Jeunesse désœuvrée : La gangrène des sociétés
La jeunesse est le fer de lance de la nation. C’est une opinion populairement admise pour indiquer que les jeunes sont des piliers sur lesquels toute société doit s’appuyer pour impulser son développement. Mais il se fait qu’aujourd’hui nombre de jeunes sont désœuvrés. Une situation qui constitue un « frein pour le développement » disent sociologue et président d’association.
Selon les statistiques, le nombre de jeunes fait plus de 16% de la population mondiale en général. Le continent africain, par exemple, en compte plus de 420 millions avec un âge moyen de 20 ans, ce qui le distingue comme le plus jeune de tous les autres continents en termes de population. Les prévisions disent aussi que d’ici 2050, une personne sur trois âgée de 15 à 34 ans dans le monde sera africaine. Mais cet atout devient une gangrène si les jeunes passent leur temps à ne rien faire. C’est ce que pense le conseiller honoraire de la ville de Cotonou et président de African Challenge Youth Association (Acya). «Une jeunesse désœuvrée est un frein pour le développement d’une nation » estime Sessinou Valère Houndjènoukon. « Si le fer de lance de la société est rouillé, c’est toute la société qui se trouve en difficulté », souligne Docteur Elvis Abou.
Le sociologue analyse la situation sous trois angles. « Sur le plan sécuritaire, c’est un drame. Sur le plan économique, c’est un drame. Sur le plan social, c’est un drame » a dit le sociologue, chercheur et spécialiste des questions de mobilité professionnelle et d’emploi. « Sur le plan économique, lorsque les forces vives même du pays ou du continent sont dans le chômage, il est clair que notre pays ne peut pas se développer, nos économies ne peuvent pas être compétitives. Sur le plan sécuritaire, là également, la réalité est évidente. Il y a les instabilités dans les pays, l’extrémisme, le terrorisme, on peut citer plein de choses qui ont pour cause le chômage des jeunes »
Le sentiment »d’inutilité sociale » un drame
Au plan social, la situation est encore plus palpable qu’on ne l’imagine. L’une des conséquences sur le plan social est la dépendance prolongée des jeunes vis-à-vis des parents. « Lorsque le jeune n’est pas en activité, d’abord, il y a un retard dans l’accès à l’autonomie. Il ne peut pas se procurer un logement, ni entrer dans le mariage ni fonder très vite son foyer » Et la famille élargie aussi s’en trouve impactée. Ce facteur développe le sentiment »d’inutilité sociale » selon Elvis Abou. L’une des conséquences directe est le développement des vices. Au nombre de ces vices il y a la consommation de stupéfiants tels que la cigarette, l’opium, la chicha. « Cette jeunesse va s’adonner à des pratiques d’influence sur nos jeunes filles qui sont devenues nouvellement majeures, sur les mineurs émancipés. Elle va se diriger vers des activités peu pratiques telles que l’arnaque » se désole le conseiller honoraire, Valère Sessinou Houndjenoukon.
Approche de solution
Face à cette situation il faut agir. Pour ne pas en arriver là, les pouvoirs publics et la société doivent agir sur trois leviers, l’éducation, la formation et l’adéquation, formation-emploi. L’éducation car c’est à partir de l’éducation que la jeunesse sera préparée à se prendre en charge. « Nombre de jeunes attendent des emplois au lieu d’être déployés. Ils veulent des opportunités au lieu de se les créer » fait savoir Sessinou Valère Houndjènoukon. Il y a donc nécessité de changer les donnes pour permettre à la jeunesse son destin en main.
Arnaud ACAKPO (Coll)


