Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Le silence des fraternités »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Le silence des fraternités »

Selon Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, la fraternité n’est pas un simple voisinage. Elle est une lumière de paix posée sur la terre par le Seigneur, afin que les hommes s’unissent par-delà leurs cultures. Ce lien sacré réveille l’être supérieur qui sommeille en chacun. Comprendre la fraternité, c’est accepter l’ordre intérieur du divin, un ordre ancien, discret, mais toujours vivant au cœur des initiés. Lisez plutôt !!!

« Un lecteur assidu m’a récemment interrogé sur un sujet cher à nos réflexions. Après avoir parlé du voisinage, il me demanda en quoi la fraternité s’en distinguait et ce que ce mot recouvrait vraiment. Je vais donc tenter, avec la simplicité du cœur, d’apporter quelque clarté à cette question. La fraternité est une œuvre de paix posée sur la terre. Le Seigneur a établi des fraternités selon les régions du monde et leurs cultures, afin que les hommes puissent apprendre les uns des autres et en recevoir de la force. Par ce lien, l’être supérieur qui sommeille en chacun retrouve peu à peu son origine. Cette lumière d’ordre et d’unité existe depuis l’antiquité. Dès les temps anciens, la lumière de la création, de la liberté, de l’amour et de l’unité a résidé dans ces groupements sacrés.

Pourquoi les confréries sont-elles apparues ?

Elles naissent là où l’humanité s’éloigne du chemin divin. Elles viennent comme une correction, une aide au développement. Dieu souhaite ainsi rouvrir devant l’homme le chemin de la liberté. Que la lumière de la création forme alors une conscience plus haute dans l’humanité. Certaines fraternités du passé ont agi, ont changé le monde, puis ont disparu. Pourquoi un tel effacement ? Parce que ces lumières s’éteignent en leur temps. Lorsqu’elles s’écartent de l’ordre divin dans leurs actions, elles cessent d’exister. D’autres, au contraire, ont accompli pleinement leur tâche devant Dieu. Elles ont trouvé le véritable ordre sacré, et leur maintien n’était plus nécessaire. Ainsi s’achève ce qui a été parfaitement vécu.

Dans le passé, comment ces confréries étaient-elles orientées ?

La lumière de l’ordre était formée en elles dès l’origine. Le Seigneur établissait cette lumière, puis les tâches étaient mises en place. Ces groupes se constituaient, prêts, lorsque leur existence divine approchait l’origine de notre propre existence. On était disposé à vivre près de Dieu, même sans prononcer son nom. Parfois on utilisait un nom caché pour désigner le divin. La lumière de l’ordre divin n’en faisait pas moins partie de ces œuvres. Tout travail juste s’accorde toujours avec les lois supérieures de la nature et de Dieu, dans la mesure où l’homme le permet.

Aujourd’hui, quels objectifs poursuivent la plupart des fraternités ? Ces objectifs sont multiples. Il existe même des fraternités profanes que l’homme d’aspiration pure ne reconnaît pas consciemment comme telles. Elles agissent sans être nommées. Cela ne les rend ni meilleures ni pires. Seule la lumière intérieure compte.

Que deviendront les confréries dans l’avenir ?

Leur lumière se transformera. L’apparence extérieure changera, car les lois des États évolueront. Mais la lumière du noyau intérieur, celle qui trouve sa source dans l’unité, demeurera inchangée. Les circonstances extérieures et les sujets qui occuperont les hommes seront différents. Le cœur essentiel, qui maintient la lumière rassemblée, restera identique. Contemplez les unions mystiques. Elles sont unies à l’origine dans le divin, et cela depuis des décennies, des siècles, des millénaires. La lumière de l’ordre fondamental est toujours la même, car les objectifs à atteindre en union avec Dieu ne changent pas. Si l’on souhaite fonder une fraternité aujourd’hui dans le sens du divin, quelles tâches lui donner ? La lumière de l’ordre mondial occupera bientôt les hommes. On cherchera à comprendre cette lumière, mais celle qui vient de l’intérieur restera difficile à pénétrer. Dès que les hommes comprendront cette lumière intérieure de l’ordre divin, ils l’accepteront et la façonneront. Alors naîtront des fraternités à la gloire de Dieu. Puisse cette lumière être reconnue, comprise et utilisée en notre temps. Le Seigneur l’a établie avant les temps, et elle demeure. Seulement, on ne la comprend pas toujours de la même manière.

Pourquoi tant de fraternités travaillent-elles discrètement aujourd’hui ?

Dans le secret, la lumière est mieux comprise dans son ordre fondamental. L’unité demande du silence. Celui qui cherche la vraie liberté ne manquera pas ces occasions. Le monde intérieur peut servir le monde extérieur sans bruit. L’occultation protège la pureté. La lumière extérieure n’est qu’une partie du divin, tandis que la lumière intérieure, le monde invisible, est entièrement reliée au monde visible. L’homme non préparé ne peut comprendre ni intégrer ce qui correspond à la nécessité divine. La discrétion est donc une sagesse.

Regardons maintenant les zones culturelles du vaudou. Quelles fraternités y trouve-t-on ? Il existe de nombreuses associations. Les différents grades d’initiation sont eux-mêmes des fraternités. Les Babalao ou Boconon ont leur propre association. La lumière de la sorcellerie possède aussi ses groupements. La lumière des forces primordiales, les administrateurs des puissances supérieures de l’être, disposent de leur niveau de gestion. La lumière n’est pas encore entièrement comprise, mais chacun la porte en soi. La lumière des ancêtres guide, dirige et conduit cette lumière chez tous ceux qui appartiennent à cet égrégore. Il faudra attendre l’avenir pour reconnaître les formes extérieures.

En Occident, de nombreuses fraternités trouvent leur origine en Égypte. Elles changent souvent de nom au fil des ans. Que dire de cela ? C’est la même lumière établie à l’origine. Les gens la reçoivent sans la comprendre, parce que l’ordre fondamental a été mis en place dès le début. Dieu lui-même guide ces associations. Elles sont consacrées au divin et agissent dans la lumière divine. On peut y puiser des inspirations pour mieux connaître Dieu. Si l’on emprunte ce chemin dans sa pureté, on comprend la lumière du divin et comment s’y consacrer. Si l’on reflète cette lumière, si l’on s’y oppose ou si on ne l’accepte pas, on peut s’y perdre. L’être humain porte toujours en lui la lumière de l’épée à deux tranchants. Celui qui accepte la lumière de l’unité reçoit la lumière de l’unité. Celui qui s’accroche à la lumière du combat reçoit celle du combat. Qu’il en soit ainsi.

Voici ce qui reste important à comprendre. La lumière de l’ordre fondamental est celle que l’on doit rechercher. L’homme qui reçoit la lumière extérieure de la fraternité sans plus reste une simple enveloppe. S’il ne connaît pas encore la lumière de l’accueil au sein de la fraternité, s’il ne peut ni la comprendre ni l’utiliser, il se perd souvent dans ce monde. Mais lorsqu’il a reçu la lumière de la création, de l’amour et de la paix, il peut engendrer la lumière dans son propre être.

Que recommander aujourd’hui aux personnes intéressées par ce sujet ?

Que l’homme comprenne ceci : il ne peut recevoir ni partager la lumière du divin s’il n’a pas d’abord compris la lumière de l’être. C’est par la lumière de la paix, cherchée en soi, autour de soi et dans son environnement, qu’il reçoit la paix. Quand il comprend la lumière que le Seigneur a créée en lui, son chemin lui est révélé et devient plus facile. Il peut alors puiser en lui la lumière de l’espoir. L’homme qui recherche la paix, la joie, la confiance, celui qui est bien disposé envers le Seigneur et veut porter la lumière du divin autour de lui, celui-là comprendra immédiatement cette lumière et saura l’utiliser.

La lumière du divin est toujours là pour être puisée. Parfois il est difficile de trouver et de suivre le chemin seul. C’est pourquoi le Seigneur a créé la lumière des fraternités, afin que l’homme puisse suivre la lumière fidèlement et y chercher la paix. Par l’union des hommes, le chemin et l’effort deviennent plus faciles. L’être supérieur devient, dans sa sensibilité, plus reconnaissant et plus fiable. Il est ainsi donné et écrit, afin que nous devenions plus prêts à prendre des décisions sages ici dans le monde. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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