Patrice Talon au Sénat : « Je ne vais pas me dérober »
Le président Patrice Talon a accompli son dernier devoir civique en tant que chef de l’État le dimanche 12 avril 2026 à Cotonou. À l’issue de son vote pour l’élection présidentielle, il a exprimé une grande satisfaction quant au déroulement du scrutin et au climat politique observé ces derniers mois dans le pays. À quelques semaines de la fin de son second mandat, le chef de l’État a salué ce qu’il considère comme une évolution majeure de la vie démocratique béninoise.
En sortant du centre de vote, Patrice Talon n’a pas caché son contentement. Il a mis en avant l’atmosphère particulière qui a accompagné l’ensemble du processus électoral engagé depuis plusieurs mois. « Depuis novembre décembre, nous avons tous assisté dans tout le pays entier à un processus électoral », a-t-il rappelé. Il faisait ainsi référence aux différentes consultations qui ont permis le renouvellement des instances législatives, communales et désormais présidentielle.
Pour le président sortant, le fait le plus marquant de cette séquence reste avant tout le climat observé sur le terrain. Il a évoqué une « ambiance extraordinaire », marquée par la fraternité et la convivialité sur l’ensemble du territoire national. Il y voit le signe d’une maturité politique nouvelle, jamais atteinte auparavant selon lui. Cette atmosphère traduit, à ses yeux, une transformation profonde des pratiques politiques au Bénin. Il a estimé que les acteurs politiques ont désormais tourné le dos aux invectives qui ont longtemps rythmé les confrontations électorales. Le pays vient ainsi de franchir une nouvelle étape de son histoire démocratique.
Patrice Talon a reconnu que les réformes politiques engagées sous son mandat ont suscité, à leurs débuts, des tensions, des inquiétudes et parfois de vives contestations. Il a toutefois assuré qu’elles bénéficient aujourd’hui d’une adhésion plus large de la population. Il considère cette évolution comme la preuve que les changements institutionnels opérés ces dernières années commencent à produire leurs effets. « Le meilleur est à venir pour le Bénin. Mon souhait est de voir de mes yeux un Bénin grand et puissant dans lequel chacun trouvera son compte », a-t-il lancé après avoir glissé son bulletin dans l’urne.
Malgré cette ambiance festive et cette satisfaction affichée, le président béninois a voulu rester vigilant. Face à une affluence encore timide dans plusieurs centres de vote aux premières heures de la matinée, il a lancé un appel appuyé au patriotisme et au civisme des citoyens. Il a mis en garde contre le risque qu’une atmosphère trop joyeuse ou un excès de confidence ne freine la participation électorale. « Il faut que chacun montre bien qu’il est un citoyen et qu’il a joué son rôle dans le développement du pays », a-t-il insisté. Pour lui, chaque voix compte et la mobilisation de tous est essentielle pour conforter la jeune démocratie béninoise.
Interrogé sur son avenir et sur la transition à venir, Patrice Talon s’est montré clair. Il a assuré vouloir aller à la « retraite » et ne cherchera pas « à influencer » son successeur. A la question des professionnels des médias de savoir s’il ira au Sénat après la passation des charges en mai, la réponse de Patrice est sans ambages. « Notre constitution prescrit désormais que tous les anciens présidents siègent au Senat […] Je ne vais pas me dérober à cela. Ce n’est pas ma nature d’ailleurs. Ce serait une faute de se dérober » confie le président Patrice Talon.
Cette déclaration traduit la position délicate d’un chef d’État sortant qui souhaite respecter les institutions tout en conservant une forme de légitimité morale. Quoi qu’il en soit, ce dernier vote présidentiel de Patrice Talon restera comme un moment charnière. Il clôture dix années à la tête du pays. Le pays retient son souffle tout en espérant que l’ambiance fraternelle des derniers mois se prolongera bien au-delà de ce scrutin.
Arnaud ACAKPO (Coll)