Sécurité maritime et corridors verts au cœur de la Déclaration de Cotonou : Un nouvel élan pour la coopération atlantique
Les ministres des Affaires étrangères des États membres du Processus des États Africains Atlantiques se sont réunis à Cotonou les 12 et 13 juillet 2026. À l’issue de leurs travaux, ils ont adopté la Déclaration de Cotonou, un texte qui fixe des orientations communes pour renforcer la coopération régionale. Cette septième réunion ministérielle était coorganisée par la République du Bénin et le Royaume du Maroc. Elle s’est tenue sous le thème « Consolider un espace atlantique africain intégré : sécurité maritime, corridors logistiques verts et transition énergétique durable ».
La Déclaration de Cotonou marque une nouvelle étape dans la coopération entre les pays africains riverains de l’océan Atlantique. Le texte définit des priorités communes autour de quatre axes stratégiques. Le premier axe concerne le renforcement de la sécurité maritime dans le golfe de Guinée, avec une coopération accrue contre la piraterie, la pêche illicite et les trafics transnationaux. Le deuxième axe porte sur le développement de corridors logistiques verts qui relieront les ports atlantiques aux pays de l’hinterland, afin d’améliorer la connectivité régionale et la fluidité des échanges. Le troisième axe vise à accélérer la digitalisation des procédures portuaires et douanières pour faciliter les échanges commerciaux. Enfin, le quatrième axe encourage la promotion des énergies renouvelables, notamment les énergies marines et l’hydrogène vert, pour accompagner la transition énergétique du continent.
Les ministres ont également confié au Secrétariat permanent du Processus une mission importante. Ils lui ont demandé d’élaborer, d’ici mars 2027, une feuille de route qui définira les modalités concrètes de mise en œuvre des engagements contenus dans la Déclaration de Cotonou. Cette feuille de route permettra de transformer les ambitions en actions sur le terrain.
Pour le Bénin, pays hôte de cette édition, l’adoption de cette déclaration revêt une signification particulière. Elle illustre la volonté du pays de contribuer activement à la construction d’un espace atlantique africain plus intégré, plus sûr et davantage connecté. La déclaration met également en lumière le rôle stratégique du Port de Cotonou comme plateforme logistique au service des échanges entre les États atlantiques et les pays de l’hinterland.
Corinne Amori Brunet, Ministre des Affaires étrangères de la République du Bénin, a déclaré : « La Déclaration de Cotonou traduit une conviction que le Bénin porte avec constance : la façade atlantique de l’Afrique constitue un levier majeur de stabilité, de prospérité et d’intégration pour notre continent. Les engagements pris aujourd’hui témoignent de la volonté des États africains atlantiques de transformer cette ambition commune en actions concrètes. »
Nasser Bourita, Ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a pour sa part déclaré : « Cette réunion permet d’exprimer la profonde conviction du Royaume du Maroc en la puissance des solutions africaines aux défis africains, et la détermination du Royaume pour faire réussir ce partenariat innovant ne fait que se raffermir, à mesure que nous avançons dans la réalisation de notre vision commune. »
Le Processus des États Africains Atlantiques a été lancé à Rabat en juin 2022 à l’initiative de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Il constitue un cadre permanent de concertation et de coopération entre les États africains riverains de l’océan Atlantique. Ce processus vise à promouvoir la paix, la sécurité, le développement durable, la connectivité, l’intégration régionale et la valorisation du potentiel stratégique de l’espace atlantique africain. La réunion de Cotonou marque une nouvelle étape dans la consolidation de cette dynamique de coopération.
Les États membres du Processus des États Africains Atlantiques ont ainsi réaffirmé leur volonté de travailler ensemble pour relever les défis communs. La Déclaration de Cotonou ouvre la voie à une coopération renforcée qui bénéficiera à l’ensemble du continent africain, en renforçant sa sécurité, sa connectivité et sa transition vers les énergies propres.
Pierre MATCHOUDO


