Paroisse Saint-Paul Ko-Dogba : Une histoire qui dure depuis 100 ans

 Paroisse Saint-Paul Ko-Dogba : Une histoire qui dure depuis 100 ans

Avant que les cloches de l’église chrétienne ne sonnent, Ko-Anagodo était déjà un sanctuaire de vénération du divin. Les peuples autochtones adoraient Dieu selon leur tradition et coutumes. Cent ans plus tard, le Christ y répand le salut à travers la paroisse Saint-Paul. Elle fête ses noces d’eau cette année par une mémorable célébration ce dimanche 7 septembre 2025.

Les fidèles de l’église catholique Saint-Paul Ko-Dogba sont en fête. Ils célèbrent le centenaire de l’implantation de leur paroisse. L’événement s’annonce solennel avec bien évidemment du spirituel mais aussi à travers une liesse dans populaire. A l’occasion de cette commémoration, l’histoire de Ko-Anagodo mérite d’être contée pour ma postérité.

De l’origine….

Ko-Anagodo ! Ce  nom, aux résonances profondes, signifie en langue locale « là où I’on s’est établi après avoir été conduit ». Il témoigne d’un choix spirituel car le village prit racine dans l’épopée de Houantonon, originaire de Kouti, vaillant combattant du roi Béhanzin, survivant du combat de Dogba. Après son évasion miraculeuse avec une femme enceinte, Houantonon trouva refuge dans un champ reculé, franchissant quotidiennement un marécage qu’il traversait grâce à un pont de fortune. Ce lieu deviendra « Un to ana Godo », littéralement « il est derrière le pont », nom qui évoluera en Ko- Anagodo, raconte la légende. Son installation attira d’autres figures comme Erikitan Adjagba, chasseur mystique venu du Nigeria qui nomma le territoire Iko (hameau), Akpaï de Sakété, Hounkanlin de Kotoklomè, Akonde et d’autres. Ensemble, ces hommes fondèrent un noyau humain et spirituel, mêlant chasse, rites et alliances ancestrales. Le village prit forme comme un espace sacré, façonné par des signes du Fâ, des divinités tutélaires et une profonde quête du divin. Avant I’Évangile, chaque lignée érigeait des représentations totémiques. Avec le temps, la population s’agrandit, donnant naissance à une multitude de maisons et de dynasties : Axivinu, Dohwenu, Kpoyenu, Hwayenu, Tosonu, entre autres.

…à l’évangélisation

En 1925, une nouvelle lumière illumine les collines de Ko-Anagodo. L’évangile y fait son entrée grâce à Épiphane Dochamou, petit-fils du chasseur Akpaï, revenu du Nigeria, converti au catholicisme. Avec Joseph Ahounou Assogba, son frère dans la foi, ils fondent une première communauté de prière au pied de l’arbre ancestral Goutin, autrefois lieu de culte à la divinité Ogou. L’ère de l’expansion Touché à son tour, Sovi Hounkanrin offre un terrain pour construire la première chapelle en terre battue. Elle est couverte en 1925 par le patron du charpentier Pascal Dochamou, devenant la deuxième église catholique de la commune après celle de Banigbé. Le 19 mars 1925, jour de la fête de Saint-Joseph, la chapelle est consacrée sous son patronage. Figure de discrétion, de fidélité et de travail, Saint-Joseph incarne les valeurs profondes de la communauté chrétienne de Ko-Anagodo. Grâce à l’appui de catéchistes comme Lucien Koumoulou, Pierre Houngbédji (père de l’actuel archevêgue de Cotonou), François Amoussou, Émile Ahouanssé, Jean et Épiphane Dochamou, la mission croit rapidement. La chapelle, devenue trop étroite, est reconstruite en dur dès 1993. La gouvernance spirituelle, quant à elle, s’est transmise fidèlement : Joseph Assogba, Appolinaire Djissou, Emmanuel Dochamou, Anselme Monno, Yémalin Edmond Akondé, jusqu’à Yémalin Léon Gboïki, président actuel. Aujourd’hui, Ko-Anagodo célèbre 100 ans de foi, fruit d’un héritage enraciné dans le courage des pionniers, la fidélité des témoins et la bénédiction du ciel. Saint-Joseph, toujours invoqué, veille sur ce peuple rassemblé autour de l’Évangile et de ses valeurs.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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