Maladies hydriques : Les recommandations du Docteur Aïvodji

 Maladies hydriques : Les recommandations du Docteur Aïvodji

Alors que les eaux stagnantes envahissent les quartiers de Cotonou, Docteur Sylvestre Parfait Aïvodji lance un appel à la vigilance. Les maladies hydriques guettent les populations exposées, mais des gestes simples peuvent les éloigner. Entre déménagement temporaire et hygiène rigoureuse, le médecin partage ses conseils pour traverser cette période sans risque.

La période des pluies et des inondations rime souvent avec l’apparition de maladies hydriques. Parmi elles, la malaria occupe une place de choix en raison de la multiplication des gîtes larvaires où les moustiques prolifèrent. Bien que la grande saison des pluies touche à sa fin, les traces de ces intempéries restent visibles. Dans plusieurs quartiers de Cotonou comme Djidjè, Hindé, Sainte-Cécile ou encore Ahouansori, sans oublier les localités longeant la berge lagunaire, de nombreuses habitations demeurent inondées. L’eau croupit, les canalisations débordent et les conditions deviennent favorables à l’apparition de plusieurs pathologies.

Les maladies hydriques et leurs causes

Les maladies hydriques sont des affections provoquées par l’ingestion d’eau contaminée, par un contact cutané prolongé avec des eaux insalubres, ou encore par la prolifération de vecteurs comme les moustiques. Elles se manifestent principalement par des diarrhées, des vomissements, de la fièvre, des douleurs abdominales et une déshydratation sévère qui peut devenir rapidement dangereuse, surtout chez les enfants et les personnes âgées.

Ces maladies se répartissent en plusieurs catégories. On trouve d’abord les maladies transmises par voie fécale-orale, où l’eau est souillée par des matières fécales. Cela inclut le choléra, la fièvre typhoïde, la dysenterie et diverses infections gastro-intestinales. Ensuite, il y a les maladies à transmission vectorielle, causées par des insectes qui se reproduisent dans ou près des eaux stagnantes. Les exemples les plus connus sont le paludisme et la dengue. L’eau, source de vie par excellence, devient ainsi la principale origine de nombreux maux. Si le choléra reste le plus redouté, la fièvre typhoïde et les diarrhées sévères figurent également parmi les affections les plus fréquentes en cette saison. « Toutes des maladies graves qui nécessitent des interventions urgentes », avertit le docteur Sylvestre Parfait Aïvodji, médecin généraliste qui dirige une clinique privée à Akpakpa, une localité située à la sortie est de Cotonou. Il insiste sur la nécessité d’une prise en charge rapide, car ces pathologies peuvent évoluer défavorablement en l’absence de soins adaptés.

Que faire face à l’inondation ?

Lorsque les pluies s’abattent et que l’eau envahit les maisons, la première recommandation du docteur Aïvodji est claire : il faut déménager temporairement. « S’il y a de l’eau dans la cour, dans les maisons et surtout dans la chambre, il faut se retirer d’abord pendant cette période de risque », conseille-t-il. Pour lui, c’est la solution la plus efficace pour se protéger des maladies hydriques et éviter les complications liées à l’humidité excessive.

Mais cette mesure, bien que idéale, n’est pas toujours réalisable. La majorité des populations concernées vivent avec des moyens limités. Dans un contexte économique morose, il est difficile, voire impossible, pour beaucoup de familles de quitter leur logement. Certains parviennent à envoyer leurs enfants chez des proches le temps que les eaux se retirent. D’autres, en revanche, n’ont d’autre choix que de cohabiter avec l’inondation. Pour ces derniers, l’adaptation passe par une hygiène rigoureuse et un contrôle strict de l’environnement immédiat. « Il faut dans ce cas contrôler ce que l’on boit. Il faut se laver régulièrement les mains avant de manger, laver les ustensiles, les verres, et veiller à la propreté de tout ce qui entre en contact avec la bouche », explique le médecin. Il recommande également de traiter l’eau de consommation avec des produits appropriés, comme le chlore ou des pastilles purificatrices, et de privilégier l’eau en bouteille ou bouillie lorsque cela est possible.

L’autre mesure essentielle concerne la protection contre les moustiques. Docteur Aïvodji insiste sur la nécessité de dormir sous des moustiquaires imprégnées d’insecticide, même en journée pour les siestes des enfants. Il conseille aussi d’éliminer les eaux stagnantes autour des habitations, de vider les récipients qui peuvent servir de gîtes larvaires et de porter des vêtements longs pour se protéger des piqûres.

Enfin, il recommande une surveillance particulière des enfants, qui sont souvent attirés par l’eau et aiment s’y baigner ou jouer. « Il faut surveiller les mouvements des enfants et éviter qu’ils se baladent dans l’eau », prévient-il. Il ajoute qu’il est important de les couvrir contre le froid, car l’humidité associée aux baisses de température fragilise l’organisme et favorise les infections respiratoires. Une attention particulière doit aussi être portée aux personnes âgées et aux malades chroniques, dont le système immunitaire est plus vulnérable.

En dehors des gestes individuels, Docteur Aïvodji appelle à une prise de conscience collective. Les autorités locales doivent agir pour améliorer le drainage des eaux pluviales et assainir les quartiers touchés. Mais en attendant, chaque famille peut réduire les risques en adoptant des réflexes simples. La prévention reste le bouclier le plus efficace contre les maladies hydriques. « Mieux vaut prévenir que guérir, et souvent, un geste simple peut sauver une vie », conclut-il.

Arnaud ACAKPO (Coll)

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