Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Le travail, une prière en action »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Le travail, une prière en action »

Au cœur du Bénin, une sagesse ancestrale, à la fois simple et profonde, murmure le secret d’une vie épanouie. Elle se résume en deux mots : Dadah Bokpè Houézrèhouèkè. Bien plus qu’un proverbe, c’est un principe de vie, un guide lumineux pour quiconque cherche à donner un sens à son labeur quotidien. Son message ? Votre travail est bien plus qu’un gagne-pain : il est le terrain sacré où se joue votre destinée spirituelle.

Mon premier enseignement est sans équivoque : « Celui qui ne travaille pas sert le diable. » Une affirmation forte, qui peut surprendre, mais dont la profondeur est immense. Ici, l’oisiveté n’est pas simplement considérée comme un défaut ou une paresse. Elle est perçue comme une force active de négation, un vide qui, laissé en friche, devient un terrain fertile pour les pensées négatives, la jalousie, l’amertume et la destruction. Ne rien faire, c’est laisser son esprit et son énergie se corrompre. C’est, en quelque sorte, servir des forces contraires à la vie et à la croissance. Le travail, au contraire, est ce qui nous structure, nous ancre dans la réalité et nous donne une dignité. Il est le premier rempart contre le chaos intérieur. Se lever chaque matin avec un objectif, c’est déjà affirmer sa volonté de participer à l’œuvre de la création.

Mais attention, je ne vous contente pas de vous enjoindre à travailler. Raison pour laquelle, je précise le comment avec une grâce remarquable. La qualité de votre travail est tout aussi importante que le fait de travailler lui-même. Il s’agit d’« aimer son travail ». Trouver de la joie et de la fierté dans ce que l’on fait, même dans les tâches les plus modestes, c’est y mettre une part de son âme. C’est transformer un métier en vocation, un devoir en passion. Un cultivateur qui aime la terre, un artisan qui aime la matière, un enseignant qui aime transmettre… leur travail devient alors un acte d’amour, et donc, un service divin.

Le poison de la jalousie et l’antidote de la sérénité

Le deuxième pilier de cette sagesse est tout aussi crucial : « ne pas jaloux point ni envier son prochain ». La jalousie est le poison qui corrode la beauté du travail. Elle détourne notre regard de notre propre chemin pour le fixer avec amertume sur celui des autres. Elle nous vole notre énergie et notre paix intérieure. Envier le succès d’un autre, c’est implicitement rejeter le plan que la Providence a pour nous. C’est dire : « Je sais mieux que la vie ce qui est bon pour moi. » C’est pourquoi je nous invite au contraire à une confiance absolue. En se concentrant sur son propre jardin, en l’arrosoir avec amour et persévérance, on fleurit là où l’on a été planté, sans se soucier des roses du voisin. Cette sérénité est la clé d’un travail fécond et paisible.

La prière ultime : «Que Ta Volonté Soit Faite»

Enfin, la sagesse atteint son apogée avec la dimension spirituelle. Lorsque l’on combine un travail assidu, accompli avec amour et un cœur libéré de la jalousie, alors notre vie devient une offrande. La prière qui en découle naturellement est : « Que Ta Volonté Soit Faite ». Cette phrase n’est pas une résignation passive, mais un acte de foi puissant. Cela signifie : « J’ai fait de mon mieux, j’ai mis toute mon ardeur et mon intégrité dans mon travail. Maintenant, je fais confiance à l’Univers, à Dieu, à la Providence, pour faire fructifier mes efforts selon un plan plus grand que le mien. » C’est à ce moment précis que la magie opère. En lâchant prise sur le résultat tout en restant irréprochable dans l’action, nous nous alignons avec les forces cosmiques de l’abondance. La Providence, alors, peut agir librement dans notre vie, souvent de manière inattendue et bien plus généreuse que nous n’aurions pu l’imaginer.

Alors, dès l’instant, lorsque vous vous mettrez à votre table, à votre atelier ou à votre champ, souvenez-vous de cette sagesse béninoise. Travaillez avec amour, bannissez la jalousie, et confiez le résultat à une force supérieure. Vous ne servez plus seulement un patron ou un client ; vous participez, à votre échelle, à une symphonie divine. Et c’est peut-être là le plus beau des salaires.

Réflexion de DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE

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