Jonathan Maurisson : « Notre sport peut empêcher l’exode des talents »

 Jonathan Maurisson : « Notre sport peut empêcher l’exode des talents »

Jonathan Maurisson, promoteur de la CAM Bénin 2025, dévoile les contours de la première édition de cette compétition de « foot goal ». Reportée et repensée, l’événement adopte un format resserré et une discipline entièrement nouvelle pour s’adapter aux réalités du terrain. Dans cet entretien accordé à la presse locale, Jonathan Maurisson expose sa vision ambitieuse : structurer et professionnaliser ce sport « né en Afrique » afin d’en faire un levier d’émancipation pour la jeunesse, tout en annonçant des projets continentaux et mondiaux. Lisez plutôt !!!!

La CAM Bénin 2025 est donc actée pour fin 2025. Pouvez-vous nous détailler le déroulement de la compétition ?

Effectivement, la CAM Bénin se tiendra du 15 novembre au 6 décembre 2025. Pour cette première édition, nous aurons huit équipes en lice. Le format initial a dû être revu à la baisse en raison de plusieurs contraintes, notamment l’indisponibilité du Hall des Arts que nous visions initialement. Nous avons donc fait le choix de nous concentrer sur les huit équipes les plus prêtes pour garantir une compétition de qualité.

En moins de deux mois, le projet a pas mal évolué. Quelles sont les principales nouveautés ?

Beaucoup de choses ont effectivement changé. Notre idée de départ était de créer une nouvelle discipline, mais nous hésitions. Les réalités du terrain nous ont finalement convaincus que c’était la seule voie possible pour assurer notre croissance et notre pérennité. Ainsi, presque tout a été repensé : les lois du jeu, le format de la compétition et bien sûr les dates. C’est une refonte presque complète.

Concrètement, combien de joueurs composeront les équipes et quelle sera la durée des matchs ?

Sur le terrain, ce sera quatre joueurs de champ et un gardien. Mais l’effectif total de chaque équipe sera de 13 joueurs.

Au-delà de la compétition nationale, vous évoquiez un projet à l’échelle africaine. De quoi s’agit-il ?

Il s’agit du « foot goal », la version professionnelle du football de rue, ce « petit camp » que tous les jeunes africains pratiquent. Après avoir organisé en Côte d’Ivoire trois éditions de la plus grande compétition sportive de son histoire, avec les plus grosses cagnottes jamais distribuées, nous avons mesuré le potentiel immense de ce sport. C’est une véritable mine d’or pour la jeunesse.

Notre objectif est de poser des bases professionnelles solides pour structurer cette discipline. Nous voulons que les jeunes puissent en vivre, et attirer l’intérêt des entreprises, des institutions et des gouvernements. Ce sport est né en Afrique, il est parfaitement adapté à nos réalités et c’est le plus pratiqué sur le continent. Il n’y a aucune raison de ne pas le développer. Si nous y parvenons, ce sont nos frères, nos enfants, même ceux qui ne sont pas encore nés, qui en bénéficieront.

Je suis souvent frustré de voir des jeunes Africains acheter en masse les maillots du Real Madrid ou du Barça, des clubs qui représentent des villes situées à des milliers de kilomètres. Pourtant, nous avons nos propres villes, nos propres quartiers, nos propres talents que nous négligeons au profit de compétitions étrangères. C’est un véritable appel à un éveil des consciences pour le développement de notre propre écosystème sportif.

Justement, quelles mesures avez-vous prises pour garantir la sécurité et le bon déroulement de l’événement ?

Nous collaborons avec une agence sérieuse et expérimentée au Bénin, l’agence Île Sacrée, qui possède une solide expertise en organisation événementielle. Forts de notre expérience en Côte d’Ivoire, nous avons pris toutes les mesures nécessaires. Je ne pourrai pas toutes les détailler ici, mais le public trouvera plus d’informations dans le replay vidéo de notre conférence de presse.

Le lieu a donc changé. La compétition se tiendra au Centre Soweto. Que retenir des discussions autour de ce nouveau lieu ?

Cela marque une nouvelle orientation. Dès les prochaines éditions, seules les finales se joueront peut-être dans des arènes. Nous voulons surtout aller à la rencontre des populations dans leurs quartiers. L’idée est de professionnaliser ce sport avec des championnats aller-retour, où une équipe se déplace pour affronter une autre dans son fief.

Avec cette organisation, nous visons la création d’une Coupe d’Afrique qui rassemblera les capitales du continent, et nous envisageons même une Coupe du Monde en 2028. Nous avons pris toutes les mesures pour encadrer, professionnaliser et développer ce sport. Maintenant, nous comptons sur les joueurs, les journalistes, les entreprises et les institutions pour participer à cet élan. Seuls, nous n’y arriverons pas.

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