Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Face au doute, le poids du silence »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Face au doute, le poids du silence »

« Quand le doute s’installe entre vous et un proche, ne le fuyez pas, mais ne le laissez pas non plus vous dévorer », enseigne Dadah Bokpè Houézrèhouèkè. Cette interrogation fragile comme une plume et lourde comme un rocher frappe à la porte de l’esprit sans prévenir. Face à ce trouble légitime, la sagesse recommande d’abord l’observation silencieuse, puis l’examen de sa propre conscience avant d’oser la parole délicate, celle qui invite au dialogue plutôt qu’à l’affrontement. Le chemin est étroit, mais il mène toujours vers une vérité qui libère. Lisez plutôt !!!

« Mes amis, mes frères, mes sœurs, je vous salue avec la sérénité de celui qui a vu le soleil se lever sur bien des journées. Aujourd’hui, je souhaite poser une question qui habite le cœur de beaucoup d’entre nous. Que faire quand le doute s’installe dans la confiance que l’on porte à un proche ? Cette interrogation, vous la connaissez peut être. Elle frappe à la porte de l’esprit sans prévenir, comme un vent qui change brusquement de direction.

Le doute est une chose naturelle. Il ne faut pas en avoir honte. Il est le signe que nous sommes des êtres conscients, capables de réfléchir et de peser les choses. Mais il faut aussi reconnaître qu’il est un feu qui, s’il n’est pas maîtrisé, peut brûler la plus belle des forêts, celle des liens humains. Lorsque ce sentiment pointe son nez, la première réaction est souvent la panique ou la colère. Pourtant, ce n’est pas le moment d’agir sous l’emprise de ces émotions. Le sage sait que la précipitation est une mauvaise conseillère.

Avant toute chose, il est essentiel de faire un pas en arrière. Pas pour fuir, non, mais pour observer. Prenez le temps de poser le problème sur une table, devant vous, comme on pose une noix de cola avant une discussion importante. Demandez-vous d’où vient ce doute. Est-ce un fait précis, une parole qui a blessé, un comportement qui a changé ? Ou est-ce simplement une impression, une ombre que votre esprit a projetée sur une réalité sans danger ? Souvent, nos peurs sont plus grandes que les montagnes que nous croyons voir. Il faut donc regarder le doute en face, sans le grossir et sans le diminuer. Il est ce qu’il est.

Ensuite, et c’est là une étape fondamentale, il vous faut interroger votre propre cœur. La confiance est comme un pont entre deux rives. Elle ne tient que si les deux piliers sont solides. Parfois, lorsque nous doutons de l’autre, c’est que nous doutons aussi de nous-mêmes. Avons-nous été clairs dans nos attentes ? Avons-nous nous-mêmes été dignes de la confiance que l’on nous accorde ? Il est bon de se purifier l’esprit avant de juger les actions d’autrui. Un examen de conscience sincère permet d’éviter bien des erreurs et des injustices.

Quand ce travail intérieur est accompli, une question se pose : faut-il parler ou faut-il se taire ?

Le silence, dans certaines cultures, est considéré comme une forme de sagesse. Il permet d’observer, d’écouter et de laisser le temps au temps. Mais un silence trop long peut devenir un mur épais entre deux cœurs. Je pense, pour ma part, qu’il est préférable d’ouvrir la parole, mais avec une grande délicatesse. Il ne s’agit pas d’attaquer, de crier ou d’accuser. Il s’agit de tendre une perche, de dire simplement ce que l’on ressent, sans blesser. La manière d’aborder le sujet est primordiale. Choisissez un moment calme, un endroit où vous ne serez pas dérangés. Parlez à votre proche comme on parle à un ami que l’on souhaite garder. Utilisez le “je” plutôt que le “tu” accusateur. Dites “je me sens troublé” plutôt que “tu as menti”. Cette petite nuance change tout. Elle ouvre une porte au lieu de la claquer. Elle invite l’autre à se confier, à s’expliquer, à partager son propre point de vue sans se sentir attaqué dans sa dignité. La parole douce est comme l’eau qui use le roc. Elle finit toujours par trouver son chemin.

L’écoute, ensuite, est l’autre moitié de la conversation. Si vous avez eu le courage de parler, il vous faut avoir le courage d’écouter. Et écouter, vraiment, c’est un art. C’est faire taire ses propres pensées pour accueillir celles de l’autre. Ce que votre proche vous dira peut confirmer vos soupçons. Dans ce cas, la douleur sera grande, je ne vous le cache pas. Mais elle sera au moins nette et précise, et vous pourrez alors décider de la suite en connaissance de cause. Il est préférable de connaître une vérité difficile que de vivre dans un confort trompeur. Mais il se peut aussi que l’explication apportée soit satisfaisante. Que votre proche, par ses mots et son attitude, dissipe le nuage de l’incompréhension. Alors, le soulagement viendra, et la confiance, si elle a été ébranlée, pourra être reconstruite. La reconstruction est un chemin qui demande du temps et des actes. Il ne suffit pas d’entendre les paroles, il faut voir les actions. La confiance se nourrit de preuves, petites et grandes, au quotidien. C’est un jardin qui a besoin d’eau et de lumière chaque jour.

Dans cette épreuve, il faut aussi savoir accepter l’imperfection. Nous sommes des êtres humains, faits de forces et de faiblesses. Il est possible que votre proche ait commis une erreur, sans pour autant que tout son être soit à jeter. Il est possible que vous aussi, vous ayez mal interprété une situation. L’humilité de reconnaître que l’on peut se tromper est une grande force. Elle permet d’avancer, même sur un terrain qui semble miné. Elle transforme le doute en une occasion de se rapprocher, de mieux se comprendre.

Si, malgré tous vos efforts, la confiance est irrémédiablement brisée, alors le courage vous demandera de prendre une décision. Il faut parfois savoir regarder le chemin parcouru et accepter que les routes se séparent. La séparation n’est pas un échec. Elle est parfois la seule issue pour préserver la paix de son esprit et l’intégrité de sa vie. Il vaut mieux s’éloigner dans le respect que de rester dans l’amertume et les reproches. La vie est longue, et les rencontres futures sont souvent plus belles que les déchirures du passé.

Enfin, souvenez-vous toujours que la confiance la plus importante est celle que vous avez en vous-même. Si vous êtes en paix avec votre conscience, si vous avez agi avec droiture et honnêteté, alors aucun doute extérieur ne pourra vous détruire. Le doute sur un proche est une épreuve. Mais c’est aussi une leçon. Elle vous apprend à mieux connaître les autres, mais aussi à mieux vous connaître vous-même. Elle vous enseigne la patience, la nuance et la force du pardon.

Je terminerai en vous disant ceci. Ne laissez pas le doute vous consumer. Transformez-le en une question, puis en un dialogue, et enfin en une sagesse. Car au bout de cette route, que vous restiez ensemble ou que vous preniez des chemins différents, vous aurez grandi. La confiance est une plante fragile, certes, mais elle a une immense capacité à renaître après l’orage. Il suffit de savoir lui donner du temps, de la parole sincère et une écoute attentive. Que vos cœurs restent ouverts, que vos paroles soient douces et que vos décisions soient éclairées par la raison et l’amour. C’est ainsi que vous traverserez cette passe difficile avec la dignité et la clarté d’une âme qui sait ce qu’elle vaut. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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