Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : «Ce qui rend un être vraiment beau »
Dans une méditation profonde, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, sage et gardien de la parole ancestrale, interroge ce qui détermine la véritable beauté d’un être. Il nous invite à dépasser le miroir trompeur des apparences pour découvrir la lumière intérieure, celle qui rayonne à travers les actes, la bonté et la droiture du cœur. Selon lui, la beauté authentique ne se fane jamais, car elle est l’expression même de l’âme et de ses vertus.
« Mes frères, mes sœurs, vous qui cherchez à comprendre le monde et ce qui fait la valeur d’une existence. Aujourd’hui, je souhaite vous entretenir d’une question qui habite le cœur de chaque être humain depuis la nuit des temps. Qu’est ce qui détermine la beauté d’un être ? Cette interrogation, en apparence simple, touche au plus profond de notre humanité. Elle nous renvoie à nos regards, à nos jugements, à nos aspirations les plus secrètes. Beaucoup pensent que la beauté se résume à l’apparence extérieure, à la symétrie des traits, à l’éclat du teint, à la jeunesse du corps. Mais la sagesse des anciens nous enseigne que la véritable beauté est une réalité bien plus vaste et bien plus profonde.
La beauté d’un être ne saurait se réduire à ce que les yeux voient au premier regard. Certes, l’enveloppe charnelle est la première chose qui frappe notre regard. Il est dans la nature humaine d’être attiré par ce qui est harmonieux, par ce qui répond à certains canons que chaque société élabore au fil du temps. Mais cette beauté extérieure est fragile comme la rosée du matin. Elle s’efface avec les années, elle se ternit sous l’effet des épreuves et des saisons de la vie. Celui qui fonde toute sa valeur sur ce miroir trompeur risque un jour de se retrouver désemparé, face à un reflet qui ne correspond plus à ses espérances.
La véritable beauté, mes amis, réside avant tout dans la qualité de l’esprit et dans la noblesse du cœur. Un être est vraiment beau lorsque ses pensées sont justes, lorsque ses paroles apaisent et ses actions élèvent. La beauté intérieure est une lumière qui rayonne au-delà des imperfections du corps. Elle se manifeste dans la douceur du regard, dans la générosité du sourire, dans la patience face à l’adversité et dans la bienveillance envers le prochain. Un visage peut être marqué par les ans, ridé par les soucis, mais il reste resplendissant si l’âme qui l’habite est emplie de paix et de bonté.
J’ai vu au cours de ma longue vie des personnes que le monde qualifiait de belles, mais dont l’intérieur était sec et stérile comme un champ en saison sèche. Leur arrogance, leur égoïsme ou leur méchanceté répandaient autour d’elles une ombre triste qui ternissait leur éclat extérieur. J’ai vu en revanche des visages modestes, que les critères du monde auraient jugés ordinaires, irradier une splendeur inouïe parce que leurs actes étaient remplis de compassion et de droiture. La beauté véritable est donc une affaire d’harmonie intérieure, de cohérence entre ce que l’on pense, ce que l’on dit et ce que l’on fait.
Il ne faudrait pas pour autant mépriser le corps et son apparence. Prendre soin de soi, s’habiller avec dignité, cultiver une allure qui reflète le respect de sa propre personne, tout cela participe aussi de la beauté. Mais ces soins doivent venir en complément de l’édifice intérieur, jamais en remplacement. Une maison dont les fondations sont solides est belle, même si sa façade est simple. En revanche, une façade somptueuse ne peut cacher longtemps des fondations qui s’effondrent. Ainsi en est-il de l’être humain.
La beauté d’un être se mesure également à sa capacité à rendre le monde meilleur autour de lui. Un homme ou une femme véritablement beau est celui ou celle qui sème la joie, qui apaise les cœurs blessés, qui tend la main à ceux qui tombent. Cette beauté agissante est un don précieux qui ne s’use pas avec le temps, bien au contraire, elle grandit et s’approfondit avec chaque acte accompli dans la sincérité. Elle est comme une flamme qui se transmet de génération en génération, éclairant le chemin de ceux qui savent la reconnaître.
Mes chers enfants, n’oubliez jamais que vous êtes beaux par ce que vous êtes au plus profond de votre être. Les compliments sur votre visage ou votre silhouette sont agréables à entendre, mais ils passent. En revanche, les éloges sur votre bonté, votre courage, votre honnêteté et votre sagesse résonnent bien au-delà du temps présent et laissent une empreinte durable dans la mémoire des hommes. Cherchez donc à cultiver ces trésors invisibles avec autant d’ardeur que vous accordez aux soins de votre apparence.
La beauté est une quête de tous les instants, une invitation à nous dépasser, à nous améliorer constamment. Elle n’est pas un état figé, mais un mouvement, une dynamique de l’âme vers plus de lumière. Chaque jour, nous avons l’occasion de devenir un peu plus beaux en apprenant à mieux aimer, à mieux comprendre, à mieux pardonner. Cette beauté-là ne s’achète pas, ne se maquille pas, ne se photographie pas. Elle se vit et se respire dans l’authenticité des relations humaines.
Je terminerai en vous rappelant cette vérité simple que les sages de nos villages répètent aux jeunes générations. La beauté d’un être se voit dans ses yeux quand il parle, dans ses mains quand il donne, dans son dos quand il se tourne pour aider un frère. Elle est le reflet de son âme. Prenez soin de cette beauté essentielle, car elle est le seul héritage qui ne se dévalue jamais. Puissiez-vous, à travers ces modestes paroles, trouver la force de regarder au-delà des apparences et de célébrer la splendeur intérieure qui dort en chacun de vous. La paix soit avec vous. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE


