Halte aux départs vers le Golfe : Le Bénin protège ses travailleurs

L’ambassade du Bénin au Koweït a rendu public un message officiel portant la référence 365/ABK/CM/MC/PS/SP/26, signé le 19 octobre 2026. Ce message annonce une décision forte. Les départs de travailleurs béninois vers le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn sont suspendus immédiatement. La mesure concerne la mise en route des candidats, autrement dit le moment où le dossier passe de la promesse au voyage.
Cette pause ne sort pas de nulle part. Elle entre dans les réformes que le gouvernement béninois mène pour nettoyer et mieux encadrer les filières de placement à l’étranger. Depuis longtemps, beaucoup de migrants de cette région rencontrent des abus et des emplois précaires. Des personnes parties avec un contrat se retrouvent parfois dans des conditions très dures, loin de ce qui leur avait été promis. Les autorités veulent donc revoir les mécanismes d’encadrement afin de protéger les expatriés et de sauvegarder leur dignité.
La décision touche toute la chaîne administrative en amont. Le message diplomatique précise que le gel s’étend formellement à tout acte capable d’aider à organiser ou à réaliser ces départs. Il vise notamment la certification et l’authentification des casiers judiciaires demandés dans les procédures de recrutement professionnel. Concrètement, les démarches qui préparent un départ vers ces pays ne doivent plus avancer. Un dossier en cours ne doit pas être transmis, une pièce ne doit pas être validée, et une promesse d’embauche ne doit pas servir à faire voyager quelqu’un tant que le nouveau cadre n’est pas en place.
Face aux réseaux parallèles et aux tentatives de contournement, l’ambassade lance un appel ferme. Elle demande à la communauté béninoise établie dans ces pays et aux candidats au départ de respecter strictement cette directive. Elle invite aussi chacun à attendre la mise en place du nouveau cadre réglementaire qui régira le travail à l’étranger. Cette attente n’est pas un caprice. Elle doit permettre de remettre de l’ordre, de connaître les intermédiaires, de vérifier les contrats et de mieux suivre les travailleurs une fois arrivés.
Pour les familles, le message est simple. Avant de payer une somme, confier un passeport, et croire à une belle promesse, il faut vérifier si le départ est autorisé. Les agences doivent comprendre que la pause concerne aussi leurs actions. Les candidats doivent savoir que la prudence est désormais une règle. Le Bénin ne ferme pas la porte au travail à l’étranger. Il veut plutôt ouvrir une porte plus sûre, avec des règles claires et des travailleurs mieux défendus. La suspension n’est donc pas une fin. C’est une étape pour bâtir un départ plus juste et plus humain.
Arnaud ACAKPO (Coll)












