Finances Publiques à la Loupe : 50,1 %, le nouveau chiffre de la dette du Bénin

 Finances Publiques à la Loupe : 50,1 %, le nouveau chiffre de la dette du Bénin

La dette publique du Bénin a franchi un nouveau palier au mois de juin 2026. Selon les informations rendues publiques par la Caisse autonome de gestion de la dette, et relayée par La Nouvelle Tribune, l’encours total s’élève désormais à 9 122,2 milliards de francs CFA. Ce montant représente tout juste plus de la moitié de la richesse nationale produite par le pays, soit un taux de 50,1 %. En comparaison avec le niveau enregistré à la fin de l’année 2025, la progression est sensible, puisque le stock de la dette a augmenté de 650 milliards de francs CFA.

Cette hausse s’explique en grande partie par les décaissements réalisés sur les emprunts libellés en devises étrangères. Au cours des six premiers mois de l’année, ces décaissements ont atteint près de 906 milliards de francs CFA. Une part importante provient des bailleurs de fonds multilatéraux, tandis que le reste est issu des émissions obligataires lancées par l’État béninois sur les marchés internationaux au début de l’année 2026. Parallèlement, le gouvernement a également mobilisé des ressources sur le marché régional des capitaux de l’Union monétaire ouest-africaine.

La structure de la dette révèle une forte dépendance aux financements extérieurs. La dette extérieure représente près de 80 % de l’encours total, contre seulement 20 % pour la dette intérieure. Parmi les créanciers, les investisseurs non-résidents détiennent la part du lion. Les organismes multilatéraux et les créanciers commerciaux se partagent l’essentiel de cette dette, tandis que les partenaires bilatéraux n’en possèdent qu’une fraction plus modeste. La monnaie européenne demeure la devise la plus utilisée dans le portefeuille de la dette, devant le franc CFA et le dollar américain.

En ce qui concerne la dette intérieure, celle-ci est composée principalement de titres publics. Le portefeuille comprend plusieurs emprunts obligataires actifs, pour un montant cumulé de près de 1 476 milliards de francs CFA. Ces titres offrent un taux d’intérêt moyen de 5,7 % et leur échéance résiduelle moyenne est de près de cinq ans.

Au cours du premier semestre, le service de la dette, c’est-à-dire l’ensemble des remboursements et des charges financières, a coûté plus de 580 milliards de francs CFA. Malgré ces sorties importantes, aucune arriéré de paiement n’est à déplorer à la fin du mois de juin, ce qui témoigne d’une gestion rigoureuse des échéances. Le taux d’endettement, après avoir légèrement baissé au premier trimestre, est remonté à 50,1 % à la fin du mois de juin. Ce niveau reste toutefois inférieur au plafond autorisé par les règles communautaires, fixé à 70 % du produit intérieur brut.

Pour rappel, le Bénin avait déjà marqué les esprits en 2021 en devenant le premier pays africain à émettre un emprunt international lié aux objectifs de développement durable. Les émissions de janvier 2026 s’inscrivent dans la continuité de cette stratégie de financement sur les marchés mondiaux. Cette approche permet au pays de diversifier ses sources de financement tout en soutenant ses projets d’infrastructure et de développement.

Pierre MATCHOUDO

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