Guinée-Bissau : U. Umaro Sissoco Embalo annonce son retour
Écarté du pouvoir par le coup d’État militaire de novembre 2025, Umaro Sissoco Embaló entend renouer avec la magistrature suprême. L’ancien président bissau-guinéen a officiellement annoncé sa candidature à la présidentielle du 6 décembre 2026. Fort d’une expérience politique, diplomatique et militaire, il compte notamment s’appuyer sur son réseau politique et sur les acquis revendiqués de son passage au pouvoir pour reconquérir la confiance des électeurs.
Le retour dans l’arène politique est désormais annoncé. Umaro Sissoco Embaló veut de nouveau présider aux destinées de la Guinée-Bissau. Depuis Brazzaville, où il séjourne depuis son éviction du pouvoir, l’ancien chef de l’État a confirmé, le 28 septembre, son intention de participer à la prochaine élection présidentielle. « Oui, je serai candidat », a-t-il déclaré à Jeune Afrique. Il prévoit de regagner son pays le 4 octobre, à deux mois du scrutin fixé au 6 décembre.
Cette nouvelle candidature s’inscrit dans la continuité d’un parcours politique marqué par une ascension progressive et une forte présence sur la scène diplomatique africaine.
Un parcours politique et diplomatique qui constitue son principal capital
Né le 23 septembre 1972 à Bissau, Umaro Sissoco Embaló possède une formation universitaire en relations internationales et en sciences politiques. Son parcours militaire, ses expériences dans les questions de sécurité nationale et ses fonctions de conseiller auprès de plusieurs dirigeants africains ont contribué à façonner son profil de responsable politique tourné vers les relations internationales.
Avant d’accéder à la présidence, il a notamment occupé les fonctions de Premier ministre, de novembre 2016 à janvier 2018. Élu président de la République en 2019, il a été investi le 27 février 2020.
Son passage à la tête de l’État lui a également permis de s’imposer dans les instances régionales. En juillet 2022, il prend la présidence de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO. Une responsabilité qui lui a offert une visibilité diplomatique supplémentaire et renforcé son expérience des dossiers régionaux.
Des soutiens politiques à remobiliser
La capacité de rassemblement constitue un autre élément de son parcours. Lors de la présidentielle de 2019, Umaro Sissoco Embaló avait bénéficié d’une coalition politique élargie. Après avoir obtenu environ 28 % des suffrages au premier tour, il avait notamment rallié 18 formations de l’opposition ainsi que plusieurs personnalités politiques influentes, dont l’ancien président José Mário Vaz. Il avait finalement remporté le second tour avec 53,55 % des voix, selon les résultats annoncés par la Commission électorale.
Cette expérience de coalition représente un précédent politique important. Pour la prochaine échéance, l’ancien président entend porter une « Plateforme républicaine ». Toutefois, la composition de ses nouveaux soutiens et l’ampleur de la mobilisation autour de sa candidature restent à préciser.
Un bilan économique entre acquis et défis persistants
Sur le plan économique, le mandat d’Umaro Sissoco Embaló a été marqué par des efforts de stabilisation macroéconomique et une coopération avec les partenaires financiers internationaux, notamment le Fonds monétaire international.
La filière de la noix de cajou, pilier de l’économie bissau-guinéenne, a continué de jouer un rôle déterminant dans les performances économiques du pays. Les indicateurs de croissance ont connu des évolutions favorables durant certaines périodes de son mandat, soutenues notamment par les exportations agricoles.
Son action diplomatique et son implication dans les mécanismes de coopération régionale constituent également des éléments de son bilan. Le renforcement de la présence de la Guinée-Bissau dans les échanges régionaux et internationaux figurait parmi les dimensions visibles de sa présidence.
Cependant, ces avancées macroéconomiques n’ont pas nécessairement entraîné une amélioration équivalente des conditions de vie de toutes les populations. Les difficultés d’accès aux services de santé et à l’éducation, la dépendance économique à la noix de cajou, les fragilités institutionnelles et la persistance de l’instabilité politique ont continué de peser sur le développement national.
Un retour dans un contexte politique délicat
L’ambition présidentielle d’Umaro Sissoco Embaló intervient dans un environnement institutionnel particulièrement sensible. Le coup d’État militaire du 26 novembre 2025, qui a interrompu le processus électoral, a profondément bouleversé la vie politique du pays.
Son retour annoncé et sa volonté de reprendre la compétition électorale ouvrent ainsi une nouvelle séquence politique. L’ancien président devra notamment compter avec les autres forces politiques, les attentes de la population et les conditions institutionnelles de la transition.
Le 6 décembre prochain, les électeurs bissau-guinéens seront appelés à se prononcer sur l’avenir de leur pays. Pour Umaro Sissoco Embaló, l’enjeu sera de transformer son expérience du pouvoir, son réseau politique et son projet de retour en une nouvelle dynamique électorale.
Un retour au sommet de l’État reste son ambition. La suite dépendra désormais du processus électoral et du choix des Bissau-Guinéens.



