Echecs scolaires : Quelques clefs pour les parents
xr:d:DAFbGL7od4s:203,j:3228348454413591950,t:23061416
Tous les candidats ayant pris part à un examen ne réussissent pas. La preuve, le BEPC et le BAC 2026 ont respectivement donné 64,14% et 66,78% de taux de réussite sur le plan national, au Bénin. Soit deux tiers des candidats qui ont pu obtenir ses précieux sésames. Le sort du tiers des candidats n’est donc pas reluisant, comme on peut le constater. Une situation qui crée parfois des tensions dans les maisons où parents et enfants franchissent le rubicond de l’acceptable. Et pourtant, ce moment devrait être celui de l’introspection et du dialogue estiment les spécialistes.
Comme le jour et la nuit, le succès et l’échec sont consubstantiels à l’existence de l’homme sur terre. Si le succès a toujours souri à certains, ce n’est pas l’apanage d’autres, qui doivent forcément goûter aux affres de l’échec, parfois au moment où ils s’y attendent le moins. Le cas des élèves candidats aux divers examens de fin d’années scolaire est légion. Le moment des résultats devient donc une période de stress permanent à cause des pressions sociales. Du côté des parents, compte tenu des dépenses effectuées au cours de l’année scolaire, n’espèrent rien que de bons résultats, deviennent tendus. Et pourtant, l’échec sans le souhaiter est parfois un élan pour celui qui veut être meilleur car grâce à ses échecs il est apte à maîtriser tous les contours de ce qu’il est en train d’apprendre. Le plus important donc ce n’est pas de réussir à tout prix maintenant mais de persévérer pour réussir aujourd’hui ou demain et être meilleur dans son domaine.
Le rôle des parents……
Dans ce processus, les parents ont un grand rôle à jouer. Celui d’accompagnement psychologique et moral. Point n’est besoin de remuer ciel et terre à cause de l’échec d’un enfant à un quelconque examen scolaire malgré les sacrifices financiers consentis.

Il est important de rester focus sur l’objectif général, celui de réussir dans la vie, estime les spécialistes en accompagnement éducatif et professionnel. Selon eux, ‘’un résultat d’examen ne signifie pas la fin du monde.’’ « Tout échec est un tremplin pour de futurs succès. L’élève qui le sait ne perd pas son temps à pleurnicher sur son sort mais en tire les leçons pour l’année suivante. Il s’enrichit des expériences de l’année écoulée. », enseigne Magloire de Sucre, Consultant-formateur en accompagnement du changement personnel et organisationnel, Directeur du cabinet Capital humain.
« Ce ne sont ni les cris, les injures qui vont corriger l’enfant ou effacer les douleurs ressenties » fait savoir Justino Deo Gratias Vierra, Coach professionnel certifié, Responsable du cabinet Ceprea, et chroniqueur média. « Au lieu de frapper, de gronder, de traiter l’enfant de tous les noms d’oiseaux, il faut l’accepter au lieu lui saquer davantage le moral. » ajoute le coach professionnel. Certains parents vont jusqu’à fixer des lignes rouges aux candidats en leur interdisant de revenir à la maison en cas d’échec. « Non ! Ce n’est pas la bonne approche parce que cela prépare psychologiquement mal l’enfant et le pousse à commettre des actes regrettables » informe Magloire de Sucre.
Que faire dans ce cas ?
Selon les spécialistes en accompagnement scolaire et professionnel, le moment des échecs scolaires et autres doit être consacré à l’état des lieux, tirer des leçons, faire une analyse à tout point de vue. Une sorte de bilan général, autant au niveau de l’enfant que du parent lui-même. « Il faut faire un audit en recherchant ce qui a marché et ce qui n’a pas marché pour comprendre pourquoi l’enfant n’est pas admis » conseille le consultant Magloire De Sucre.

Ce travail se fait à travers un questionnement itératif entre le parent et l’enfant. « Qu’est-ce qui a marché ? Qu’est-ce qui n’a pas marché ? Qu’est-ce qui aurait favorisé cet échec ? Qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Qu’est-ce qui m’a échappé ? A quel niveau suis-je distrait ? », conseille Justino Déo Gratias Vieyra. Pour les consultants, il faut faire profiter à ces enfants aussi de moment de distraction pour les amener à se libérer de l’emprise du sentiment d’amertume, de regret.
L’amour, l’autre remède
Dans la période d’échec, c’est déjà l’abattement, le remords et l’isolement des fois. C’est donc en ce moment que la personne qui a échoué et notamment les enfants ont encore plus besoin d’attention de leurs parents. L’enfant doit se sentir aimé et non rejeté. « Avant tout, ayez un amour ardent les uns pour les autres, car l’amour couvrira une foule de péchés. » recommande une sagesse biblique. Aimer son enfant c’est donc le couvrir de cette faute ou péché que pourrait représenter l’échec. « Je demande aux parents des élèves dont les résultats ne sont pas positifs de couvrir leurs enfants encore beaucoup plus d’amour, de conseils ». Cette attitude des parents va aider les enfants à se relever en prenant du recul, à se départir des émotions passagères et se recentrer sur l’essentiel. « Ne pas le faire maintenant, c’est laisser l’enfant végéter dans cette situation de tristesse, de douleur, de regret. Et nous risquons en septembre de renvoyer encore à l’école un enfant qui n’est pas encore guéri de ces blessures d’échec. » alerte Justino Vieyra.
Pour finir, Magloire de Sucre demande aux parents de faire recours, s’il le faut à un consultant en accompagnement du changement personnel et organisationnel pour approfondir l’audit de la situation afin de constater ce qui est à la base de l’échec. Car sans connaître les mobiles réels des échecs, le scénario va se répéter et s’envenimer au fil du temps, estiment les spécialistes.
Arnaud ACAKPO (Coll)


