Cubes de bouillon : Un condiment pratique mais des risques à surveiller
Présents dans de nombreuses cuisines africaines, les cubes de bouillon sont devenus presque incontournables pour relever le goût des repas. Pratiques, accessibles et faciles à utiliser, ils accompagnent quotidiennement les sauces, le riz, les pâtes et d’autres préparations. Mais derrière leur goût prononcé se cache un enjeu de santé, en particulier lorsque leur consommation devient excessive.
Dans de nombreux foyers africains, difficile d’imaginer certaines préparations culinaires sans cube de bouillon. Quelques secondes suffisent pour en ajouter un ou plusieurs dans une sauce afin de lui donner davantage de goût. À Cotonou comme dans plusieurs villes africaines, ces petits cubes occupent une place importante dans les habitudes alimentaires. Leur facilité d’utilisation et leur prix relativement accessible expliquent en partie leur popularité. Pour certaines familles, ils permettent également de renforcer rapidement la saveur d’un plat lorsque le temps manque pour préparer un bouillon à base d’ingrédients frais. Mais cette habitude soulève une interrogation : savons-nous réellement ce que nous consommons lorsque nous ajoutons régulièrement ces produits à nos repas ?
Les cubes de bouillon sont des produits alimentaires transformés. Leur composition varie selon les marques et les recettes mais ils peuvent contenir notamment du sel, des matières grasses, des exhausteurs de goût, des arômes et différents additifs alimentaires. Le principal élément qui mérite l’attention est le sodium, dont le sel de table est une source importante. Or, une consommation excessive de sodium est associée à une augmentation de la pression artérielle et à un risque accru de maladies cardiovasculaires. Le problème ne vient donc pas nécessairement d’un cube consommé occasionnellement. C’est surtout l’accumulation du sel provenant de l’ensemble de l’alimentation qui doit être surveillée.
L’utilisation répétée de cubes de bouillon peut contribuer à augmenter la quantité de sodium consommée au cours de la journée, particulièrement lorsque les plats sont déjà fortement salés. Une consommation excessive de sodium peut favoriser l’hypertension artérielle chez certaines personnes. À long terme, l’hypertension constitue un facteur de risque important pour les maladies cardiovasculaires et rénales. Les personnes qui souffrent déjà d’hypertension ou qui doivent limiter leur consommation de sel ont donc particulièrement intérêt à surveiller les produits utilisés pour assaisonner leurs repas. Il convient toutefois d’éviter les raccourcis : un cube de bouillon n’est pas, à lui seul, responsable d’une maladie. Les risques dépendent de la quantité consommée, de la fréquence, de l’alimentation générale et de l’état de santé de chaque personne.
Faut-il pour autant bannir les cubes de bouillon ?
La question n’est pas forcément de supprimer totalement ces produits, mais plutôt d’en contrôler l’utilisation. Les spécialistes de la nutrition recommandent généralement de limiter la consommation de sel et de privilégier une alimentation variée. Pour donner du goût aux repas, les ménages peuvent également utiliser davantage d’ingrédients tels que l’ail, l’oignon, le gingembre, les tomates, les herbes aromatiques, le poivre, les épices et les légumes. Lire les informations nutritionnelles figurant sur les emballages permet aussi de comparer les produits et de choisir ceux qui contiennent moins de sodium lorsque cela est possible. Dans les cuisines africaines, le goût occupe une place importante. Réduire les cubes de bouillon ne signifie donc pas nécessairement manger des plats fades. Au contraire, cette démarche peut être l’occasion de redécouvrir les saveurs naturelles des aliments et les nombreuses épices utilisées traditionnellement dans nos cuisines. Le véritable enjeu est finalement celui de la modération et de l’équilibre alimentaire. Le petit cube qui parfume nos plats n’est pas forcément à bannir, mais il mérite d’être utilisé avec mesure. Dans l’assiette comme ailleurs, le plaisir du goût ne devrait pas faire oublier la santé.
Milca Bona Gani KINNOU



