Nouvelle carte des passeports africains : Le Bénin, terre d’accueil et de mobilité

 Nouvelle carte des passeports africains : Le Bénin, terre d’accueil et de mobilité

Le classement annuel des passeports africains les plus puissants, dominé par les Seychelles et Maurice, met en lumière les dynamiques de la mobilité sur le continent. Si le Bénin (15ème au classement africain) ne figure pas dans le top 10, son passeport révèle une trajectoire intéressante, marquée par une politique volontariste d’intégration régionale et une ouverture croissante. Au-delà d’un simple document de voyage, il incarne les ambitions et les défis du pays sur la scène internationale.

En 2026, la force du passeport béninois se mesure par son accès facilité à 70 destinations dans le monde. Cette mobilité se décompose comme suit : Accès sans visa préalable : 34 pays ; Visa délivré à l’arrivée : 35 pays ; Autorisation de voyage électronique (eTA) : 1 pays. Ce score lui confère un Mobility Score de 70 sur 100 et le classe au 76ème  rang mondial sur l’échelle du Passport Index 2026.

En effet, la véritable force du passeport béninois réside dans son rayonnement continental. Selon une synthèse officielle, les ressortissants béninois bénéficient d’un accès sans visa ou à l’arrivée dans 35 pays africains. Pays africains accessibles sans visa (liste partielle) : Afrique du Sud, Burkina Faso, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Maurice, Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Togo, Tunisie.

Pays africains accessibles avec visa à l’arrivée (liste partielle) : Burundi, Comores, Congo-Brazzaville, Éthiopie, Malawi, Mozambique, Namibie, Tanzanie, Tchad. Cette politique de facilitation, pilotée par le Ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, s’inscrit dans une logique de réciprocité.

Perspectives et limites de la mobilité internationale

Si l’ouverture africaine est notable, l’accès à d’autres régions du monde demeure soumis à des procédures. L’Europe, l’Amérique du Nord et une grande partie de l’Asie (comme la France, le Canada, le Japon ou la Chine) exigent généralement un visa délivré avant le départ pour les détenteurs d’un passeport béninois ordinaire.

Dans certains cas, la détention d’un visa valide pour les États-Unis, le Royaume-Uni ou l’espace Schengen peut simplifier l’obtention d’un visa pour d’autres destinations (comme l’Albanie ou le Costa Rica).

Le Bénin, terre d’accueil : une politique de réciprocité

Cette analyse serait incomplète sans évoquer la politique d’entrée sur le territoire béninois lui-même. En miroir de ses efforts diplomatiques, le Bénin a instauré un système d’e-Visa simplifié pour les visiteurs internationaux. La plupart des voyageurs, quelle que soit leur nationalité, doivent obtenir ce visa électronique avant leur arrivée, le visa à l’aéroport n’étant plus disponible. Cette mesure, associée à la levée des restrictions sanitaires liées au COVID-19, vise à structurer et sécuriser les flux touristiques et d’affaires.

Une trajectoire qui reflète une ambition

Le passeport béninois de 2026 raconte une histoire en deux temps. D’un côté, une intégration africaine réussie, qui place le pays en acteur central de la libre circulation sur le continent. De l’autre, une mobilité extra-africaine qui reste à conquérir, reflétant les défis diplomatiques et économiques partagés par de nombreux États. Avec sa politique de suppression de visa pour tous les Africains et le développement de son e-Visa pour les visiteurs étrangers, le Bénin montre sa volonté de jouer un rôle de pont. L’évolution future de la puissance de son passeport dépendra de sa capacité à transformer cette ouverture en levier de croissance et d’influence durable.

Damien TOLOMISSI

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