Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La lumière du débat apaisé »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La lumière du débat apaisé »

Dans un monde traversé par les tensions et les malentendus, la parole juste est plus précieuse que jamais. Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, sage dont la vision allie profondeur spirituelle et simplicité accessible, nous offre une méditation lumineuse sur l’art du débat. Loin des joutes stériles où chacun veut imposer sa propre lumière, il nous invite à redécouvrir le désaccord comme un chemin possible vers l’unité. Avec des mots clairs et une autorité paisible, il pose les bases d’une communication qui ne sépare pas mais qui rapproche. Voici sa parole.

« Je souhaite poser devant vous une réflexion simple mais profonde sur le débat entre les hommes. Pourquoi est-il nécessaire aujourd’hui de discuter de ce sujet ? Parce que l’humanité vit à une époque de conflit. Partout où tu portes ton regard, tu entends des paroles dures, des jugements rapides, des cœurs fermés. Les gens se parlent, mais ils ne s’écoutent pas. Ils attendent leur tour pour imposer leur pensée, non pour entendre celle de l’autre. C’est là que naît la douleur du monde.

Il faut apprendre à relativiser la lumière du conflit. Je veux dire par là que le désaccord n’est pas une mauvaise chose en soi. Ce qui est mauvais, c’est de ne savoir formuler et communiquer les divergences d’opinion que par la force ou par la fermeture. L’homme, dans son habitude, discute généralement du point de vue de ce qui est à lui et non de ce qui est à l’autre. Il ne reconnaît pas la lumière de l’autre. Il souhaite uniquement que l’on reconnaisse ce qui est propre à lui-même. Voilà le poison du débat ordinaire.

Quelles sont les principales raisons qui amènent les hommes à débattre ?

Une raison majeure réside dans le manque de communication en général. Les gens ne vont pas les uns vers les autres, mais les uns contre les autres. Au lieu de former des rassemblements pour une coexistence pacifique, ils forment des camps opposés. Pour y parvenir, pour que le débat devienne un outil d’union, il est nécessaire de renoncer à l’attitude de fausse fierté. L’harmonie naîtra toujours dans les débats lorsque chacun accepte de déposer son armure devant la porte de la parole.

Nous avons, de diverses manières, oublié de nous regarder nous-mêmes. Nous jugeons l’autre sans avoir fait la paix avec notre propre ombre. Ainsi nous méprisons la lumière de l’autre, simplement parce qu’elle ne ressemble pas à la nôtre. Si nous cherchons l’unité dans les débats, si nous cherchons des compromis sincères, nous réussirons à éviter le conflit. Mais nous vivons dans un monde dual. Le conflit est toujours présent comme une étincelle dans l’air. Il ne s’agit pas de nier cette étincelle, mais d’apprendre à la dépasser. C’est là l’une des principales tâches de l’homme ici-bas. Nous devons apprendre à agir non pas de manière séparatrice, mais de manière unificatrice.

Ainsi, le débat en famille, lorsqu’il est mené de manière unificatrice et que les désaccords sont malgré tout communiqués avec douceur, porte toujours ses fruits. J’ai vu des frères se réconcilier autour d’une table après avoir crié, non parce qu’ils avaient eu raison l’un contre l’autre, mais parce qu’ils avaient enfin choisi de s’écouter. Il suffit d’être honnête avec soi-même et de regarder autour de soi pour reconnaître cette vérité avec certitude. Cette vérité devient encore plus claire lorsque nous observons le monde des diverses fraternités où règnent l’ordre et l’amour. Là, le débat se centre autour de la recherche de l’unité. Il devient une nécessité fondamentale. Ces fraternités sont proches du divin.

Que se passe-t-il si le débat entre les êtres humains manque ?

Écoutez bien ceci. Sans débat entre les êtres humains, il n’y aura pas non plus de développement. Pourquoi ? Parce que l’unité ne peut naître que de la dualité pour les humains. Nous ne pouvons pas connaître la paix sans avoir traversé le désaccord. Nous ne pouvons pas aimer véritablement sans avoir connu la difficulté de se comprendre. Le débat manquant, l’homme reste seul dans sa petite lumière, sans jamais être poli par le feu de l’autre.

Vous pourrez alors me demander : les puissances invisibles débattent elles aussi ? La lumière de l’unité réside en elles. La lumière de l’unité ne débat pas. Seule la lumière qui vient de l’unité mais qui n’a pas encore été suffisamment nourrie agit comme les humains de la dualité. Autrement dit, seuls les êtres inférieurs, ceux des rangs encore imparfaits, peuvent encore débattre. La lumière du rang supérieur n’est pas encline au débat. Elle contemple, elle unit, elle guide. Voilà pourquoi le sage doit toujours chercher à élever son débat, à le rendre plus proche de cette lumière haute.

Que doit faire un sage pour que le débat soit conduit de manière divine ?

Je vous  donne une réponse très simple. Une prière avant de parler. Une prière courte, sincère, du fond du ventre. Cette prière suffit pour permettre à la lumière du débat d’être guidée et dirigée par Dieu. Sans cette humilité, le débat devient un combat. Avec elle, il devient un jardin où deux arbres peuvent pousser l’un près de l’autre sans s’étouffer.

Regardons maintenant le débat parmi les hommes dans le passé. La lumière des débats d’autrefois tournait souvent autour de l’orgueil et des préjugés. Les gens défendaient leur fierté, leur honneur, leur dignité. Mais je vous le dis, la lumière de l’honneur et de la dignité doit être recherchée dans l’être supérieur, pas dans la condition inférieure du spirituel et du physique. Ce n’est que par la lumière supérieure du Divin que l’on peut reconnaître la vraie dignité et la vraie noblesse de l’être. Sans cela, l’honneur n’est qu’un masque.

Aujourd’hui, les gens débattent surtout de choses insignifiantes. On veut se présenter et montrer qui l’on est. On veut prouver combien on est malin et intelligent. On débat sur l’apparence, sur le paraître, rarement sur l’être profond. C’est une grande pauvreté. Dès que l’homme comprendra que le matériel n’est qu’un reflet de la réalité, alors son débat changera de nature. À l’avenir, on débattra de la lumière de la foi, des mystères du monde, de l’illusion, et de la lumière sur Dieu. Ce jour-là, le débat deviendra un chemin d’élévation et non plus un champ de bataille.

Que votre parole soit donc un pont, mes amis, jamais un mur. Voilà ma vision. Voilà ma sagesse. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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