Marcellin Bocovè : « Aucune raison de ne pas réussir »
A quelques jours de l’élection à la présidence de la Fédération Béninoise de Football, Marcellin Bocovè s’est confié sur ses ambitions et son projet pour le football national. L’ingénieur de formation, dirigeant sportif expérimenté et acteur reconnu des instances nationales et internationales, conduira la liste unique « Ensemble, visons plus haut » lors du scrutin prévu le mardi 25 août prochain. Invité de l’émission Zone Franche sur Canal 3 Bénin, il a détaillé sa vision avec clarté et conviction.
Fort d’une expérience de huit ans au sein du Comité exécutif de la fédération, Marcellin Bocovè se présente comme un candidat qui connaît parfaitement la maison. « Je ne suis pas novice. Je suis candidat, mais je connais quand même la maison, où j’ai travaillé depuis huit ans », a-t-il affirmé. Sa double casquette de président de club lui confère également une connaissance précise des réalités du terrain et des préoccupations des dirigeants locaux. Sur le plan international, son parcours est tout aussi éloquent. Il a été membre de la Commission du football des jeunes à la CAF pendant cinq ans, ce qui lui a permis de collaborer avec les grandes figures du football africain. Actuellement, il siège à la Commission de la responsabilité sociale du football à la FIFA. « Cela veut dire que j’ai quand même une vue globale de ce qui se passe au plan national qu’international », a-t-il souligné.
Cette vision globale, il souhaite désormais la mettre au service d’un projet fédérateur. Pour le futur président de l’instance de gestion du sport-roi béninois, il ne s’agit pas d’une aventure personnelle. « Je ne suis pas là en tant que soliste, je ne suis pas là pour un one man show, je suis porteur d’un projet de l’équipe sortante, et fort heureusement c’est élargi à toute la famille du football béninois », a-t-il déclaré avec force. Son programme d’actions repose sur quatre piliers fondamentaux qui structurent sa vision pour le football béninois.
Le premier pilier concerne la formation et le développement des acteurs et des talents. Il prévoit la construction de trois nouveaux centres de formation, la mise en opérationnalité des centres existants, ainsi que la formation continue des arbitres et des entraîneurs. Le deuxième pilier est axé sur les compétitions et les performances. Il s’agit de professionnaliser les championnats à tous les niveaux, de créer un championnat pour chaque catégorie d’âge, d’accorder un accent particulier au football féminin et d’assurer une meilleure gestion des équipes nationales. Le soutien aux clubs qualifiés en compétitions interclubs africaines fait également partie de ce volet. Le troisième pilier est celui du financement.
Marcellin Bocovè entend travailler à l’amélioration du financement des clubs, engager des discussions avec l’État pour renforcer les dispositifs existants et dialoguer avec la CAF pour explorer de nouvelles opportunités. Enfin, le quatrième pilier concerne l’administration fédérale, qu’il souhaite doter des hommes et des profils adéquats, tout en la modernisant pour la rendre plus efficace.
Interrogé sur les performances futures de la sélection nationale, le candidat a livré une analyse lucide. Il a expliqué que le travail d’identification des joueurs évoluant à des niveaux acceptables se poursuit. Mais le véritable changement viendra de la structuration à long terme. « Nous allons avoir des jeunes qui seront pris en charge dès le bas âge, à 12 ou 13 ans, et qui sortiront des centres de formation », a-t-il promis. Il a pris l’exemple de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, où les équipes nationales sont alimentées par des centres de formation structurés comme Diambars ou l’ASEC. « C’est exactement ce que nous devons faire », a-t-il insisté. Selon lui, si les jeunes béninois reçoivent une formation solide dès 17 ou 18 ans, ils pourront intégrer de grands clubs européens. « Il n’y a aucune raison que nous n’obtenions pas, à terme, les mêmes résultats que les pays qui ont commencé ce travail il y a plusieurs années », a-t-il conclu, confiant en l’avenir du football béninois.
Damien TOLOMISSI


