Trois leçons de Dadah Bokpè Houézrèhouèkè « Parole, silence et fraternité »
Dans un monde où le doute ébranle les cœurs et où l’injustice prospère dans l’indifférence, la parole de Dadah Bokpè Houézrèhouèkè résonne comme une lumière salutaire. « Face au doute, il faut peser le poids du silence », nous enseigne le sage. Mais il met aussi en garde : « Le silence coupable est un poison lent qui détruit sans faire de bruit ». Entre parole juste et écoute attentive, il nous invite à redécouvrir la fraternité véritable, cette « œuvre de paix posée sur la terre par le Seigneur ». Trois enseignements pour guider nos pas vers la lumière.
« Mes amis, mes frères, mes sœurs, je vous salue avec la sérénité de celui qui a vu le soleil se lever sur bien des journées. Aujourd’hui, je souhaite partager avec vous trois enseignements qui éclairent notre chemin. Comme je l’ai dit lors de mes récentes publications sur le silence, face au doute, il faut peser le poids du silence. Mais ce même silence, lorsqu’il est coupable face au mal, devient un poison lent qui détruit sans faire de bruit. Et pour comprendre pleinement ces vérités, il nous faut saisir ce qu’est la fraternité véritable, cette lumière de paix posée sur la terre par le Seigneur. Ces trois interrogations sont liées. Elles forment un tout, une même quête de lumière et de vérité.
Le doute est une chose naturelle. Il ne faut pas en avoir honte, car il est le signe que nous sommes des êtres conscients, capables de réfléchir. Mais il faut aussi reconnaître qu’il est un feu qui, s’il n’est pas maîtrisé, peut brûler la plus belle des forêts, celle des liens humains. Lorsque ce sentiment pointe son nez, la première réaction est souvent la panique ou la colère. Pourtant, ce n’est pas le moment d’agir sous l’emprise de ces émotions. Le sage sait que la précipitation est une mauvaise conseillère. Il est essentiel de faire un pas en arrière. Pas pour fuir, mais pour observer. Posez le problème devant vous comme on pose une noix de cola avant une discussion importante. Demandez-vous d’où vient ce doute. Est-ce un fait précis, une parole qui a blessé, un comportement qui a changé ? Ou est-ce simplement une ombre que votre esprit a projetée sur une réalité sans danger ? Souvent, nos peurs sont plus grandes que les montagnes que nous croyons voir.
Ensuite, et c’est une étape fondamentale, il vous faut interroger votre propre cœur. La confiance est comme un pont entre deux rives. Parfois, lorsque nous doutons de l’autre, c’est que nous doutons aussi de nous-mêmes. Avons-nous été clairs dans nos attentes ? Avons-nous été dignes de la confiance que l’on nous accorde ? Un examen de conscience sincère permet d’éviter bien des erreurs. Quand ce travail intérieur est accompli, une question se pose : faut-il parler ou se taire ? N’oubliez pas que le silence permet d’observer et de laisser le temps au temps. Mais un silence trop long peut devenir un mur épais entre deux cœurs. Il est préférable d’ouvrir la parole avec délicatesse. Il ne s’agit pas d’attaquer ou d’accuser, mais de tendre une perche. Utilisez, le « je » plutôt que le « tu » accusateur. Dites « je me sens troublé » plutôt que « tu as menti ». Cette nuance change tout. Elle ouvre une porte au lieu de la claquer. L’écoute est l’autre moitié de la conversation. Si vous avez eu le courage de parler, ayez le courage d’écouter. Ce que votre proche vous dira peut confirmer vos soupçons, et la douleur sera grande, mais vous pourrez décider en connaissance de cause. Il se peut aussi que l’explication dissipe le nuage. Alors, la confiance pourra être reconstruite, un chemin qui demande du temps et des actes.
Cette même exigence de parole s’applique lorsque nous sommes témoins d’actes malsains. Retenez : le silence coupable est un poison lent. Face à la corruption, à la violence ou à l’injustice, l’absence de parole n’est jamais neutre. Elle devient une complicité tacite, un abandon des victimes. Ce silence commence par une hésitation. On se dit que ce n’est pas son affaire, que quelqu’un d’autre interviendra. La peur ou la paresse morale prend le dessus. Pourtant, en se taisant, on offre un terrain fertile à ceux qui veulent nuire. L’absence de réaction est interprétée comme une acceptation. Dans nos villages comme dans nos villes, les actes malsains prolifèrent lorsque personne ne trouve le courage de lever la voix. Un acte isolé pourrait être combattu si une seule personne osait dire la vérité. Mais lorsque tout le monde se tait, le mal devient une habitude, voire une norme. Il faut comprendre que le silence coupable n’est pas neutre. En se taisant, on choisit le camp de l’oppresseur, même sans le vouloir.
Pourtant, il existe une alternative. Chaque personne peut briser ce silence. Parfois, un mot prononcé à bon escient, un conseil donné en privé ou un signalement discret aux autorités suffit. La parole a un pouvoir immense. Elle peut éclairer les consciences, rassurer les victimes et dissuader les auteurs. En parlant, on crée un mouvement, on donne de l’espoir. Gardez cette phrase comme une pierre précieuse : le contraire du bien n’est pas toujours le mal, mais souvent le silence face au mal.
Pour comprendre pleinement ces enseignements, il nous faut évoquer la fraternité. Je la définis comme une œuvre de paix posée sur la terre. Le Seigneur a établi des fraternités afin que les hommes puissent apprendre les uns des autres. Par ce lien, l’être supérieur qui sommeille en chacun retrouve son origine. Cette lumière d’unité existe depuis l’antiquité. Les confréries sont apparues là où l’humanité s’éloignait du chemin divin, comme une correction. Aujourd’hui, la lumière des fraternités se transforme en apparence, mais le noyau intérieur, celui qui trouve sa source dans l’unité, demeure inchangé. Dans le secret, la lumière est mieux comprise. L’unité demande du silence. Le monde intérieur peut servir le monde extérieur sans bruit. L’homme non préparé ne peut comprendre ce qui correspond à la nécessité divine. La discrétion est donc une sagesse.
Que recommander à ceux qui s’intéressent à ces questions ?
L’homme ne peut recevoir la lumière du divin s’il n’a pas d’abord compris la lumière de l’être. C’est par la paix cherchée en soi qu’il reçoit la paix. Quand il comprend la lumière que le Seigneur a créée en lui, son chemin lui est révélé. La lumière du divin est toujours là pour être puisée. Parfois, il est difficile de suivre le chemin seul. C’est pourquoi le Seigneur a créé la lumière des fraternités, afin que l’homme puisse y chercher la paix. Par l’union, le chemin devient plus facile.
Ainsi se répondent mes trois enseignements. Le doute personnel se dissipe par l’observation, l’examen de conscience et une parole délicate. Le mal collectif recule lorsque nous osons briser le silence coupable. Et la fraternité véritable nous offre un cadre pour grandir ensemble dans la lumière. Ne laissez pas le doute vous consumer. Ne laissez pas le mal s’installer par votre silence. Cherchez toujours la fraternité qui élève l’être. Transformez vos interrogations en dialogues, puis en sagesse. Car au bout de cette route, vous aurez grandi. La confiance est une plante fragile, mais elle renaît après l’orage. La justice a besoin de nos voix. La fraternité est le jardin où tout prend racine. Que vos cœurs restent ouverts, que vos paroles soient douces et que vos décisions soient éclairées par la raison et l’amour. C’est ainsi que vous traverserez les difficultés avec la dignité d’une âme qui sait ce qu’elle vaut. »
UNE REFLEXION DE DADAH BOKPE HOUEZREHOUEKE


