Confession surprenante de Basile Ahossi : « Je n’ai même pas lu la lettre »
Deux semaines de silence radio, et enfin, l’explication qui fait trembler l’opposition. Basile Ahossi, figure de proue des Démocrates (LD), brise le mystère autour de sa lettre controversée adressée à Romuald Wadagni, le candidat officiel de la mouvance présidentielle. Interviewé sur Matin Libre TV, le 2ᵉ vice-président de l’Assemblée nationale livre une version des faits qui tient autant du conte politique que du mea culpa.
Tout a commencé par une visite impromptue. Imaginez la scène : Romuald Wadagni en personne, ministre d’État, sonne à la porte de l’élu de l’opposition. Pas pour un duel, mais pour… une bénédiction. « Mon père ne vit plus, vous êtes comme mon père. Je suis venu chercher votre bénédiction », aurait déclaré le candidat, selon le récit de l’honorable Basile Ahossi. Une approche personnelle, presque filiale, qui a visiblement ébranlé le parlementaire. Face à cette requête inattendue, l’opposant avoue avoir demandé « une journée ou deux pour réfléchir ». La machine était en marche.
Entre conviction, pression et « accointances particulières »
Dans un élan de franchise, Basile Ahossi balance entre plusieurs explications : « peut-être par naïveté politique, peut-être aussi par pure conviction et par confiance ». Il révèle aussi des liens invisibles qui le lient à Romuald Wadagni : « On a des choses en privé qui font qu’on se doit une certaine vérité, une certaine assistance ». Mais la pression ne venait pas seulement d’en haut. Sa base, ses fidèles depuis 2007, lui auraient mis la pression : « Maintenant que tu as amorcé ta descente, nous, on ne peut pas tenir dans l’opposition. Il faut qu’on aille à la mouvance. » Un véritable ultimatum.
Le feu vert de Boni Yayi et la lettre fantôme
Pour se donner une légitimité, Basile Ahossi affirme avoir consulté son propre chef, l’ancien président Boni Yayi. La réponse de ce dernier, selon lui, fut sans appel : « Vas-y. » Une permission qui sonne comme un aveu de faiblesse pour un parti en pleine tourmente. Pourtant, le député jure n’avoir jamais voulu que cette histoire s’ébruite. « Je ne voulais pas que cela soit dans l’espace public », insiste-t-il. Il pensait signer un simple parrainage privé. Sa stupeur fut donc « totale » en découvrant sa lettre publiée sur internet. Le coup de théâtre.
Le coup de grâce : « Je ne l’ai même pas lue ! »
Le clou du spectacle ? Sa révélation la plus stupéfiante. Sans donner de détails sur la paternité du texte, Basile Ahossi lâche : « Je ne l’ai même pas lue. Sinon j’aurais sorti certaines phrases. » Un aveu incroyable qui peint le portrait d’un homme berné, ou terriblement imprudent. Résigné, il conclut avec une phrase qui fera date : « Ce n’est pas bien grave, c’est fait. » La naïveté en politique a-t-elle encore sa place ? L’opposition béninoise, elle, en paie aujourd’hui le prix fort.
Damien TOLOMISSI