Enjeux portuaires et réalités douanières : L’AJDMDB formule des propositions

 Enjeux portuaires et réalités douanières : L’AJDMDB formule des propositions

L’Association des Jeunes Déclarants et Mandataires en Douane du Bénin (AJDMDB) a fait entendre sa voix. Placée sous le thème évocateur « Enjeux portuaires et réalités douanières : les jeunes déclarants et mandataires prennent la parole », cette conférence de presse a été l’occasion pour les professionnels du secteur de livrer leur lecture de la situation et de formuler des propositions concrètes. L’objectif est d’améliorer les conditions de travail, renforcer la compétitivité du Port de Cotonou et faire entendre la voix des jeunes dans les décisions qui façonnent leur métier.

Au cœur des préoccupations de l’AJDMDB, la reprise du transit vers le Niger apparaît comme une urgence économique. Le président Marouf Salami et son équipe, dont l’activité est intimement liée au fonctionnement du Port autonome de Cotonou, saluent les démarches diplomatiques engagées par les autorités béninoises. Ils espèrent un aboutissement rapide. La longue interruption du corridor, soulignent-ils, « a durement affecté les opérateurs et fragilisé une partie de l’écosystème portuaire. L’attente autour de la reprise effective des échanges entre le Bénin et le Niger continue de peser sur les acteurs économiques, et l’association appelle à la concrétisation rapide des mesures d’ouverture annoncées. »

Mais les préoccupations des jeunes déclarants ne s’arrêtent pas là. Ils pointent plusieurs difficultés du quotidien qui entravent leur travail. « L’interdiction de circuler à pied dans l’enceinte portuaire, conjuguée aux coûts liés aux badges et laissez-passer, complique sérieusement leurs déplacements. », ont confié les conférenciers. A ce titre, l’AJDMDB propose donc : « la mise en place de navettes internes à tarif accessible, une solution simple qui faciliterait la mobilité de tous les usagers. » Autre sujet brûlant, la fermeture du parc de regroupement et d’escorte des véhicules en transit. Cette situation, expliquent les conférenciers, oblige « certains conducteurs à stationner dans des espaces inadaptés avant les longs trajets vers le Niger, le Burkina Faso, le Mali ou le Tchad. Nous demandons donc la réouverture ou l’aménagement d’un espace sécurisé permettant les contrôles et les interventions mécaniques nécessaires. »

Sur le plan des réformes, l’AJDMDB s’est prononcée sur la réforme IM8 8400. Elle en reconnaît l’intérêt en matière de traçabilité, tout en appelant à une meilleure clarification de son champ d’application. Les jeunes déclarants demandent par ailleurs le remboursement de 45 000 francs CFA qu’ils affirment « avoir été prélevés hors barème lors d’un incident informatique. » Ils ont d’ailleurs annoncé un délai de dix jours ouvrés aux structures concernées avant d’envisager des démarches administratives et judiciaires. L’AJDMDB souhaite également une révision de certaines pratiques de pénalités sur le site d’Atral, ainsi qu’une clarification des règles relatives aux ventes aux enchères. Elle propose que « l’importateur d’origine puisse bénéficier d’une possibilité de règlement transactionnel avant la mise en vente des marchandises. »

Outre ces revendications techniques, l’association porte un message plus large. Elle veut être associée aux décisions qui touchent son métier. L’AJDMDB demande son intégration aux comités de concertation de la chaîne portuaire et douanière, ainsi qu’une attention accrue des pouvoirs publics à leurs conditions de travail. Elle sollicite des audiences avec les principales autorités concernées. Pour l’association, il s’agit de « préserver l’attractivité du corridor béninois et de consolider la compétitivité du Port de Cotonou dans un environnement sous-régional de plus en plus disputé. »

L’AJDMDB ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle annonce un projet de recensement et de cartographie des acteurs du cordon portuaire, destiné à contribuer à l’assainissement et à la sécurisation de la profession. Elle prépare également la première édition de la Nuit du Transitaire au Bénin, « une initiative visant à valoriser les métiers du secteur et à promouvoir l’excellence professionnelle. »

À travers cette conférence de presse, l’Association des jeunes déclarants et mandataires en douane du Bénin entend ainsi se positionner comme une force de proposition et un interlocuteur crédible des pouvoirs publics. Elle plaide pour davantage de concertation, le respect des usagers et une meilleure représentation des jeunes professionnels dans les mécanismes de décision. Le message est édifiant : le Port de Cotonou a besoin de tous ses acteurs, jeunes compris, pour continuer à rayonner dans la sous-région.

Damien TOLOMISSI

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