de 46 000 places et multiplier les loges de prestige à 71. Chaque modification d’aujourd’hui est un investissement pour demain.

Sur la terre battue qui entoure l’arène, le stade n’est pas qu’un équipement. C’est une déclaration. Celle d’une nation qui, à travers le sport, raconte au monde son audace et son savoir-accueillir. Le Grand Stade de Marrakech est prêt. Il n’attend plus que le coup d’envoi.

Damien TOLOMISSI (Marrakech, Septembre 2025)

Articles similaires