Abdoulaye Bio Tchané au poste de médiateur de la République : C’est bien possible
L’hypothèse d’une nomination de Abdoulaye Bio Tchané au poste de médiateur de la République est bien possible. Il suffit qu’il soit élu vice-président du Conseil Économique et Social. Cette éventualité, bien que relevant encore de la simple spéculation, mérite d’être examinée à la lumière du parcours de l’homme. Elle interroge également sur la cohérence d’une telle transition et sur les apports qu’elle pourrait offrir à la gouvernance du pays.
Le Conseil Économique et Social est une instance consultative qui rassemble les forces vives de la nation, qu’il s’agisse des représentants du monde du travail, des employeurs ou de la société civile. Sa vocation est d’éclairer les pouvoirs publics sur les grandes orientations économiques et sociales. En effet, la loi n⁰2026-11 portant modification de la loi n°2009-22 du 3 janvier 2014 portant institution du médiateur de la République, adoptée à l’unanimité des députés présents et représentés, comporte plusieurs innovations. Elle fait désormais du premier vice-président du Conseil économique et social (CES) le médiateur de la République. Autrement dit, le 1er vice-président du Ces est désormais en même temps le médiateur de la République, intercesseur gracieux entre l’administration publique et les administrés. La loi précise clairement que les fonctions de médiateur de la République sont exercées par le 1er vice-président du CES. La vice-présidence de cette institution exige une grande capacité d’écoute, un sens du compromis et une connaissance fine des réalités du terrain. Abdoulaye Bio Tchané, par son expérience antérieure à la tête du ministère de l’Économie et des Finances et après celui du Plan, a démontré sa maîtrise des dossiers complexes et sa faculté à dialoguer avec l’ensemble des parties prenantes. Ces qualités sont précisément celles que l’on attend d’un médiateur de la République, dont le rôle est de faciliter le règlement des conflits entre les citoyens et l’administration.
Si son choix venait à se concrétiser, elle présenterait plusieurs avantages. En premier lieu, la transition serait naturelle, car le Conseil Économique et Social est déjà un lieu de concertation et de recherche de solutions partagées. Le passage à la médiation ne constituerait pas un changement radical, mais plutôt un prolongement logique d’une carrière dédiée au service de l’intérêt général. Ensuite, la notoriété et la crédibilité d’Abdoulaye Bio Tchané lui permettraient d’imposer rapidement une autorité morale indispensable à l’exercice de la médiation. Il bénéficie d’une image d’homme intègre, compétent et proche des préoccupations populaires, ce qui faciliterait sa mission de rapprochement entre les administrés et les services publics.
Un autre atout majeur réside dans sa capacité à appréhender les dossiers sous un angle économique et social. Le médiateur est souvent saisi de litiges liés aux prestations sociales, aux impôts ou aux marchés publics. La connaissance des rouages financiers et budgétaires, acquise par Bio Tchané au cours de ses différentes fonctions, lui donnerait une longueur d’avance pour analyser ces situations et proposer des solutions équitables. Il pourrait ainsi contribuer à désengorger les tribunaux et à restaurer la confiance des citoyens envers l’administration, qui est l’un des objectifs premiers de la médiation.
Cependant, il convient de ne pas négliger les défis que représenterait une telle prise de fonction. Le médiateur de la République doit faire preuve d’une impartialité totale et ne peut être perçu comme le représentant d’un courant politique ou d’un groupe d’intérêt. Abdoulaye Bio Tchané, ayant occupé des postes ministériels, et est l’actuelle première personnalité du Bloc Républicain devra veiller à incarner une neutralité sans faille pour emporter l’adhésion de tous les citoyens. Sa réputation d’homme de dialogue et de mesure est un gage sérieux, mais l’exercice concret du métier révélera sa capacité à se départir de tout lien partisan.
L’idée de voir Abdoulaye Bio Tchané succéder à l’actuel médiateur de la République, tout en restant vice-président du Conseil Économique et Social, est une perspective séduisante. Elle témoignerait de la volonté de renforcer les passerelles entre les institutions et de valoriser les compétences techniques au service de la résolution des conflits. Si cette hypothèse se confirme, elle pourrait marquer un tournant dans la manière d’exercer la médiation en alliant expertise économique et sens social.
Reste à savoir si les conditions politiques et institutionnelles permettront de concrétiser cette ambition, qui, pour l’heure, n’est encore qu’une possibilité parmi d’autres. Mais une chose est certaine, le profil de Abdoulaye Bio Tchané répond parfaitement aux exigences d’une fonction dont l’importance ne cesse de croître dans une démocratie en quête de réconciliation et d’efficacité.
Damien TOLOMISSI


