Cartes d’accès, interdiction de marcher, taxe présumée : L’AJDMD s’inquiète
Le Port autonome de Cotonou est le poumon économique du Bénin. Chaque jour, des centaines de professionnels y circulent pour faire avancer les dossiers, dédouaner les marchandises et assurer la fluidité des échanges. Mais depuis quelques semaines, les acteurs du transit et du dédouanement expriment leur mécontentement. À la tête de cette mobilisation, l’Association des Jeunes Déclarants Mandataires en Douane, présidée par Marouf Salami, alerte sur plusieurs restrictions qui, selon elle, entravent sérieusement l’exercice de leur métier.
Premier grief soulevé : le coût des cartes d’accès au port. Selon l’association, ce sésame indispensable est facturé 2360 francs CFA, contre seulement 500 francs CFA au Port de Lomé, au Togo. Une différence qui interpelle dans un contexte où la compétitivité des plateformes portuaires est devenue un enjeu stratégique. Les jeunes déclarants estiment que ce tarif mérite une révision, d’autant que la durée effective de validité de la carte ne couvre pas vingt-quatre heures complètes. Une carte achetée en fin de journée perd une partie de sa valeur, réduisant d’autant le temps d’accès pour les usagers. Une situation jugée peu équitable par les professionnels qui paient le même prix pour un service amputé.
Autre point de friction : l’interdiction de l’accès à pied à l’enceinte portuaire. Cette mesure, entrée en vigueur sans communication préalable ni mesure d’accompagnement, contraint désormais les détenteurs d’une carte valide à emprunter un véhicule pour entrer ou sortir du port. Dans les faits, de nombreux professionnels se retrouvent à solliciter des automobilistes de passage, dans l’attente d’une solution plus pérenne. L’association relève également que certains véhicules ne sont pas autorisés à marquer un bref arrêt à l’entrée du port pour déposer ou récupérer un usager. Autant de petites difficultés qui, cumulées, alourdissent le quotidien des déclarants et ralentissent les opérations.
Sur le front des transports internes, l’AJDMD plaide pour le retour des navettes. Avant leur suppression, les bus de BEN Afrique facilitaient les déplacements à l’intérieur de la plateforme portuaire. L’association estime que leur remise en service constituerait une réponse efficace aux nouvelles contraintes, en conciliant sécurité et réalités opérationnelles. Une solution simple, qui améliorerait la mobilité des acteurs de la chaîne logistique et réduirait les tensions générées par les restrictions récentes.
Une autre inquiétude plane, cette fois à Ifangni. L’association indique avoir été informée d’un projet de perception d’un ticket communal sur les véhicules d’occasion à destination de la frontière d’Igolo. Selon les informations recueillies, un montant initial de 10 000 francs CFA aurait été évoqué, avant qu’un autre montant ne soit discuté en cours d’échanges. Il serait également question de l’installation de barrières sur la voie inter-États pour assurer cette perception. Mais l’association se veut prudente. Elle précise que ces informations demeurent à vérifier et qu’elle attend des éléments probants avant de se prononcer officiellement. Si les faits venaient à être confirmés, elle estime qu’ils devraient être appréciés au regard des dispositions légales encadrant la perception des taxes sur les corridors. Dans cette hypothèse, elle annonce qu’elle pourrait saisir le préfet territorialement compétent pour que les vérifications nécessaires soient effectuées et que les textes de la République soient pleinement respectés.
En définitive, l’Association des Jeunes Déclarants Mandataires en Douane ne remet pas en cause les réformes engagées pour améliorer les performances du port. Elle en comprend les objectifs. Mais elle appelle les autorités compétentes à privilégier le dialogue, la concertation et la communication préalable avant toute décision susceptible d’impacter les activités des professionnels. Elle réclame également des mesures d’accompagnement pour que les transitions ne se fassent pas au détriment de ceux qui, chaque jour, font vivre la chaîne logistique du Bénin. Et le dialogue, lui, reste le meilleur chemin pour avancer ensemble.
F. AKODODJA


