Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Maîtriser le temps par la lumière de l’esprit »
Dans une méditation profonde sur la nature du temps, Dadah Bokpè Houézrèhouèkè nous invite à dépasser la course aux aiguilles pour retrouver l’essentiel. Il nous rappelle que le temps n’est pas un maître, mais un cadre offert par le Créateur pour donner forme à nos vies. À travers des images puisées dans la nature et la sagesse ancestrale, il éclaire notre chemin vers une compréhension plus spirituelle de cette lumière qui nous limite pour mieux nous élever.
« Il est approprié d’aborder le sujet du temps, car il est une lumière significative en ce moment présent. Cette lumière nous invite à une introspection que l’homme moderne a trop souvent négligée. Les gens font attention au temps, bien que mal, parce qu’ils le craignent sans le comprendre. Mais qu’est-ce que le temps en général pour les gens aujourd’hui ? La mesure du temps commence avec le sablier, depuis des temps immémoriaux. Le temps a créé une lumière de limitation, importante pour l’être humain, car sans elle, il n’y aurait ni repère, ni progression, ni accomplissement. Aujourd’hui, les gens pensent aux heures, minutes et secondes, rarement à ce que cette nature implique profondément. Si l’homme se concentre trop sur l’instrument du temps, il perd l’essentiel. Il faut orienter son attention sur les choses elles-mêmes, sur le sens et le but que chaque période nous offre. Comparons cela à une boîte : l’essentiel n’est pas le contenant, mais le contenu. Prenons un repas de famille : ce qui compte vraiment, ce ne sont pas les trois heures passées à table, mais la joie des retrouvailles, les échanges, les rires partagés. Le temps n’est que le récipient ; l’amour et la communion en sont le trésor.
Autrefois, le sablier et le soleil guidaient les hommes vers une orientation générale, souvent vers le divin. L’homme suivait la nature : on se couchait quand il faisait nuit, on se levait quand il faisait jour. Cette simplicité était une sagesse, respectant le rythme naturel du corps et de l’âme. La nature nous enseigne le temps à travers les saisons. Été, hiver, automne, printemps : tout a son temps, en équilibre et en interaction. En été, la lumière matinale est abondante et l’énergie de l’homme s’y accorde. En hiver, la nuit plus longue appelle au repos. L’homme doit évaluer ses forces avec précision, car les deux saisons sont des chemins venant du même monde et allant vers le même monde.
Quand une période se termine, une nouvelle commence. L’arbre n’est pas mort en hiver, il est froid ; au printemps, il reverdit ; en été, il porte des fruits ; en automne, il perd ses feuilles. Tout suit des cycles. Le jardinier sait que semer en hiver est vain ; il attend le printemps. Il n lutte pas contre le temps, il l’écoute et l’accompagne. La nature est ainsi faite pour que l’homme saisisse mieux le temps. La Terre a sa propre grille temporelle, différente de celle de la Lune et des autres planètes. L’homme ne perçoit pas encore cette pluralité des rythmes cosmiques. Chaque planète a sa propre danse dans l’univers. L’homme, enfermé dans son petit cadran, oublie qu’il existe d’autres durées, d’autres éternités.
Les sages de l’ancien temps disaient que le temps est relatif. C’est le contenu qui définit la lumière du temps, et non l’inverse. Si l’on aime le contenu, le temps passe vite ; si on ne l’aime pas, il s’étire. L’enfant qui joue voit les heures s’envoler ; le patient qui attend son médecin trouve chaque minute éternelle. Le temps n’a pas changé, seule l’expérience a changé.
Pourquoi Dieu a-t-il donné le temps ?
La lumière du temps impose une limite au développement humain, essentielle pour progresser, car sans elle, on ne verrait pas la lumière de l’autre. Le temps est comme un cadre qui donne forme au tableau. Le temps dépend du mouvement. Lorsque l’homme est inactif, le temps semble s’arrêter ; lorsqu’il s’active physiquement ou mentalement, il passe plus vite. Le cultivateur laboure son champ et voit la journée défiler, tandis que l’homme oisif la voit s’étirer à l’infini. Le supérieur détermine la lumière du temps. En formant l’esprit, on peut définir le temps et le contrôler plus consciemment. L’homme vit une période mesurée, probablement pas plus de cent quarante-quatre ans sur Terre, afin qu’il puisse trouver la paix, utiliser son incarnation et accomplir sa lumière. Le corps physique est ainsi conçu. Le temps varie sur les continents : midi à Paris est la nuit à Tokyo. Cette simple vérité géographique enseigne que le temps est une convention. Les astronautes, quittant la Terre, vieillissent un peu moins vite que leurs frères restés sur Terre. La science confirme ce que les sages ont toujours su : le temps est souple, dépendant du mouvement et de la gravité.
Les astrologues et astronomes associent le temps à Saturne, gardien du temps, commandant dans le cosmos. Saturne est une lumière cherchant liberté et expression dans la matière. Il faut supplier Saturne pour que la lumière réponde. Cette planète nous rappelle que le temps est une épreuve, une leçon de patience, une invitation à mûrir et à ne pas brûler les étapes. En simplicité, la véritable nature du temps reste une destinée donnée par le Seigneur, un commencement et une fin créés pour que quelque chose puisse exister. Sans limitation, rien ne naît. Pour qu’un arbre pousse, il faut une graine, une terre, de l’eau et du temps. Sans l’enfance, pas d’adulte accompli.
L’homme doit se définir à travers l’esprit de la limitation dans le sable. C’est lui qui fixe le cadre, et alors la lumière apparaît. Il doit concevoir le temps sur le chemin du retour à sa lumière originelle. L’origine du Seigneur est l’origine de l’homme. Acceptons humblement le temps comme une contrainte qui fournit l’énergie pour recevoir et former la puissance de l’unité. L’homme doit capter la vibration supérieure et la diriger vers le monde matériel. Le temps est donné pour cela, car il n’y a pas d’infini dans ce monde. Mais la lumière pure du Créateur n’est pas encore pleinement sur Terre ; on ne peut que commencer les choses et laisser le reste à Dieu. Si nous ne jugeons plus le temps par les heures, minutes et secondes, mais par l’événement lui-même, il sera plus facile de le coordonner. Disons « j’ai écrit une lettre d’amour » plutôt que « j’ai passé trois heures à écrire ». Le temps redevient un serviteur de notre volonté, non un maître tyrannique.
Le temps restera la plus grande limite humaine, mais la création n’a ni début ni fin. Le temps est une fenêtre ouverte sur l’éternité. Celui qui regarde par cette fenêtre avec des yeux d’enfant voit au-delà des aiguilles et des cadrans. C’est le temps qui vous empêche, vous les humains, de devenir ce que vous êtes. Rappelez-vous qu’il n’est qu’un outil pour s’orienter. C’est l’homme qui détermine le temps, selon sa vie et sa pensée. L’étudiant, le père, la mère vivent le même temps mais lui donnent un sens différent. Ce n’est qu’alors que chacun, suivant le chemin du temps spirituel, réalisera que rien ne peut l’empêcher d’accomplir ce qui lui est confié aux temps terrestres et au-delà.
Puisse la lumière, dans le dialogue avec les sages, agir pour votre bien-être, mes enfants de la vérité et de la lumière. La paix royale vous accompagne cependant. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE


