Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La plénitude, l’instant qui guérit tout »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « La plénitude, l’instant qui guérit tout »

Selon la parole de Dadah Bokpè Houézrèhouèkè, la plénitude n’est ni dans les biens que l’on accumule, ni dans les honneurs que l’on recherche. Elle se tient dans l’instant présent, dans le souffle du matin, dans la main tendue vers son frère. Elle est cette paix que rien n’entame, cette joie qui se partage, cette sagesse que les ancêtres nous ont léguée. Elle est à portée de tous ceux qui acceptent de vivre pleinement, simplement, debout et le cœur ouvert.

« Lorsque le jour se lève, une énergie nouvelle parcourt l’univers. Le ciel s’éclaire, les oiseaux chantent et la nature s’éveille dans un murmure paisible. C’est dans cet instant fragile que la plénitude se fait sentir, comme une promesse silencieuse déposée au creux de notre être. Elle n’est pas un état lointain réservé à quelques privilégiés, mais une réalité accessible à chaque homme et chaque femme qui consent à ouvrir son cœur à l’instant présent.

La plénitude ne se mesure pas aux biens matériels ni aux succès éphémères. Elle n’habite pas dans l’accumulation des richesses ni dans la course vers des objectifs toujours plus hauts. Elle se niche dans la simplicité d’une respiration profonde, dans la chaleur d’un regard échangé, dans la gratitude pour le pain partagé. Celui qui cherche la plénitude en dehors de lui-même court après une ombre qui s’évanouit au moment où il croit la saisir.

Dans la sagesse des ancêtres, la plénitude est un équilibre délicat entre les forces de l’existence. Le jour et la nuit, la joie et la tristesse, le silence et la parole s’entrelacent pour dessiner la trame de notre vie. Refuser l’une de ces facettes mutile notre humanité. Accepter leur danse perpétuelle, c’est s’ouvrir à la totalité de ce que nous sommes appelés à vivre. La plénitude embrasse toutes les saisons de notre parcours. Dans l’épreuve, elle enseigne la patience. Dans la prospérité, elle rappelle l’humilité. Elle est cette force tranquille qui permet de rester debout quand tout vacille et de demeurer modeste quand tout sourit. L’arbre le plus résistant n’est pas celui qui ploie sous le vent, mais celui qui sait danser avec lui. De même, l’homme accompli n’est pas celui qui refuse l’adversité, mais celui qui l’intègre comme une partie nécessaire de son chemin.

La plénitude véritable s’épanouit dans la relation à l’autre. L’isolement assèche la source vive qui coule en nous. C’est dans le don de soi, dans l’attention au prochain, dans le sourire offert sans calcul, que l’on touche du doigt cette plénitude recherchée. Le repas partagé, la parole écoutée avec ferveur, le silence confiant sont des fenêtres ouvertes sur ce que nous avons de plus précieux. La communauté est un jardin où chaque fleur apporte sa couleur à l’harmonie de l’ensemble. Nul ne peut atteindre la plénitude en ignorant ses frères, car elle est avant tout une expérience collective. Celui qui donne dans l’allégresse ne s’appauvrit jamais. Le partage ne divise pas les richesses, il les multiplie dans la sphère invisible du cœur. La plénitude est cette joie simple qui se transmet comme une flamme, qui s’agrandit en se diffusant et éclaire le chemin de tous ceux qui savent encore s’émerveiller.

La plénitude s’enracine aussi dans la mémoire de ceux qui nous ont précédés. Les gestes hérités des anciens, les paroles transmises de génération en génération, les valeurs qui ont façonné nos communautés contiennent une sagesse intemporelle pour guider nos pas. Respecter la tradition, ce n’est pas s’enfermer dans le passé, mais puiser aux sources vives de l’expérience humaine pour éclairer les défis d’aujourd’hui. L’amour, la justice, la vérité, la solidarité ne sont pas des concepts surannés. Ils sont les piliers sur lesquels se construit toute vie digne d’être vécue dans la plénitude. En nous reliant à cette chaîne invisible qui unit les générations, nous découvrons que nous ne sommes pas seuls. Une multitude d’ancêtres veille sur notre accomplissement, heureuse de voir leurs descendants marcher sur le chemin tracé. La plénitude s’éprouve alors comme une appartenance à une œuvre plus vaste que notre petite histoire individuelle.

Le temps s’écoule comme l’eau d’une rivière. Nous voudrions parfois arrêter sa course, figer un instant de bonheur ou éviter une vague de tristesse. Mais la plénitude nous invite à accueillir le mouvement perpétuel de l’existence sans nous y cramponner. Elle nous apprend la souplesse du roseau qui se penche sans se briser, la constance du rocher qui résiste sans s’emporter. La vie est un apprentissage continuel. Chaque journée apporte sa leçon, chaque rencontre son enseignement. Celui qui se croit arriver n’a rien compris à la beauté du voyage. L’humilité du chercheur, l’étonnement de l’enfant devant le mystère du monde sont des attitudes précieuses. Dans ce mouvement, il nous est donné de goûter des instants de grâce où le temps semble suspendre son vol. L’instant présent devient une porte ouverte sur l’éternité. La plénitude est cette présence totale à ce qui est, sans regret de ce qui fut, sans angoisse de ce qui sera.

Au fond de tout homme bat un cœur qui aspire à la paix. Cette paix n’est pas l’absence de turbulences, mais la capacité à rester centré au milieu de la tempête. La plénitude est cet état de grâce où les émotions se déploient sans nous submerger, où les pensées circulent sans nous emprisonner, où les désirs dansent sans nous posséder. La méditation silencieuse, la contemplation de la nature, l’écoute attentive de son propre cœur mènent à cette sérénité. Mais il suffit parfois de ralentir, de respirer profondément, de poser un regard neuf sur le monde pour rétablir le lien avec cette plénitude qui nous habite. L’homme serein est comme un lac paisible qui reflète la beauté du ciel sans se troubler des pierres qu’on y jette. Cette stabilité ne s’obtient pas en fuyant les difficultés, mais en les accueillant avec une confiance profonde dans l’ordre caché des choses.

La plénitude s’achève et recommence dans la gratitude. Chaque souffle, chaque pas, chaque instant est un cadeau de la vie. Prendre conscience de cette générosité transforme notre regard. Le cœur reconnaissant s’ouvre à la joie, car il perçoit partout des raisons de célébrer. Cette reconnaissance n’ignore pas les blessures, elle les intègre dans une vision plus large où elles trouvent leur sens. La gratitude ne rend pas aveugle aux injustices, mais elle rend capable de les traverser sans perdre l’espérance. L’espérance est ce fil invisible qui relie tous les moments de notre vie, même les plus obscurs, à une lumière qui ne s’éteint jamais. La plénitude est ainsi le fruit d’un cheminement personnel qui s’enrichit de toutes nos rencontres, de toutes nos joies et de toutes nos peines. Elle est ce trésor que nous portons déjà en nous et qu’il nous suffit de découvrir par un regard nouveau posé sur notre vie. Que chaque jour soit une occasion de goûter cette plénitude, de la cultiver avec patience et de la partager avec générosité. Car c’est dans le don que nous recevons, dans l’amour que nous aimons, et dans la plénitude offerte que nous trouvons la nôtre véritablement. »

UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE 

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