Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La raison, l’équilibre de la lumière »
Dadah Bokpè Houézrèhouèkè éclaire sur la raison, cette voie du milieu si mal comprise. Nombreux sont-ils assoiffés de sens, l’interrogent sans cesse. Il répond avec sagesse que la raison naît de l’équilibre entre nécessité et désir, et qu’elle est la plus grande liberté offerte à l’homme. À travers des exemples concrets du passé et du présent, il montre combien la lenteur et l’attente forgeaient jadis ce trésor spirituel. La raison est un don divin, durable, qui unit le cœur et la tête pour répandre la lumière. Lisez pour tout comprendre !!!
« La raison est une chose dont on parle beaucoup sans toujours la comprendre vraiment. Nos enfants, dans leur soif de comprendre le monde, m’ont souvent interrogé à ce sujet. Ils sentent bien que quelque chose d’important se cache derrière ce mot, mais ils peinent à saisir sa véritable essence. C’est pourquoi je souhaite partager avec vous ma vision de la raison, telle que la vie et l’expérience me l’ont enseignée.
L’homme est un être d’extrêmes, toujours prêt à juger et à trancher de manière définitive. Pourtant, la raison ne se trouve ni dans un excès ni dans un défaut, elle est le chemin du milieu. Elle est cette rencontre subtile entre la nécessité et le désir, cet équilibre fragile qui nous permet de capter la plus grande lumière et de la répandre autour de nous. On commence à devenir raisonnable lorsque l’on apprend à contrôler ses propres désirs, à ne pas réagir à tout instant sous l’impulsion du moment. Ce chemin qui part du centre, ce sentier qui découle de la nécessité, est celui qui apporte le vrai bonheur.
Beaucoup croient que la raison et la nécessité sont des limitations, des entraves à leur liberté. Mais c’est tout le contraire. La raison est la plus grande liberté que nous puissions connaître, aussi bien dans notre corps que dans notre âme. Elle est un dispositif qui vient du Seigneur, un outil précieux pour naviguer dans l’existence. Pourtant, l’humain ne comprendra vraiment la raison que lorsqu’il la vivra concrètement. On peut l’apprendre en observant comment on attend, comment on se prépare à donner sans rien attendre en retour.
Autrefois, les hommes agissaient plus lentement, et cela rendait la raison plus facile à vivre. Aujourd’hui, tout va vite, trop vite. Les gens veulent atteindre leur but rapidement, ils ne sont souvent pas prêts à attendre, et les personnes qu’ils croisent sur leur chemin sont négligées. Donnons deux petits exemples qui illustrent bien ce changement. Il y a quarante ans, pour qu’une simple lettre parvienne de Cotonou à Berlin, il fallait plus de six semaines. Pour un court message, on devait parcourir de longs trajets jusqu’à la poste, envoyer un télégramme coûteux, puis attendre patiemment la réponse. Le destinataire devait faire les mêmes démarches, et je m’en souviens très bien, il ne nous restait alors que la raison pour préserver notre tranquillité d’esprit. Aujourd’hui, si je ne réponds pas à un message dans la minute, je n’ose même pas imaginer ce qui se passe dans l’esprit des gens.
Que croiriez-vous si je vous disais qu’il y a quarante-cinq ans, il nous fallait plus de quatre jours et quatre nuits avec trois correspondances en avion pour faire le trajet de Cotonou à Berlin, alors que c’était le parcours le plus rapide et le plus confortable ? Aujourd’hui, le même voyage ne prend qu’une dizaine d’heures en moyenne, et pourtant nos compagnons de voyage se plaignent encore et toujours. Ces exemples montrent combien il est nécessaire de mesurer et d’exercer la raison. Ce qui nous est donné à nous les humains, c’est la liberté, précisément pour que nous puissions comprendre la raison à travers notre propre expérience.
En regardant les différents peuples, on peut observer que les nations ou communautés les plus strictes avec elles-mêmes sont aussi les plus raisonnables. En revanche, ceux qui pratiquent la flamboyance, l’abondance et la vanité sont ceux qui ont le moins de rapport avec la raison. Il faut garder à l’esprit que la raison ne coexiste pas avec la vantardise. Chercher à exposer ce que l’on possède est définitivement déraisonnable. La majorité est ce qui apporte l’ordre, et la raison en est une conséquence. C’est à partir de cette compréhension que l’homme peut juger quand il devient déraisonnable et se mettre lui-même un frein.
Seule la raison détient la force de l’avenir chez les hommes. Tout le reste, la consommation, l’abondance, la prétention, tout cela est éphémère et n’apporte ni bonheur ni joie. Ce n’est qu’un instant où l’on contemple la lumière. La raison, elle, est longue à se manifester, elle est durable, elle est pérenne. Elle est le sceau du Seigneur. C’est l’état d’être que l’homme reçoit pour planter une lumière plus grande. L’énergie de la raison se communique aux autres comme du sable mouvant. Quand on est raisonnable et qu’on communique de manière raisonnée, alors l’autre devient lui aussi plus raisonnable.
À ce stade, il est important de préciser quelle part le diable a dans le mécanisme de la raison chez les humains. Le roi Lucifer est le ténébreux qui éloigne les humains de la raison à travers le vent dans le sable de notre vibration. La première chose est l’ego lui-même, là où l’adversaire peut agir le plus. La deuxième est l’excès et le gaspillage, que Dieu ne tolère jamais. Prendre soin de la raison et la posséder commence idéalement dès l’enfance. C’est pourquoi nous devrions éduquer nos enfants de manière à ce que l’attention soit portée sur la formation du cœur. Nous avons seulement besoin d’exciter l’énergie du cœur pour que la lumière de la raison s’y développe.
Un sage a dit que la raison est le chemin entre la tête et le cœur. On peut l’interpréter autrement en apprenant à comprendre que l’homme est fait de telle sorte qu’il peut trouver le divin par le chemin du milieu, s’il explore le supérieur en lui-même. La raison est la lumière que le cœur installe et que la tête exécute. C’est là que réside son pouvoir. Le mental doit suivre le cœur. Pour les adultes, il serait approprié de retrouver le chemin vers le cœur afin d’être raisonnable. Souvent, on quitte le cœur et on ne suit plus que la tête, ce qui nous égare.
Le Moi supérieur étant établi dans le Moi inférieur, l’homme doit reconnaître les choses et ensuite suivre l’écoute de ce silencieux personnage au fond de lui-même. L’homme qui veut retrouver l’origine doit reconnaître la lumière du Moi inférieur et rechercher nécessairement son écoute. On ne peut pas isoler le fait et abandonner la raison, tout cela va ensemble. L’intelligence est la mesure pour que le moyen atteigne son but. Le moi supérieur est tourné vers le moi inférieur, mais il ne fonde pas la lumière dans son propre moi. Le supérieur reste le supérieur, il ne descendra jamais complètement pour élever l’inférieur. L’inférieur doit s’élever lui-même en premier. Ce n’est qu’alors que la fusion de ces deux sources se produit.
L’homme qui veut comprendre la raison doit se poser cette question : mon cœur et mon mental sont-ils en harmonie devant Dieu ? Lorsque l’être humain est en harmonie, le dispositif de la raison lui est alors donné. Lorsqu’il agit différemment, la raison n’est pas encore arrivée. Sous quelque forme que ce soit, la sagesse recommande aux enfants de la vérité d’utiliser le chemin de la prière sincère pour être raisonnables dans ce monde, pour le bonheur de tous et à la gloire de Dieu. Que l’espérance, l’amour et la liberté soient ressentis dans chaque acte de notre vie. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE


