Plan stratégique pour la période 2027-2031 : Abdoulaye Bio Tchané lance la refondation du CES
Le Conseil Economique et Social du Bénin a officiellement lancé le processus d’élaboration de son Plan stratégique pour la période 2027-2031. Cette initiative, inédite depuis plus de trois décennies d’existence de l’institution, s’inscrit dans un mouvement de réformes visant à accroître son utilité, à renforcer son ancrage sur le territoire et à dynamiser sa contribution au dialogue économique et social.
La cérémonie, qui s’est déroulée sur une quarantaine de minutes, a été ponctuée par trois discours significatifs. Le rapporteur du comité d’orientation, Célestin Guidimey, a ouvert les travaux en soulignant le caractère décisif de cette étape. Il a rappelé que les évolutions récentes de la loi organique ont profondément modifié l’architecture et les attributions du CES, en particulier par le renforcement de sa présence locale. Cette nouvelle configuration exige désormais la définition d’un cadre stratégique clair pour répondre efficacement à ces responsabilités élargies. Il a également énuméré les quatre piliers de la vision portée par le président Abdoulaye Bio Tchane, à savoir l’accroissement de l’utilité de l’institution, la consolidation de sa proximité avec les citoyens, la revitalisation du dialogue institutionnel et le développement de son rayonnement à l’international.
Le ministre de l’Économie et de la Planification, Aristide Medenou, a ensuite pris la parole pour saluer cette démarche. Il a exprimé sa satisfaction de voir le CES s’engager dans une telle réflexion stratégique, qu’il a qualifiée de boussole pour l’avenir. Il a formulé le souhait que le futur document intègre trois priorités gouvernementales majeures, à savoir : « l’éradication de l’extrême pauvreté en mettant l’accent sur l’agriculture et la protection sociale, la territorialisation de l’action publique par le développement de pôles d’innovation, et enfin le renforcement du numérique et de l’intelligence artificielle au sein des administrations. »
En procédant au lancement officiel du processus, le président du CES, Abdoulaye Bio Tchané, a situé son propos dans une perspective historique et prospective. Reprenant une formule attribuée à Benjamin Franklin, il a martelé que ne « pas planifier revient à programmer son propre échec. » Il a rappelé les débats de 2016 sur une éventuelle suppression du CES, qui ont finalement conduit à sa refondation pour le rendre plus pertinent et utile à la nation. Les réformes de 2024 et 2026 ont ainsi redéfini ses missions, rendant impérieuse la création d’un cadre stratégique consensuel et assorti de mécanismes de suivi rigoureux.

Le président Bio Tchané a insisté sur l’importance d’un CES plus proche des territoires. La nouvelle organisation, qui comprend désormais un conseil national et des conseils départementaux dans les douze départements, doit permettre de mieux capter les réalités locales et de faire remonter les préoccupations de toutes les composantes de la société : « L’enjeu de ce plan dépasse le cadre interne de l’institution pour revêtir une dimension nationale. Le Bénin a besoin d’un Conseil économique et social moderne et proactif, capable de favoriser un dialogue apaisé et constructif.3
Pour garantir la solidité et la conformité du document, le président du CES a annoncé l’association étroite du Ministère de l’Économie et de la Planification dès le début des travaux. Cette collaboration vise à assurer que le plan stratégique réponde aux standards nationaux en matière de planification et qu’il s’intègre harmonieusement dans la vision de développement du pays. Il a enfin appelé les équipes mobilisées à faire preuve « d’une grande rigueur pour que ce chantier, ouvert ce jour, se traduise par une feuille de route opérationnelle et ambitieuse pour les cinq années à venir, répondant ainsi aux attentes de l’État et des citoyens. »
Arnaud ACAKPO (Coll)


