Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Le poids du silence face au mal »

 Dadah Bokpè Houézrèhouèkè : « Le poids du silence face au mal »

« Le silence coupable est un poison lent qui détruit sans faire de bruit », nous rappelle Dadah Bokpè Houézrèhouèkè. Face aux actes malsains qui gangrènent notre société, l’absence de parole n’est jamais neutre. Elle devient une complicité tacite, un abandon des victimes et un bouclier pour les oppresseurs. Pourtant, chaque citoyen détient le pouvoir de briser cette chape de mutisme. Un mot prononcé au bon moment peut éclairer les consciences et faire reculer les ténèbres. L’heure est venue d’oser dire non et de défendre ensemble notre humanité commune.

« Le silence est souvent perçu comme une vertu, une marque de sagesse ou de retenue. Pourtant, il arrive que cette absence de parole se transforme en un fardeau bien plus lourd que tous les mots du monde. Dans nos sociétés, face à des actes malsains, le silence coupable s’installe comme une ombre envahissante. Il ronge les consciences, fragilise les communautés et finit par normaliser ce qui aurait dû être dénoncé dès les premiers signes. Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous une réflexion profonde sur ce phénomène qui gangrène notre tissu social.

Le silence coupable commence souvent par une simple hésitation. Une personne observe un comportement répréhensible, une injustice ou un abus de pouvoir. Elle se dit que ce n’est pas son affaire, qu’elle risque de se mettre en danger ou que quelqu’un d’autre interviendra. Cette petite voix intérieure, celle de la peur ou de la paresse morale, prend peu à peu le dessus. Et le silence s’installe. Pourtant, en se taisant, cette personne devient malgré elle un acteur indirect du mal. Elle offre un terrain fertile à ceux qui veulent nuire, car l’absence de réaction est souvent interprétée comme une acceptation tacite.

Dans nos villages comme dans nos villes, les actes malsains prolifèrent lorsque personne ne trouve le courage de lever la voix. La corruption, la tricherie, la violence, la manipulation, ou encore les injustices quotidiennes trouvent leur force dans le mutisme collectif. Un acte malsain isolé pourrait être combattu facilement si une seule personne osait dire la vérité. Mais lorsque tout le monde se tait, ce même acte se répète, s’amplifie et finit par devenir une habitude, voire une norme. C’est ainsi que des communautés entières tombent dans une spirale où le mal est banalisé et où la conscience collective s’endort.

Il faut comprendre que le silence coupable n’est pas un acte neutre. Il est chargé de conséquences. En se taisant, on choisit le camp de l’oppresseur, même sans le vouloir. On abandonne ceux qui souffrent et on offre un bouclier à ceux qui agissent en toute impunité. Les victimes, elles, se sentent seules et trahies. Elles se demandent pourquoi personne ne prend leur défense, pourquoi leur douleur est ignorée. Cette solitude aggrave leur souffrance et peut les pousser à se résigner face à l’injustice. Le silence de la communauté est alors perçu comme une seconde peine, souvent plus dure à supporter que le mal initial.

Pourtant, il existe une alternative. Chaque personne, à son niveau, peut choisir de briser ce silence. Cela ne demande pas nécessairement un acte héroïque ou une prise de position publique risquée. Parfois, il suffit d’un mot prononcé à bon escient, d’un conseil donné en privé ou d’un signalement discret aux autorités compétentes. L’important est de ne pas laisser le mal s’installer tranquillement. La parole a un pouvoir immense. Elle peut éclairer les consciences, rassurer les victimes et dissuader les auteurs d’actes répréhensibles. En parlant, on crée un mouvement, on donne de l’espoir et on invite d’autres à faire de même.

La sagesse populaire nous enseigne que la justice est comme une flamme. Si on ne l’alimente pas par des actes et des paroles justes, elle finit par s’éteindre. Alors, que chacun interroge sa conscience. Combien de fois avons-nous gardé le silence alors que nous aurions dû parler ? Combien de fois avons-nous détourné le regard pour ne pas voir ce qui nous dérangeait ? Il est temps de répondre à ces questions avec honnêteté.

Dans la vie d’une communauté, la solidarité et la vigilance sont les meilleures armes contre les actes malsains. Se taire, c’est laisser le champ libre aux démons de la débauche et de l’injustice. Parler, c’est affirmer son humanité, c’est défendre les valeurs qui nous unissent et protéger les plus faibles. N’attendons pas que le mal nous touche personnellement pour réagir. Car à ce moment-là, il sera peut-être trop tard. Le silence coupable est un poison lent. Il détruit sans faire de bruit, mais ses ravages sont profonds et durables.

Je vous invite donc à faire preuve de courage et de lucidité. Osez rompre le silence lorsque vous êtes témoin d’un acte malsain. Ne laissez pas la peur ou l’indifférence dicter votre conduite. La société que nous voulons construire repose sur la responsabilité de chacun. Un simple mot, une main tendue, une dénonciation juste peuvent changer le cours des choses. N’oublions jamais que le contraire du bien n’est pas toujours le mal, mais souvent le silence face au mal. Prenons conscience de notre pouvoir et utilisons-le pour faire rayonner la justice et la vérité. C’est à ce prix que nous bâtirons un avenir digne et serein pour nous-mêmes et pour les générations futures. La parole est un outil précieux. Ne la laissons pas rouiller dans nos gorges. Offrons là à ceux qui ont besoin d’être défendus et à ceux qui cherchent la lumière. En agissant ainsi, nous ferons reculer les ténèbres et nous donnerons tout son sens à notre humanité partagée. »UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE

Articles similaires

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *