Elimination en huitièmes de finale des Guépards par les Pharaons : Le Bénin vaincu mais grandi

 Elimination en huitièmes de finale des Guépards par les Pharaons : Le Bénin vaincu mais grandi

Le coup de sifflet final a sonné, scellant le destin des Guépards du Bénin en huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des Nations. Face aux Pharaons d’Égypte, expérimentés et portés par leur star Mohamed Salah, le score de 3-1 après prolongations pourrait laisser penser à une défaite amère. Pourtant, en quittant la compétition, l’équipe béninoise a offert bien plus qu’un simple résultat, une démonstration éclatante de cœur, de rendement et d’une débauche d’énergie qui force le respect et trace la voie de l’avenir.

Dès l’entame de la rencontre, le ton était donné. Face à une équipe égyptienne très tactique, les Guépards ont déployé une intensité physique et mentale remarquable. La première mi-temps, stérile sur le plan du score (0-0), fut tout sauf un spectacle pauvre. C’était un étau, un pressing organisé et courageux qui a étouffé les égyptiens, les empêchant de dérouler leur jeu. Cette première période symbolise à elle seule le pari des Béninois, compensé par une dépense énergétique monumentale et un jeu plaisant. Chaque compartiment du jeu, de la défense, milieu de terrain et l’attaque, ont fait de leur mieux. Une débauche d’énergie, oui, mais loin d’être vaine.

Car cette énergie, les Guépards l’ont convertie en rendement footballistique. Leur résilience après l’ouverture du score égyptienne à la 69e minute en est la preuve la plus éclatante. Alors que beaucoup d’équipes auraient plié sous le coup de la décision de Marwan Attia, le Bénin a redoublé d’ardeur. Cette ténacité fut récompensée à la 82e minute par Jodel Dossou, dont l’égalisation n’était que la matérialisation logique de la pression constante exercée. L’équipe n’a pas attendu un miracle, elle l’a construit minute après minute, par l’effort collectif.

Même dans la douleur des prolongations et du but de la tête de Yasser Ibrahim à la 96e minute et de Mohamed Salah dans les extra-times de la deuxième partie des prolongations, les Guépards n’ont pas désarmé. Jusqu’au dernier souffle, ils ont cherché, poussé, tenté. Cette élimination « les armes à la main », comme le souligne si justement l’adage, est l’exact opposé d’une capitulation. Le rendement est ici mesurable non pas au nombre de trophées mais à la somme d’honneur, de fierté et de leçons engrangées. Ils ont poussé l’une des favorites au bout de ses limites, exposant ses failles et magnifiant leurs propres qualités.

Certes, l’exploit des quarts de finale de 2019 n’a pas été réédité. Mais cette campagne 2025 et ce match en particulier, possèdent une saveur différente, peut-être même plus significative. Elle consolide l’image d’un Bénin solide, combatif, impossible à balayer d’un revers de main. Olivier Verdon et ses coéquipiers ont incarné l’esprit guerrier. Ils ont montré que le football moderne, souvent dominé par le calcul tactique, laisse encore une place primordiale à la valeur morale, à l’abnégation et à la force du collectif.
Les Guépards quittent la compétition la tête haute. Leur débauche d’énergie a été le carburant d’un rendement exceptionnel, celui d’avoir grandi dans l’adversité, d’avoir uni une nation derrière eux, et d’avoir écrit une nouvelle page héroïque du football béninois. Ils ne ramènent pas de médaille, mais ils emportent avec eux l’estime de tout le continent. Le Bénin a prouvé qu’il est désormais une équipe à compter, non par sa notoriété, mais par la trempe infaillible de ses guerriers.

Damien TOLOMISSI

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