L’appel de l’AJDMDB à Romuald Wadagni. : Six leviers et une frontière à rouvrir

 L’appel de l’AJDMDB à Romuald Wadagni. : Six leviers et une frontière à rouvrir

« C’est avec un immense plaisir et fierté que le peuple a répondu favorablement à notre appel à vous porter à la magistrature suprême de notre pays. » Cette phrase, extraite d’une lettre solennelle adressée au nouveau chef de l’État, résume l’état d’esprit de l’Association des Jeunes Déclarants et Mandataires en Douane du Bénin (AJDMDB). Alors que la Cour Constitutionnelle vient de confirmer les résultats de l’élection présidentielle, les hommages continuent d’affluer vers Romuald Wadagni. Cette organisation professionnelle a choisi de marquer l’événement avec une attention particulière, mêlant félicitations et propositions concrètes pour améliorer le secteur portuaire et douanier.

Le ton de la correspondance se veut à la fois respectueux et enthousiaste. L’association ne cache pas sa joie. Elle rappelle qu’elle n’a pas attendu la proclamation officielle pour soutenir la vision du vainqueur. Dès la campagne électorale, elle avait appelé les citoyens à faire confiance à ce projet ambitieux pour le Bénin. Aujourd’hui que la victoire est acquise et validée par la plus haute instance judiciaire, l’AJDMDB réaffirme sa fidélité et sa détermination à accompagner le nouveau pouvoir.

Mais l’organisation ne s’arrête pas aux simples compliments. Forte de son expérience de terrain, elle a identifié six leviers stratégiques pour que les engagements pris durant la campagne se concrétisent rapidement dans le secteur portuaire et douanier. Le premier levier concerne la formalisation du secteur. L’association insiste sur le recensement des acteurs portuaires évoluant dans l’informel. Selon elle, cette étape est cruciale pour la sécurité nationale, la protection des marchandises des clients et l’optimisation des recettes de l’État. Le deuxième levier porte sur la réorganisation des ventes aux enchères publiques. L’AJDMDB propose une refonte du comité dédié ainsi que l’instauration de conditions claires permettant aux importateurs de participer activement à ces ventes, garantissant ainsi transparence et efficience.

Le troisième levier concerne l’actualisation de la gouvernance de la filière transit. L’association préconise un élargissement du comité de suivi des véhicules d’occasion aux acteurs portuaires directs pour une gestion plus inclusive et réactive. Le quatrième levier est celui de l’optimisation de la circulation portuaire. Sur ce point, l’AJDMDB affirme avoir élaboré un projet technique structuré prêt à être soumis au président. Le cinquième levier touche à l’intégrité opérationnelle. L’association demande un suivi rigoureux de l’application des textes pour éradiquer les faux frais régulièrement introduits par certains acteurs. Elle précise : « des pratiques que nous n’avons eu de cesse de dénoncer. » Enfin, le sixième levier propose le renforcement de la sécurité via Interpol. L’AJDMDB souhaite que le contrôle d’Interpol soit étendu à l’intégralité du manifeste pour tous les véhicules, et non plus seulement pour ceux mis en consommation. Cette mesure vise à lutter efficacement contre l’importation de véhicules volés.

Au cœur de ces demandes techniques, une attente se dégage avec une force particulière. L’AJDMDB souhaite et espère l’ouverture rapide de la frontière avec le Niger. L’association écrit à ce sujet : « cela permettra une fluidité dans nos activités et l’augmentation des recettes pour l’Etat central. » Cette phrase résume un enjeu majeur pour les professionnels de la douane et du transit. La fermeture de cette frontière a pesé lourdement sur les échanges commerciaux, sur les délais de passage des marchandises et sur la prévisibilité des revenus pour les acteurs économiques. Rouvrir ce passage, c’est renouer avec un flux naturel d’échanges qui bénéficie à toutes les parties prenantes, du petit déclarant aux grandes administrations.

Cette aspiration rejoint les déclarations récentes du nouveau président lui-même. Romuald Wadagni, qui prendra officiellement ses fonctions le 24 mai 2026, a martelé pendant la campagne une idée simple mais puissante. « Nous devons nous parler, nous n’avons pas le choix », affirmait-il récemment. Et d’ajouter : « Nous saisirons l’occasion d’aller encore vers nos voisins qui peinent à nous faire confiance. » Ces mots montrent une volonté politique claire de renouer le dialogue régional et de reconstruire des liens fragilisés par les crises et les malentendus. L’ouverture de la frontière avec le Niger s’inscrit naturellement dans cette démarche de reconquête de la confiance entre voisins.

Au terme de cette lettre riche en propositions, l’association réaffirme sa fidélité au nouveau président. Elle écrit : « L’AJDMDB réaffirme son engagement total à vos côtés pour faire de notre plateforme portuaire un modèle de performance et de transparence dans la sous-région. » Avant de conclure par des vœux de succès pour le mandat à venir. Par cette démarche, l’AJDMDB montre qu’une société civile organisée et compétente peut être un partenaire précieux pour l’action publique. Reste à savoir comment ces propositions seront accueillies par les nouvelles autorités. Mais une évidence se dessine : le dialogue est ouvert et la main tendue. Entre les six leviers techniques et l’espoir d’une frontière rouverte,  l’AJDMDB place sa confiance dans un avenir de fluidité, de transparence et de coopération régionale.

Damien TOLOMISSI

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