Edito : La Saison de l’Opportunisme Politique
Ils ont plusieurs attributs et différentes qualifications : « retourneurs » de veste, profiteurs d’occasions, saisisseurs de circonstances, girouettes politiques, caméléons électoraux… l’objectif reste constamment le même. Changer de camp et d’opinion par intérêt et non en vertu de principes moraux afin de saisir une occasion ou éventuellement pour échapper à une menace quelconque.
Les variations fréquentes de positions en fonction du rapport de force politique, ou du contexte électoral ou même des sondages de popularité, pour des profits purement égoïstes et sans aucune vision pour l’avenir du pays et le bien-être des citoyens, représentent l’exemple le plus frappant de l’opportunisme et de l’arrivisme politique. Une attitude qui consiste à régler une conduite déterminée selon les circonstances du moment, que l’on cherche à utiliser toujours au mieux des intérêts exclusivement personnels.
Le Prix Nobel d’économie Williamson définit l’opportunisme comme étant un comportement stratégique reposant sur des manœuvres sans morale ni éthique pour obtenir un gain particulier, un bénéfice propre (propre, dans le sens de personnel évidemment). C’est, en d’autres termes, le comportement d’un Homme sans conviction qui a perdu de vue tout principe et toute norme.
Une définition qui encourage à réfléchir sur les « valeurs » qui motivent l’action de plusieurs de ceux qui se considèrent comme les guides afin de pouvoir choisir entre la bonne semence et la mauvaise herbe et surtout en vue de savoir trier entre ce qui est bénéfique pour la collectivité et ce qui lui est nuisible.
Il suffit de penser à ces carriéristes présomptueux, ces loups de la politique politicienne dont le comportement constitue souvent une offense à l’intelligence de tout un peuple. Ne sont-ils pas précisément ceux qui cherchent, sous des slogans prenants (mais fallacieux à coup sûr), à satisfaire avant tout leurs ambitions personnelles nonobstant l’intérêt général et le bien public ? Au lieu de transcender profits et bénéfices pour servir une cause nationale et une population dans son ensemble, il se plaît dans cette vision ténébreuse. Et dans le même ordre d’idée, tout doit être matière à profit et tout renoncement doit se monnayer. Et le comble de l’arrogance, c’est lorsque ces professionnels de la manipulation et de la tromperie se permettent, d’une façon pompeuse et rien de plus théâtrale, de donner aux pauvres citoyens qu’ils sont des leçons de conduite et de morale.
Iris Sedjro GBEGAN